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Le Mali est un pays en développement et à l’instar des autres pays de la sous région, voire à travers le monde entier, il est en train de traverser un moment difficile. On se rappelle que notre pays a subi de multiples situations difficiles ayant influé négativement sur ses performances économiques, réduit l’impact des efforts du gouvernement.

Il s’agit de la crise ivoirienne, de la sempiternelle crise scolaire, de la rébellion dans le septentrion malien et récemment de la hausse des prix des denrées alimentaires au plan international qui n’a épargné aucun pays.

DES CRISES SE SUCCEDENT MAIS NE SE RESSEMBLENT PAS

Au nombre de celles-ci, il y a la crise ivoirienne avec ses conséquences indéniables sur l’activité économique au Mali, un pays dont plus de 70% des importations transitaient par le port d’Abidjan. Cette crise qui a perduré a quelque peu influé sur les prix des produits d’importation en direction du Mali, en raison du coût des transports dû notamment à l’usage des hydrocarbures sur de longues distances qu’il y avait à parcourir.

Il aura fallu développer des synergies avec le Conseil Malien des Chargeurs du Mali pour trouver des solutions alternatives à cette difficulté. Comme si cela ne suffisait pas, il y a eu l’invasion acridienne en 2004 aggravée par la faiblesse et la mauvaise répartition des pluies sur l’étendue du territoire national.

DES INVESTISSEMENTS IMPORTANTS DE LA PART DE L’ETAT

Toutes choses dont la gestion a nécessité des investissements financiers importants de la part de l’Etat malien. En plus de tout cela, force est de constater et avec amertume que la question scolaire demeure le problème le plus sérieux, le plus grave de notre processus démocratique.

En effet, de l’ouverture démocratique à ce jour, aucun pouvoir, aucun ministre, n’a pas gérer de façon durable la crise scolaire. Au contraire, elle prend toujours des proportions nouvelles. C’est ainsi que les enseignants, ces dernières années, ont ravi la vedette aux élèves et étudiants par rapport aux revendications catégorielles.

Tous sont d’accord que les revendications sont légitimes en grande partie, mais les syndicats d’enseignants et les autorités de tutelle de l’école continuent à croiser le fer, estimant que c’est par là qu’ils arriveront à gérer les problèmes auxquels ils sont confrontés. Que c’est dommage!

L’INSECURITE AU NORD

Un autre problème qui a la vie dure et dont on n’est pas sûr qu’il y aura une solution définitive, c’est la rébellion dans le septentrion malien. A ce sujet, les avis sont toujours partagés quant à la gestion. Pendant que pour certains, il y a nécessité de ne pas chercher à comprendre, mais d’aller mater, pour d’autres, la gestion de la rébellion au nord du Mali passe forcement par le dialogue, la concertation et les négociations.

Mais, au fond tous savent que cette question ne peut être résolue aussi facilement sans le développement d’une synergie commune entre les pays concernés par la rébellion, chose qui n’est pas facile à un moment où les Etats n’ont pas les mêmes intérêts.

Malheureusement il semble que certains trouvent leur compte dans la pérennisation de cette situation dont les conséquences sont pourtant drastiques pour le Mali et les Maliens. Face à cette question, il y a d’abord la nécessité de développement de la synergie interne qui doit nous permettre à la faveur de la position commune sur la question, de nous lancer dans les négociations qui devront nous permettre d’avoir des coudées franches dans la zone où les rebelles sont en train de naviguer entre nos pays, en commettant des actes dignes de terroristes.

QUELLE STRATEGIE POUR APPLANIR LES DIFFICULTES?

En considérant tous ces facteurs dont la gestion nécessite des investissements importants dans certains cas et des stratégies affinées dans d’autres, on se rend compte qu’il existe des difficultés avérées dans le cadre de la gouvernance démocratique.

Toutes choses qui exigent que les responsables du pays, ayant des pouvoirs de décisions redoublent d’ardeur dans le labeur, d’imagination, d’initiatives, le tout sur fond de méthodes qui s’adaptent mieux aux exigences du moment, aux réalités de l’environnement socio-économique international. C’est en cela que le pouvoir actuel a du pain sur la planche.

LA CAPACITE D’APPLANIR LES DIFFICULTES

Une bonne gestion des affaires publiques, dans tous les cas, repose sur la capacité d’aplanir certaines difficultés et d’anticiper d’autres. Aussi, dès lors qu’on se trouve pratiquement devant le fait accompli en termes de problèmes à résoudre, cela se révèle davantage difficile, en raison du fait que les solutions passent toujours par le déblocage de fonds importants pour juguler les différentes crises.

Même en ce qui concerne la gestion de la rébellion, il faut des moyens financiers et cela, quelle que soit l’approche privilégiée. Nous sommes aujourd’hui à un tel stade de la gouvernance. Mais souvent, certains ont tendance à faire croire que le Mali est le seul pays qui se trouve en difficulté. Il est vrai que, depuis l’arrivée d’ATT au pouvoir, le pays est confronté de façon sporadique à des situations de crises loin d’être artificielles.

LES MESURES DU GOUVERNEMENT FACE A LA CRISE INTERNATIONALE

En plus des effets de la crise ivoirienne, il y a les conséquences drastiques de la crise mondiale sur fond de renchérissement des prix du pétrole, toute chose qui n’a fait que dégrader de façon drastiques les conditions de vie des populations maliennes comme d’ailleurs.

C’est ainsi que chaque pays, de son côté s’emploie dans la recherche de solutions pour atténuer les conséquences de cette situation. Ainsi, à l’instar d’autres pays, les autorités maliennes ont déjà pris plusieurs initiatives allant dans le sens de la recherche de solutions idoines et rapides aux problèmes de la hausse des prix, notamment des denrées alimentaires.

Elles vont de la subvention des importations, à la mise à disposition des producteurs d’engrais, en passant par la fixation des prix, le tout devant être couronné par un contrôle rigoureux sur les marchés des prix afin de s’assurer que les dispositions prises sont effectivement appliquées et respectées.

En plus de tout cela, le Premier ministre vient de lancer l’initiative riz à coût d’investissement de plusieurs milliards pour une solution durable à la hausse des prix du riz sur le marché malien.

LA NECESSITE DE PERSEVERER DANS LES EFFORTS

Dans tous les cas, il est indéniable qu’il y a eu des efforts soutenus, même si à plusieurs niveaux, nous ne voyons pas encore au bout du tunnel. Dès lors, il y a lieu de persévérer dans les efforts pour atteindre les objectifs communs qui se résument en la prise en compte des préoccupations essentielles de l’ensemble de la population. Il n’est pas question de reculer ou de se décourager car, le succès est au bout de l’effort.

Au Mali, il existe les ressources humaines suffisantes et de qualité pour tenir le haut du pavé. Le plus important est d’opérer des choix judicieux d’hommes et de femmes à même de relever les défis de la gouvernance démocratique au Mali.

La gestion des situations de crises est un moment ultime pour le pouvoir ATT en ce sens qu’elle est l’opportunité de démontrer à l’opinion publique nationale que le Mali est toujours sur la bonne voie, contrairement à ceux qui manifestent un pessimisme sans précédent, parce que certainement ils sont eux mêmes tellement bouleversés par les situations qui se présentent aujourd’hui qu’ils auraient du mal eux mêmes à les gérer s’ils en avaient l’opportunité.

Moussa SOW

23 avril 2008.