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La Fédération des associations et structures d’appui aux migrants récemment créée et forte de plus d’une trentaine d’associations, accuse le Centre d’information et de gestion des migrants d’un manque de transparence dans la gestion des avis d’appel à candidature, destinés aux associations chargées non seulement de la sensibilisation, mais de l’accueil et de l’orientation des Maliens rapatriés. La Fasam accuse le CIGEM d’avoir, de tout temps, favorisé certaines associations au détriment d’autres. Elle l’accuse d’avoir, de tout temps, entretenu un silence radio sur le dépouillement et sur les critères de rejet des dossiers.

Le Secrétaire général de la FASAM, Alassane Sanogo, n’est pas allé de main morte pour charger le Centre d’information et de gestion des migrants (CIGEM). Il l’accuse de ne jamais procéder à une quelconque proclamation des résultats à chaque fois qu’il ouvre un avis d’appels à candidature. Alors que les associations sont à chaque fois sollicitées pour déposer des dossiers et participer à différents avis d’appels d’offres de la part du même service.

Pas moins de trois avis d’appels à candidature sont ainsi organisés. Mais il n’y a jamais eu une seule publication des résultats.

Souvent, les associations soumissionnaires sont surprises de voir les tâches pour lesquelles elles avaient postulé, à savoir l’accueil et la sensibilisation des migrants, exécutées par d’autres associations sur le terrain.

« Nous avons postulé à un appel à candidature en montant des projets qui nous ont coûté de l’argent. Si nos dossiers ont été rejetés ou recalés, nous avons le droit de le savoir. A chaque fois que nous avons demandé des explications, nous n’en avons pas eues ».

Et, selon le porte-parole de la FASAM, la manifestation la plus illustrative de cette légèreté du CIGEM dans la gestion des migrants est apparue au grand jour, à l’occasion de l’arrivée des 149 Maliens rapatriés de la Libye.

Pas un seul représentant de la structure, encore moins des associations retenues pour l’accueil et l’orientation des migrants, n’était présent.

L’autre problème, qui accable le CIGEM et qui est soulevé par le Secrétaire général, c’est d’avoir encouragé les femmes migrantes, surtout celles venues de la Côte d’Ivoire, à monter des microprojets qu’il était censé assister et même accompagner, mais il a failli à cette mission.

Beaucoup de ces femmes, qui ont eu l’audace d’initier ces projets, ont, semble t-il, fini par fermer boutique, faute de moyens.

Ce n’est pas tout, elles doivent encore à leurs créanciers. Pour Alassane Sanogo, « le CIGEM, qui avait été créé pour l’information et la sensibilisation des migrants sur les risques et dangers liés à la migration, à l’accueil et à l’orientation de Maliens rapatriés, passe à côté de son sujet ».

Au Centre d’information et de gestion des migrations, c’est un autre son de cloche. Le directeur Abdoulaye Konaté a tenu à lever toute équivoque, en précisant que l’appel à candidature est adressé uniquement aux associations, notamment celles qui montent des projets basés sur la sensibilisation et l’orientation des migrants.

Autrement dit, celles qui développent des projets relatifs à la migration.

Pour la première phase, 43 dossiers ont été soumis et sur lesquels 8 seulement ont été retenus. Le directeur de préciser que l’évaluation des dossiers n’est pas faite par le CIGEM, mais plutôt par la Commission de l’Union européenne et la Cellule d’appui à l’ordonnateur national, une structure qui relève du ministère des Affaires étrangères.

Ce sont ces structures qui sont chargées d’évaluer les dossiers soumis.

Il n’y a aucune complaisance, ni encore de parti pris, selon le directeur du CIGEM, qui ajoute qu’aucun problème de transparence ne s’est jamais posé.

Il affirme que certains dossiers ont été déclarés disqualifiés pour avoir été mal montés et introduits après le délai imparti pour l’enregistrement.

Nous y reviendrons.

Abdoulaye DIARRA

23 Juillet 2010.