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Le sursaut collectif en marche
Le tableau de la situation politique et socio-économique est moins réluisant ces derniers moments. Cela s’explique par des facteurs à la fois endogènes et exogènes que nul ne peut aujourd’hui contester, malgré les divergences de vues et d’approches des acteurs tant politiques que de la société civile. N’est-ce pas cela qui impose à tous un sursaut collectif et ce, dans l’intérêt supérieur de la nation? En tout cas, quoi qu’on dise, chaque citoyen, en plus de ses droits, a aussi des obligations, ne serait-ce que morales vis-à-vis du peuple.

En ce qui concerne principalement les acteurs politiques, dès la création de leurs partis politiques, ils sont considérés comme des personnes ayant pris des engagements envers le peuple par rapport aux efforts conduisant à l’amélioration de ses conditions de vie et de travail sur la base de programmes de développement, de projets de société.

LA VICTOIRE DE LA RAISON SUR LA PASSION
C’est étant au pouvoir que l’on a plus de chance et d’opportunité à mettre ses expertiss au service de ce même peuple. Mais, même en dehors du pouvoir, les acteurs politiques issus des partis d’opposition ont un rôle non négligeable à jouer, notamment en ce qui concerne la consolidation du processus démocratique.
Aujourd’hui, après les passions ds périodes électorales, les adversités qui sont inhérentes à l’activité politique, place à des initiatives dans un contexte où les difficultés sont perceptibles pratiquement à tous les niveaux.
Par rapport à cela, comme le disent certains acteurs politiques, on ne cesse de se rejeter la responsabilité des problèmes auxquels le peuple malien est aujourd’hui confronté. Toute chose qui explique qu’il s’agit bien de préoccupations d’intérêt national. D’où la nécessité pour tous de s’impliquer en vue de rechercher des solutions idoines et pérennes dans l’intérêt de tous.

LES QUESTIONS URGENTES A RESOUDRE
Aussi, les partis politiques qui aspirent à réaliser l’alternance politique n’ont également pas intérêt à ce que la situation socio-économique se dégrade de façon continuelle. Au nombre des préoccupations majeures du moment, on note : la question scolaire, le problème du nord, la cherté des produits de première nécessité.
Aujourd’hui, malgré les adversités au sein de la classe politique, tous se retrouvent autour de ces questions. On se rappelle que, pour ce qui est de la crise du nord, elle a suscité beaucoup de remous au sein de la classe politique comme de la société civile, en raison du fait que les autorités actuelles prônent le règlement de la question à l’amiable.
Et malgré la signature de l’accord d’Alger, on constate avec amertume que les attaques des rebelles continuent. C’est pourquoi les uns et les autres demandent à ce que les pouvoirs publics procèdent à un changement d’approche de gestion de ce problème, surtout à un mment où les rebelles utilisent des méthodes terroristes de prises d’otages et d’usage de mines. Cela est jugé inadmissible par le plus grand nombre.

SYNERGIE AUTOUR DE LA QUESTION DU NORD
Face à la persistance de cette crise, le PARENA, à travers son président Tiébilé Dramé et le RPM, à l’instar d’autres partis, avaient souhaité l’ouverture de débat autour de la question avec leur implication en vue de trouver des solutions durables au problème qui prend des proportions inquiétantes.
Dans ce sens, un collectif présidé par M. Tiébilé Dramé est mis en place en vue de l’organisation d’une large concertation sur la question du nord. Cela est une expression de la volonté politique de ceux qui s’y sont engagés. Mais, ce qui est sûr, ils ont besoin d’accompagnement de la part du pouvoir afin qu’ils puissent atteindre leurs objectifs rapidement.

LA SITUATION SCOLAIRE
Tous s’accordent à dire que le problème majeur de notre démocratie est celui lié à la crise scolaire qui est devenue endémique et dont on ne semble pas sûr de parvenir rapidement à une issue salutaire et durable. L’école a été au coeur de nombreuses et interminables agitations politiques qui étaient de nature à entraver sa bonne gestion.
Aujourd’hui, lassés des problèmes et compte tenue de la baisse continuelle des niveaux, qui représente aussi une menace sur la consolidation du processus démocratique, des initiatives de sauvetage de cette situation sont en train de se multiplier. Toute chose qui est salutaire à un moment où l’école est dans l’impasse.

DES PERSONNES RESSOURCES BIEN IMPREIGNEES DE LA QUESTION
Dans ce sens, on note avec une grande satisfaction l’initiative des ténors du RPM d’organiser un forum sur l’école malienne. Pour qui sait que le président du RPM fut Premier ministre pendant six années, il est facile de comprendre qu’il est bien impreigné des problèmes de l’école malienne.
A cette expertise s’ajoute celle d’autres personnes ressources, notamment celle du modérateur de la rencontre, également ancien Premier ministre, Modibo Kéïta parmi tant d’autres personnes ressources, il y a de fortes chances que le forum présentera des conclusions à hauteur de souhait et d’attente du plus grand nombre et ce, dans l’intérêt de tous les Maliens. Une initiative salutaire donc.
D’ores et déjà, il faudra s’attendre à ce que d’autres initiatives suivent. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le Premier ministre Modibo Sidibé a récemment fait une déclaration dans laquelle il a sollicité, conformément à la volonté du président de la République, l’implication de tous à la recherche de solutions aux grandes questions de notre démocratie.

LA CHERTE DES PRODUITS ALIMENTAIRES
La flambée des prix des denrées de première nécessité est une question de préoccupation majeure de l’ensemble de la population. Au stade actuel, cette situation dépasse le cadre des considérations : pouvoir-opposition ou sociét civile. Puisqu’il s’agit d’une question existentielle, et nul ne peut se soustraire de cette contrainte.
D’où la nécessité de conjuguer les efforts en vue de renverser progressivement la tendance. Là aussi, on sait qu’en plus des problèmes internes de gestion, il y a des facteurs exogènes. En effet, nous sommes dans un environnement économique où les efforts des gouvernements sont compromis par la hausse du prix du baril de petrôle, la détérioration des termes de l’échange dans le cadre de l’OMC.
Dans le cas du Mali, il faut non seulement considérer la crise ivoirienne qui a eu des conséquences drastiques sur l’économie malienne pendant plusieurs années, mais aussi les autres situations défavorables au plan international.
La hausse des prix des denrées de première nécessité est un problème global aujourd’hui et c’est pourquoi aucun pays n’y échappe. Ce qui est essentiel à ce stade, c’est la recherche de voies et moyens permettant de réduire de façon substantielle les incidences sur le pouvoir d’achat dans l’intérêt de l’ensemble de la population malienne.
Cela nécessite une exploitation plus judicieuse de nos potentialités de développement en fonction des contraintes du moment. Le département en charge de l’Economie du Commerce et de l’Industrie est-il en train d’aller dans ce sens? En tout cas, en cette période de difficultés économiques l’attention est focalisée sur elle, les actions que son département mène pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des populations.

Moussa SOW

31 Mars 2008