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Avec la multiplication des crises sociales, la situation socio-politique et économique du pays est plus que jamais bouleversée. Toutes les couches sociales s’agitent. Afin de mieux trouver les solutions aux problèmes, citoyens et autorités vont se retrouver dans un forum sur la pauvreté. Cependant au regard de la complexité des difficultés, et la manifestation de certaines pratiques des tenants du pouvoir, des observateurs ne cessent d’affirmer leur déception.

En effet, des citoyens n’approuvent pas l’idée de la tenue de ce forum qui est une source de dilapidation des fonds. Car ses recommandations vont dormir dans des tiroirs.

A les écouter, il existe des voies et moyens pour solutionner les problèmes qui sont connus de tous. La tenue d’un forum n’est qu’une façon pour Modibo Sidibé et son gouvernement de distraire leurs compatriotes puisque leurs préoccupations ne sont pas souvent prises en compte.

En tout cas, pour bon nombre de Maliens, l’actuel gouvernement perd le temps et l’argent dans la tenue des fora, des assises, des concertations et des salons, mais les problèmes demeurent toujours. Il y a eu un forum national sur l’éducation, mais la situation de l’école va de mal en pis.

Sous Modibo Sidibé se sont tenus les états généraux de la corruption. Pourtant, la corruption et la délinquance financière ont toujours le vent en poupe dans notre pays, malgré la multiplication des structures de contrôle.

Aussi, s’est tenue dans notre pays une rencontre sur la vie chère avec la participation des syndicats des travailleurs, notamment l’UNTM. Mais la montagne a accouché d’un souris, car on a assisté à une flambée des denrées sur le marché. Et voilà encore qu’on parle de forum national sur la pauvreté des enfants avec des thèmes comme : “l’impact de la hausse des prix de produits alimentaires sur la pauvreté des enfants et les réponses politiques au Mali”, aussi “la pauvreté des enfants et inégalités au Mali”.

A croire que dans notre pays, il existe une pauvreté des enfants et une pauvreté des adultes. A ce rythme, va-t-on assister dans l’avenir aux fora sur la pauvreté des jeunes, des vieux…?

Aujourd’hui, certains Maliens vont jusqu’à s’interroger si la multiplication de ces rencontres n’est pas la nouvelle stratégie de ceux qui ont la responsabilité de la gestion des affaires publiques d’appauvrir la nation. Ce qui est sûr, Bamako semble être ces derniers temps le carrefour de la tenue de fora sans effet. Bien qu’ils soient des tribunes d’échanges pour le montage des projets, ces fora accouchent des décisions qui ne seront pas mises en oeuvre.

D’ailleurs, ils contribuent à ralentir le rythme de travail de l’Etat. Car c’est presque tout le gouvernement et les cadres de l’administration sont invités à l’ouverture de ces rencontres. N’est ce pas une perte de temps pour notre pays qui veut amorcer son décollage économique?

Ousmane BERTHE

14 Mai 2009