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Le quartier de Sogoniko est situé sur un site presque entièrement curassique. L’érosion hydrique très prononcée a entraîné un revirement très poussé des rues, mettant à nue la carapace latérique très dure.

L’imperméabilité du sol empêche toute infiltration des eaux usées, causant du coup la stagnation des eaux dans la plupart des rues. De la plupart des concessions on déversent leurs eaux usées dans la rue ou dans des puisards mal dimensionnés et les eaux finissent par se déverser dans la rue.

L’assainissement du quartier de Sogoniko connaît beaucoup de difficultés en raison de l’insuffisance des moyens disponibles et surtout à cause d’un manque de participation des populations à des opérations d’assainissement de leur milieu.

Le problème est d’autant plus crucial que la nature du sol rocheux empêche toute infiltration et épuration naturelles. Le problème de gestion des eaux usées se pose avec acuité dans le quartier, a dit le maire de la Commune VI Solomane Dagnon. Il a remercié la mairie du District de cette initiative qui permettra de lutter contre l’épidémie du paludisme.

PALLIER L’INEXISTENCE DE SYSTEME D’EVACUATION DES EAUX USEES

Quant au Coordinateur du projet, Mamadou Doumbia, il a affirmé qu’il n’existe pas, a proprement parlé, de système d’évacuation des eaux usées domestiques dans le quartier. Celles-ci sont directement déversées soit dans des petites excavations faisant office de puisard ou directement dans les caniveaux. Cette situation pose des problèmes environnementaux dans le quartier à cause de la forte densité d’occupation. La stagnation des eaux usées favorisée par un relief imperméable peut facilement saturer le sol d’où des nuisances et pollutions.

M. Doumbia a rappelé que la majeure partie des familles dispose des latrines traditionnelles ou améliorées. Ces latrines, une fois remplies, sont vidangées manuellement ou par des spiros à traction animale. Les excréma sont souvent déposés derrière les murs des concessions où ils séjournent avant d’être évacués vers les champs pour servir de fumur organique.

Seules quelques familles aisées et les services publics disposent des fosses septiques avec puisards.
L’AGETIPE-Mali CHARGE DU PROJET

C’est dans ce cadre que le gouvernorat du District de Bamako et la mairie du District, par délégation de maîtrise d’ouvrage, a chargé l’Agence d’Exécution des Travaux d’Intérêt Public pour l’Emploi (AGETIPE-Mali) de la mise en oeuvre de ce projet.

Les travaux d’études réalisés par le Groupement des bureaux BIRAD-SAED comprennent :

– la réalisation de 2124 mètres linéaires de mini égoûts sur la rue 108 ;
– la réalisation du pavage de la rue 108 sur environ 1100 ml ;
– la réalisation du pavage sur la 111 sur environ 350 ml ;
– la réalisation de 904 mètres linéaires de mini égoûts sur la rue 146.

Les réseaux de mini égoûts comprennent trois éléments de base : un branchement domestique qui capte toutes les eaux usées de la famille, le bassin de prétraitement, le réseau de canalisation à petit diamètre et enfin la station d’épuration. Elle assure le traitement des effluents et à la sortie de laquelle les effluents sont aptes à être rejetés dans un milieu naturel épurateur.

BRANCHEMENT DE 110 FAMILLES SUR LE RESEAU

110 familles environ seront branchées dans un premier temps sur le réseau. Dans son intervention, le maire du District Moussa Badoulaye Traoré s’est réjoui de la présence des notables et des populations du quartier, seul garant de la réussite du projet.

Il a parlé de l’impact de ce projet pour le quartier, à savoir l’assainissement. C’est un partenariat entre la mairie du District et les villes unies dont l’objectif final est de lutter contre le paludisme.

Les villes unies ont débloqué 133 millions FCFA, l’Etat malien 261 millions à travers le fonds PPTE, et les populations aussi ont contribué à hauteur de 37.500 F par famille (110 au total).

Cette cérémonie de lancement s’est déroulée sur la rue 108 en face du Groupe scolaire de Sogoniko.

Enfin, Moussa Badoulaye a demandé aux familles bénéficiaires de bien prendre soin de ces réalisations


Mamadi TOUNKARA

29 août 2006.