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Les maires de Bamako sont conscients d’une chose en cette année électorale : les populations ne sont pas d’accord avec eux. Pis, elles contestent la gestion faite par eux de leur cité. En dix années d’exercice, les conseils municipaux ne leur ont pas permis d’espérer une autogestion sous la forme d’une participation citoyenne dans la gestion de la cité dont la finalité est le développement durable. La décentralisation pourtant tire toute son essence de cette participation au développement. Dans la plupart des cas, les populations ont été mises à la touche sauf lorsqu’il s’agit de payer des taxes et des impôts.

Au Mali, la mise en place des institutions de la démocratie en général et plus particulièrement de la décentralisation a toujours précédé le changement des mentalités et des comportements. C’est ainsi que des personnes très souvent contestées dans leurs propres familles se retrouvent conseillers municipaux dans la plupart des mairies.

Enrichissements illicites

Certains élus communaux réussissent avec la complicité de leurs mentors à occuper une place dans les commissions d’attribution des parcelles mises en place lors de chaque lotissement avec pour seul objectif l’enrichissement. Des personnes sorties du néant se retrouvent un jour riches et font preuve d’une certaine insolence. Des membres de commissions d’attribution de parcelles qui exerçaient des activités modestes pour la survie de leurs familles ont vu leur rythme de vie changer tout d’un coup. Ces enrichissements illicites sont légion et les maires de Bamako et autres ne sont pas en reste. A Kalaban Coro, et dans la quasi-totalité des communes du district, des simples agents du cadastre possèdent des maisons à étage et d’autres équipements marchands à leurs propres compte. On comprend aisément la volonté d’un tel élu de se maintenir à la tête de la municipalité contre-vents et marées.

Au cours des nouveaux lotissements c’est une véritable mafia qui est mise en branle. Le procédé est simple. Lors de l’opération, un bon nombre de parcelles reste non attribué. Ces parcelles feront l’objet de vente plus tard aux plus offrants. Pour masquer la combine, les noms des personnes résidant extirpées de la liste au profit d’autres. Certains maires font preuve d’audace en exigeant des commissions qui travaillent sur le terrain un certain nombre de parcelles. Cette situation ouvre un grand boulevard à des maires qui ne sont autres que des « braconniers du foncier ».

Amadou Sidibé

06 mars 2009