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En cette période des premières pluies, le phénomène d’insalubrité prend de l’ampleur dans les villes maliennes. Cette situation à grand risque de contamination peut porter préjudice à la santé d’un grand nombre de population. La question relative aux déchets solides et liquides suscite beaucoup d’interrogations et les responsabilités sont partagées.

De ce fait, si le Mali fait partie des pays en voie d’industrialisation dont le poids de la pollution demeure moins dense par rapport aux pays industrialisés, il est à préciser que les quelques rares unités qui y existent et certaines pratiques sociales (teinture) ainsi que le comportement des ménages sont à l’origine du phénomène de pollution et d’insalubrité.

Ces phénomènes sont remarquables chez nous en période de pluies où les effets néfastes des eaux de ruissellement combinées aux déchets solides et liquides rendent certaines voies impratiquables dans les villes.

Cas des industries et des engins

En effet, malgré leur nombre limité sur l’étendue du territoire national, les industries constituent une véritable source de pollution atmosphérique et fluviale. Si pour les industries il y a plus de peur que de mal, tel n’est pas le cas pour le second qui constitue une véritable source de pollution de l’environnement physique et du fleuve.

Ce qui est source de nombreuses maladies respiratoires et cutanées selon les experts de ces domaines. En plus, ces eaux usées draînées vers le fleuve constituent un danger de mort pour les animaux aquatiques et même des êtres humains qui les consomment.

Le comportement à partir des ménages

Ceci constituent la toile de fond des problèmes de la gestion de l’environnement urbain. Si l’une des difficultés de gestion des ordures menagères réside au niveau des dépôts d’ordures ménagères, il ressort que certaines femmes, totalement dépendantes de leurs aide-ménagères sont dépourvues de toute mentalité d’un bon entretien de l’environnement.

De ce fait, l’aide ménagère, chargée de mission semble être l’actrice privilégiée de toute les familles modernes animées souvent par une mauvaise volonté, engendrée par les effets des multiples travaux. Elles ne cherchent rien à comprendre, se débarrassent des ordures ménagères solides ou liquides dans les rues.

Ce qui fait que dans de nombreuses rues de nos villes, précisément la capitale, il n’est pas rare de voir les restes d’aliments sur la voie publique en violation de toutes les règles d’hygiène. Ce qui constitue un terrain favorable à la multiplication des moustiques, des mouches et autres insectes.

En plus, certains chefs de familles n’hésitent pas à déverser le contenu des égoûts sur la voie publique, une situation très critique à la quelle beaucoup de quartiers sont à présent confrontés et on se demande s’il existe des sanctions à l’égard des auteurs de ces genres de pratiques en milieu urbain.

Strategie d’amenagement du territoire

Partant de là, certains endroits des villes maliennes sont dépourvus de caniveaux, de collecteurs et de matériels de collecte des ordures et des eaux de ruissellement. Ce qui fait qu’on voit fréquemment des ordures de tous genres dans les rues.

Cela s’explique par la mauvaise conception des quartiers, mais aussi par un incivisme des populations qui semblent ne pas se soucier de leur propre environnement, donc de leur santé.

La gestion du phénomene

La bonne gestion des déchets solides et liquides à l‘intérieur de nos villes nécessite un engagement de tous, de la base qu’au sommet. Conscient des effets, que cela entraîne ou peut entraîner, il est nécessaire, voire obligatoire de rompre avec certaines pratiques traditionnelles en milieu urbain.

Pour cela, compte tenu des effets de la pollution industrielle et des intoxications, voire contaminations de l’environnement, le poids de la population aux alentours des sites industriels mérite d’être revu, notamment à travers la mise en oeuvre d’une politique de délocalisation.

Cela aura l’avantage de réduire le nombre de victimes, le taux de populations à risque. Quant à la gestion des ordures de ménage,s vue l’ampleur du phénomène et ses effets indésirables, les services d’hygiène et d’assainissement et les GIE doivent dès à présent, mettre en place des programmes de sensibilisation à la base.

Cela peut réussir par la formation et l’information des ménagères et des aides-ménagères. Enfin la politique de réhabilitation des caniveaux et des collecteurs dans les anciens quartiers doit être poursuivies afin de prévenir certains calamités.

Il y a lieu également de mettre à disposition des équipements de collecte d’ordures (poubelles) afin de renforcer les quelques actions des GIE sur toute l’entendue des villes.

L’exemple de cette politique est à Missira à Bamako. Par ailleurs, l’action incontrôlée des teinturières doit être revue.

Ousmane BERTHE (Stagiaire)

12 Mai 2008