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Le Gouverneur du District, il y a quelques mois, avait annoncé qu’il mettrait en oeuvre un certain nombre de mesures tendant à réinstaurer l’ordre et la discipline dans le District de Bamako. Ainsi, pour lui, il s’agit, non seulement de libérer l’espace public pour permettre plus de fluidité de la circulation routière, mais aussi d’embellir la ville afin qu’elle devienne une ville moderne, propre ou règne la discipline à l’instar des autres villes du monde.

Au début, il y a eu beaucoup de scepticisme par rapport à la réussite de ces missions que le Gouverneur du District s’est assignées. De bonne foi, Ibrahima Féfé Koné a pris cette initiative, mais il n’est un secret pour personne que mettre de l’ordre dans le District de Bamako n’est chose facile.

A preuve, plusieurs autorités du district s’y sont essayés, mais la finalité a toujours été des résultats mitigés. Chacun d’eux a fait bouger un peu les choses sans jamais pouvoir venir à bout de l’essentiel des problèmes qui préoccupent les populations du District de Bamako.

Qu’est ce qui ne va pas dans le district de Bamako ?

Les personnes âgées du District de Bamako on l’habitude de dire que jadis, la ville était propre, puisque ses habitants n’étaient pas aussi nombreux. Mais, avec la ruée sur le District de Bamako où, en raison des difficultés socio-économiques, chacun pense que c’est là que l’on peut facilement se faire de l’argent, trouver les moyens de sa survie, les problèmes ne font que se multiplier dans la capitale.

Ils vont de l’engorgement à l’insalubrité en passant, bien entendu, par l’insécurité de la circulation routière à côté de ces problèmes, on assiste aussi à la prolifération des bandits et des pick poket attirés par la foule qui est leur cadre de prédilection.

Par rapport à ces aspects, Bamako n’est pas différent de plusieurs capitales du monde. Ce sont des problèmes qu’il faut savoir circonscrire et gérer comme on le fait ailleurs, sous d’autres toits où, en plus de ces problèmes, la vente des stupéfiants et d’armes à feu est le lot quotidien.

Ainsi, il y a l’insalubrité qui ne cesse de prendre de l’ampleur en plus de l’insécurité et de l’incivisme. Ce sont là les principaux problèmes qui donnent du fil à retordre tant aux autorités du district qu’aux habitants eux mêmes. A ceux-ci s’ajoute l’état défectueux de certaines artères principales. Dès fois, c’est l’ampleur de la dégradation des routes qui est à l’origine de certains accidents graves de la circulation.

Des débuts encourangeants

On a bien dit débuts encourageants, mais pas satisfaisants. Les raisons?

Dans le District de Bamako plusieurs voies principales sont dégradées et pendant l’hivernage, la situation va de mal en pis à cause du ruissellement des eaux de pluies qui contribue à aggraver l’état des routes. Aujourd’hui, les impacts sont perceptibles en plusieurs endroits.

Il y a des efforts certes sur le terrain depuis quelques jours, mais ils restent largement en deçà des attentes des usagers. Ce n’est donc pas par hasard que ces derniers moments on ne cessait d’interpeller les responsables des structures chargées de l’entretien des routes, notamment l’AGEROUTE et l’Autorité Routière.

L’état des routes

Les réactions de ces structures sur le terrain sont timides, mais si elles continuaient sans interruption sur leur lancée, on pourrait espérer que la situation sera beaucoup améliorée. Cela est vivement attendu, puisque l’état des routes compte beaucoup dans les causes des accidents de la circulation routière.

Au-delà de cet aspect, il y a les feux de signalisation dont la plupart n’étaient pas en service. De plus en plus, on constate une remise progressive en état de ces appareils de sécurisation dans la circulation routière. Là encore, il reste beaucoup à faire, mais il faut saluer les efforts déjà faits.

Le curage des caniveaux et les déguerpissements

Pour ce qui est également du curage des caniveaux, ce processus a aussi commencé et se poursuit en plusieurs endroits. Il y va de la sécurité des populations dans les quartiers comme dans la circulation routière. En effet, à chaque pluie diluvienne, les artères principales sont inondées du fait de l’obstruction des caniveaux d’une part et de l’absence d’autres part de ces ouvrages de sécurisation.

Aussi, des déguerpissements des espaces publics ont été effectués pour la fluidité, mais aussi pour des aménagements de certaines parties du District de Bamako. Et malgré les grincements de dents de la part des occupants, à majorité des commerçants, grossistes, demi grossistes ou détaillants, les efforts se poursuivent dans ce sens.

C’est pourquoi depuis quelques mois, les sceptiques ont compris qu’il faudra désormais prendre au sérieux les mesures préconisées par le Gouverneur du District Ibrahima Féfé Koné. Il y a des débuts encourageants, mais le travail doit se poursuivre pour donner plus de lisibilité aux efforts du Gouverneur du District de Bamako.

Ibrahima Féfé Koné a conscience de l’ampleur des difficultés, c’est pourquoi à sa récente sortie à la télévision nationale, il a expliqué qu’ils ont fait de leur mieux et demandé à ce que les populations les accompagnent dans cette oeuvre en jouant leur partition là où les efforts seraient en deçà de leurs attentes.

L’insécurité routière

Dans cette mouvance, un accent particulier doit être mis sur la croisade contre l’incivisme dans la circulation routière. En effet, le nombre journalier d’accidents de la circulation routière a scandalisé autant les autorités du pays que les usagers eux mêmes.

Pourtant, de l’avis des spécialistes de la question de sécurité routière, le plus grand nombre d’accidents de la circulation routière peuvent être évités. Ce constat démontre que l’incivisme des usagers compte pour beaucoup dans la survenue fréquente d’accidents de la circulation routière.


La nécessité d’une synergie d’actions avec la police

A ce niveau, le Gouverneur du District de Bamako doit multiplier les contacts et échanges avec les autorités policières pour empêcher les usagers de s’adonner à des excès de vitesse là où il ne le faut pas, notamment sur les ponts, de démarrer en trombe sans tenir compte des autres usagers qui suivent.

Les problèmes de la circulation routière sont principalement dus au mauvais comportement de certains usagers et tant qu’ils ne sont pas contraints, le changement de comportement par eux mêmes n’est pas évident. Ses premières actions suscitent de l’espoir et s’il ne relâchait pas, il est en mesure d’aller plus loin dans la mise en oeuvre de ses ambitions pour le District de Bamako.

Et on ne peut que l’encourager à persévérer, puisque les actes qu’il est en train de poser non seulement l’honoreront, mais seront très utiles pour les Bamakois et leurs hôtes qui comptent parmi les plus nombreux.


Moussa SOW

18 Juillet 2008