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Le 15 août 2008, le Républicain dans son N°2689, suite à une conférence de presse animée par Bassiaka Dao et Djibo Bagna du Réseau des organisations paysannes et producteurs d’Afrique de l’Ouest (Roppa) avait publié un article intitulé «Gestion du Bassin du fleuve Niger : la mise en place de la coordination régionale divise la société civile».

De passage à Bamako, Jean Bosco Bazié, Directeur général adjoint de l’ONG française Eau vive, accusé par les animateurs de la conférence de presse, nous a rendu visite à notre rédaction pour, dit-t-il, rétablir la vérité dans le processus qui a conduit à la mise en place de la coordination régionale des usagers du bassin du fleuve Niger.

Les 13 et 14 août 2008 derniers, Bamako avait abrité la mise en place de la coordination régionale des usagers du Bassin du fleuve Niger. A la faveur de l’Assemblée constitutive de cette coordination, le réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles d’Afrique de l’Ouest (Roppa) était monté au créneau pour dénoncer la mise à l’écart des vrais usagers des ressources du Bassin du fleuve Niger.

En sa qualité de directeur adjoint de l’ONG Eau Vive, Jean Bosco Bazié, a eu le privilège, au titre de l’assistance technique régionale, d’être le coordonnateur régional du processus de la mise en place de la coordination régionale des usagers du Bassin du fleuve Niger. A ce titre, il nous a indiqué que seuls les vrais usagers du bassin ont eu le privilège d’être membres de la coordination régionale.

Selon lui, l’implication des acteurs de la société civile dans le processus de la vision partagée engagée par les Etats membres de l’Autorité du Bassin du Niger (ABN), a commencé en 2005. «C’est au cours d’un atelier régional organisé par l’ABN à Bamako en janvier 2005 que les organisations de la société civile présentes, tout en reconnaissant les efforts fournis par l’ABN pour assurer une meilleure participation des différentes parties prenantes au processus, ont relevé que la faiblesse dans la participation des acteurs de la société civile est liée d’une part à l’insuffisance de communication avec les acteurs étatiques dans les pays, et d’autre part à l’insuffisance d’organisation interne des acteurs de la société civile qui perdent parfois leur énergie dans des querelles de positionnement», a-t-il déclaré.

Avant d’ajouter qu’il apparaît également que les acteurs du niveau local sont les plus marginalisés des différentes consultations et que dans l’immédiat, le travail de mobilisation devrait commencer par eux. Car ce sont «les vrais usagers des ressources naturelles du bassin». Il dira que la logique voudrait que le travail soit fait avec ceux d’entre ces vrais usagers qui sont organisés et actifs dans la portion nationale du bassin et non avec les organisations faîtières au niveau national des pays.

Il a ajouté que pour combler cette insuffisance de représentation des organisations de la société civile au processus de développement durable du bassin, une étude d’identification et de caractérisation des acteurs usagers de l’eau sur l’espace du bassin a été préparée et réalisée en 2005 dans les 9 pays afin de mieux apprécier les dynamiques en place en matière d’organisation et de structurations des organisations d’usagers et au-delà évaluer leur poids en termes d’activité et d’apport à la vie des populations du bassin du Niger.

Selon lui, cette étude a été confiée à Eau Vive par les Etats membres de l’ABN et les partenaires financiers. «Les résultats, de même que les recommandations de cette étude, ont été validés par les Etats membres de l’ABN et ont conduit à la tenue du 1er forum régional des acteurs usagers de l’eau (FOREAU) du bassin du Niger en février 2006 à Fada N’Gourma au Burkina Faso», a-t-il révélé.

Il dira qu’au cours de ce forum, plus de cent représentants des usagers venus des 9 pays membres ont échangé et adopté le schéma du mécanisme de participation aux instances de l’ABN au double niveau national pour les coordinations nationales et régionales pour la coordination régionale.

Le forum a formulé des recommandations au secrétariat exécutif de l’ABN, aux Etats membres ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers.

Jean Bosco Bazié précisera que c’est en donnant suite à ces recommandations que la 25e session du conseil des ministres de l’ABN, tenue en septembre 2006 à Niamey, a demandé la mise en place du mécanisme de participation des usagers des ressources naturelles du bassin et que la session extraordinaire du conseil des ministres de l’ABN, tenue également à Niamey du 26 au 27 juillet 2007, a décidé de l’institutionnalisation des mécanismes de participation et de concertation des usagers que sont les coordinations nationales, la coordination régionale et le Foreau.

«C’est à la suite de ces résolutions ministérielles, que le secrétariat exécutif de l’ABN, les Etats membres et leurs partenaires financiers ont souhaité qu’une assistance technique soit constituée pour aider les organisations d’usagers du bassin à mettre en place les mécanismes de participation tel qu’adopté», a-t-il déclaré.

Avant d’indiquer que la coordination de cette nouvelle phase du processus intitulée «appropriation dans les pays» fut confiée à un consortium de trois organisations de dimension régionale et internationale que sont : Eau Vive, Global Water Partenership-Afrique de l’Ouest (GWP-AO) et le secrétariat international de l’eau (SIE).

«Le choix de confier cette assistance technique à ce consortium a été fait à la suite d’une compétition par appel à candidature selon les procédures de la commission européenne qui en assure le financement et par souci de neutralité l’ensemble de ces institutions n’étant pas une émanation d’usagers du bassin», a-t-il révélé. Il dira que cette phase a été conduite dans chaque pays par une équipe composée d’un référent national et d’une personne-ressource en l’occurrence le point focal national de l’ABN dans le pays.

Selon le conférencier, cela a permis de préparer et de tenir une rencontre nationale des usagers des ressources naturelles actifs sur chaque portion nationale du bassin et identifiés comme tel lors de l’étude réalisée en 2005. Ces rencontres ont permis de mettre en place les différentes coordinations nationales conformément au mécanisme adopté par les résolutions ministérielles de l’ABN.

Il ajoutera que ce sont ces coordinations nationales qui se sont retrouvées à Bamako du 13 au 14 août 2008 pour mettre en place la coordination régionale, dirigée par un bureau de 9 membres composé des différents présidents des coordinations nationales des usagers.

A.S

28 Octobre 2008