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Répondant à une question posée par RFI et TV5, pour savoir si le président de la République, Amadou Toumani Touré considère le terrorisme comme un problème importé ou un problème malien, à la veille des festivités du cinquantenaire de notre pays, le Chef de l’Etat avait répondu : ‘’ Non. Je pense que d’abord, il faut voir la dimension de la bande sahélo-saharienne qui fait 8 millions de km2, un quart du continent africain. C’est de la Mauritanie jusqu’au Soudan, vingt fois la France ! C’est-à-dire il y a le Mali, le Niger, le Burkina Faso, l’Algérie, le Tchad et la Libye. C’est une zone hostile où la densité humaine est pratiquement nulle et de grandes formations montagneuses et des milliers sinon des millions de kilomètres de tas de dunes.

Et je crois que jusqu’à présent, le Mali se considère comme victime et otage parce que toutes les menaces et elles ne sont pas seules : des trafiquants de cigarettes, les passeurs vers le paradis européen, les Salafistes venant du Maghreb, la drogue venant d’Amérique latine sont destinés à d’autres peuples. Voilà pourquoi je dis que de toutes ces menaces, aucune n’est née dans la bande sahélo-saharienne, aucune ne nous est destinée.

C’est donc une menace transfrontalière qui s’accentue de plus en plus et dont la bande sahélo-saharienne, les Etats riverains surtout, et l’Europe doivent tenir compte ‘’. En fait, la portée de l’appel dépasse la sous région ou la bande sahélo saharienne, car elle s’adresse aussi à la communauté internationale qui doit tenir compte de tous les paramètres cités par le président ATT.

Malgré tout, la sensibilité du sujet fait que la communauté internationale ne puisse réagir face au terrorisme dans cette zone, car l’ingérence serait vite dénoncée si des accords ne régissent pas ces interventions. En Côte d’Ivoire, les élections avaient été présentées comme la voie de sortie de crise par la communauté internationale. A cet effet, Les Nations Unies, l’Union africaine, l’Organisation internationale de la francophonie, la CEDEAO et les pays voisins avaient été sollicités.

C’est à la demande des acteurs politiques ivoiriens que l’ONU a été désignée comme certificateur des résultats des élections ivoiriennes. Cette certification qui avait conduit à la désignation d’Alassane Ouattara comme vainqueur des élections a été contestée par Laurent Gbagbo. Le président reconnu par la communauté internationale n’a jusqu’à présent pas pris effectivement fonction. Cette communauté internationale révèle qu’elle n’a pas les prérogatives d’attaquer militairement Laurent Gbagbo.

L’impasse demeure, puisque même au sein de la CEDEAO, des voix discordantes commencent à se faire entendre. En attendant, chaque jour, des Ivoiriens sont tués, puisque la situation de non Etat dans ce pays, conduit aux pires crimes. Concernant la crise tunisienne, si Barack Obama a félicité le peuple tunisien pour son courage, la France n’a pas réagi promptement. Quant au guide libyen, Mouammar El Kaddafi, il a soutenu le président Ben Ali. C’est dire que la communauté internationale peut être un concept vidé de son sens si elle présente des allures divisées. De même, en évitant de tomber dans l’illégalité, la communauté internationale peut paraître inefficace.

Baba Dembélé

18 Janvier 2011.