Partager

La gestion des banques de céréales dans les six communes du district de Bamako n’est pas du tout exemplaire. Sur un stock de 240 tonnes reçues initialement, elles n’ont pu reconstituer que 8,5 tonnes, même si l’on y enregistre un stock report de 32,9 tonnes, avec un fonds financier de 16 044 600 FCFA. L’analyse de cette situation était hier au centre d’une concertation au Centre international de conférence de Bamako.

La salle de presse du Centre international de conférence de Bamako abrite depuis hier les concertations régionales sur les banques de céréales dans le district de Bamako.

D’entrée de jeu, Mme Lansry Nana Yaya Haïdara, commissaire à la sécurité alimentaire, a indiqué que de 2005 à 2006, chacune des 703 communes de notre pays et plus d’une soixantaine d’associations dans le district de Bamako ont été dotées respectivement d’un stock de 20 tonnes de mil, sorgho ou de riz, soit plus de 15 000 tonnes de céréales.

Cependant, elle a révélé que les résultats des deux années de suivi-évaluation des banques de céréales dans 686 communes sur les 703, a fait ressortir une situation mitigée. “Sur un stock de 15 195 tonnes, ce sont 9 964,5 tonnes qui ont été reconstituées, soit 65,5% de taux national de reconstitution au titre de 2007”, a-t-elle déclaré. Avant de révéler que sur un stock de 240 tonnes reçues initialement par les 6 communes du district de Bamako, seulement 8,5 tonnes ont été reconstituées.

Mme Lansry a admis l’existence d’un stock report de 32,9 tonnes et un fonds financier de 16 044 600 Fcfa. Mais, face à ce constat, elle a estimé que les banques de céréales de Bamako n’auront un effet positif sur les marchés céréaliers pendant la période de la soudure, que quand elles sont régulièrement reconstituées à la période indiquée.

Toutefois, elle a estimé que la faiblesse de performance enregistrée pénalise les couches vulnérables de la population dans le district de Bamako. Pour éviter cela, elle a rappelé que la reconstitution des stocks grain par grain, en cas d’utilisation, est une obligation et constitue le premier critère de bonne gestion des banques de céréales.

Au titre des difficultés rencontrées dans la gestion des banques de céréales dans les communes, Mme Lansry a cité les cas de difficulté de stockage dans les normes requises à cause de la qualité de certaines infrastructures et les prélèvements importants des ressources financières des banques de céréales par endroit. Pour sa part, en ce qui concerne le district de Bamako, Féfé Koné, gouverneur, a estimé que de nombreuses lacunes ont été décelées çà et là par les missions de suivi évaluation au cours de l’année 2007.

Selon lu,i tantôt les comités de gestion ne sont pas régulièrement créés. Et quand ils le sont, il a estimé qu’ils ne sont pas fonctionnels. Il a révélé que les comptes spéciaux de sécurité alimentaire ne sont pas ouverts dans beaucoup de cas. Pire, selon lui, l’esprit des banques de céréales n’est pas toujours observé avec la vente du stock à un seul commerçant.

“Comme vous le constatez, les banques de céréales du district sont confrontées à de nombreuses difficultés”, a-t-il déclaré. Avant d’annoncer que ces difficultés n’entameront en rien leur détermination à soutenir ces banques tant il est vrai que ces outils de gestion de proximité des besoins alimentaires des populations occupent une place de choix dans le dispositif de sécurité alimentaire.

Il s’est engagé à la mise en place effective de toutes les structures et à veiller à leur fonctionnement correct. Cependant, pour la réussite des banques de céréales, il a suggéré la formation des membres des comités de gestion.


Assane Koné

08 Mai 2008