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Le Nouveau président de la République du Mali prendra fonction le 4 septembre prochain. Le score plébiscitaire de 77,62 % des voix avec lequel Ibrahim Boubacar Keïta a été élu, exprime une immense estime du peuple face à ce politique. Mais qu’attendent véritablement les masses populaires de sa consécration ? La parole à quelques citoyens et citoyennes !

Assan Djiré, ménagère (Sabalibougou) : «L’emploi des jeunes est une priorité absolue»

Je pense que beaucoup de maliens ont fait confiance à IBK pour son passé politique. On n’a pas connu assez de choses méprisables chez lui. En retour, il doit tout faire pour ne pas décevoir les gens. Nos enfants ne travaillent pas, leurs vies sont cauchemardesques. Que devons-nous faire ? C’est vers lui que nous nous tournons. C’est vrai qu’il y a beaucoup de problèmes dans le pays mais celui de l’emploi des jeunes est une priorité absolue.

Nouhoum Sidibé, Tailleur (à N’gomibénabougou en commune II) : «Avec la volonté, le nouveau président pourra faire l’essentiel de la tâche de refondation du Mali» jpg_une-2052.jpg

Je n’ai pas assez de remarques à faire. Son élection nous réjouit très profondément. Mes préoccupations concernent la sécurité alimentaire du pays et la reforme de l’éducation : il faut qu’il s’en occupe efficacement. Ce sont là deux conditions très primordiales pour la survie de la nation. Les problèmes liés à l’emploi viennent en troisième position. Ces choses nous préoccupent énormément car la vie est assez chère au Mali. S’il n’y a pas d’école, comment comptons-nous alors nous développer ?

Son allocution survenue après son élection me convainc qu’il sera un président honnête. Il a expliqué que ni des relations d’amitié ni des relations parentales ne lui feront dévier de sa ligne de conduite. Selon lui, la compétence sera le critère d’acquisition des responsabilités. Cette logique est un principe de justice. Il faut les personnes nécessaires aux places qu’il faut.

On sait qu’il y aura assez de défis à être soulevés dans ce quinquennat. Mais avec la volonté, le nouveau président pourra faire l’essentiel de la tâche de la refondation du Mali. Je répète qu’il faut veiller à ce que les prix des produits de première nécessité soient abordables.

Mohamed Samassa, retraité à Quinzambougou, Rue 510, Porte 1016 : «Nous prions pour la réussite d’IBK»

jpg_une-2051.jpgDe la manière dont le peuple l’a adoubé, il doit travailler pour l’intérêt général. Je souhaite très sincèrement qu’il réussisse sa mission. Pour cela, il doit s’entourer de personnes intègres et dévouées à son image. Il doit surpasser les sentiments d’amitié et parentaux dans sa gestion. Tout ce que nous faisons maintenant, c’est de prier pour sa réussite.
La justice et l’éducation doivent être sa priorité. Tout le monde est convaincu que ces deux secteurs sont mauvais. Au-delà de ces deux secteurs, je n’ai pas d’autre recommandation à lui faire. Seulement, la gestion du pays ne se cantonne pas à ces secteurs. Sa propre clairvoyance et sa connaissance du pays le guidera vers les autres qui connaissent des problèmes. J’ai écouté longuement ses premiers propos après la confirmation de sa victoire : il n’a dit que la vérité.

S’il ne tenait qu’à moi, il aura droit à deux mandats. Comme il est d’abord élu pour cinq ans, nous allons l’observer pendant ce temps. Il prend les rênes du pays dans un contexte de crise profonde. Ce n’est pas aisé de trouver un remède à tous ces problèmes avant cette échéance. Nous, nous sommes des pauvres. L’accès aux produits de première nécessité, l’électricité et l’eau les préoccupations majeurs dans nos ménages.

Adama Traoré, enseignant (Bagadadji) : «Cinq années sont largement suffisantes pour remettre de l’ordre au Mali» jpg_une-2050.jpg

Je pense que l’accès à la nourriture conditionne la stabilité d’un pays. Pour moi, IBK doit s’atteler à gérer ce côté. Pour donner une dynamique plus rigoureuse à la production nationale, il doit mettre dans les conditions adéquates de travail les étudiants issus des écoles comme l’IPR/Isfra. Le chômage de ceux-ci est un gâchis. Ces types d’écoles doivent être développés ainsi que le secteur des mines. La gestion du secteur minier est opaque. Il faut qu’il révise ce secteur. Cela pourra constituer une porte de sortie pour les maliens.

Il doit aussi s’occuper de la reforme des forces de défense et de sécurité. On ne peut vivre perpétuellement dans l’insécurité ! Il faut une armée forte pour éviter des situations telle que celle que nous avons vue dans le nord du pays. Nous sommes conscients qu’il ne peut pas le faire tout seul. Tous les maliens devront l’aider dans sa tâche, c’est l’union qui fait la force. Je pense que les 5 années sont largement suffisantes pour remettre de l’ordre dans ce pays, à condition bien sûr que le président élu se fasse entourer de personnes crédibles.

Un taximan sous couvert d’anonymat : “On ne nous écoute pas”

Nous, les transporteurs souffrons des restrictions imposées par les forces de l’ordre. Vraiment nous en appelons au nouveau chef de l’Etat ; qu’il songe à mettre un terme à certaines tracasseries que nous subissons. On ne nous écoute pas. Que nous soyons en règle ou pas, nous sommes brimés. S’il est animé d’une réelle volonté, il dispose de toutes les solutions.

Konontio Dembélé, juriste (Sébéninkoro) : «De part son passé, il est valablement l’homme que le pays mérite»

jpg_une-2049.jpgMes attentes de la part du nouveau président est la restauration de l’autorité de l’Etat qui, il faut le dire, englobe beaucoup de volet. Il faut d’abord qu’il y ait la transparence dans la gestion des affaires publiques, et surtout que force revienne à la loi. Que chacun soit récompensé en fonction de ses compétences, ses mérites. C’est ce que j’attends très fermement du nouveau président de la République.

Pour le processus de développement, il faut que le président s’attèle à reformer l’école malienne. Les formations doivent être en adéquation avec les réalités du marché de l’emploi. Le problème n’est pas seulement de trouver un emploi pour les jeunes mais quelle sorte d’emploi ? Par exemple, je suis juriste de formation mais nous sommes des milliers à l’être. Est-ce que nous avons des tribunaux capables d’absorber tous ces juristes ? Je ne le pense pas. Mais s’il y avait d’autres écoles plus adaptées aux besoins, bon nombre d’entre nous allaient s’orienter vers ces filières au lieu de faire tous Droit, Géographie, Economie, etc. Le développement va avec la reforme du système éducatif.

Personnellement IBK est un homme auquel j’ai toujours eu confiance. A travers son récent discours, il m’a convaincu une fois de plus. Je suis croyant. Je crois à toute personne qui, dans ses désirs, dans ses opinions, invoque Dieu. De part son passé, il est valablement l’homme que le pays mérite. Les défis sont certes énorme mais avec la bonne volonté, et si les maliens acceptent de l’accompagner, je pense que bon nombre seront relevés.

Propos recueillis par Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 23 Août 2013