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L’année qui vient de s’écouler aura été celle des grandes difficultés pour les Maliens, à l’instar des peuples de plusieurs pays. C’est surtout vers le milieu de 2008 que la situation socio-économique s’est exacerbée au Mali comme ailleurs, voire à travers le monde entier.

A l’origine de cette situation quasi invivable résident la hausse vertigineuse du prix des denrées alimentaires et du pétrole. Dans certains pays, au-delà du continent africain, il y a eu des remous, notamment du côté des transporteurs ou propriétaires d’engins à quatre roues. Certains n’ont-ils par cherché des solutions alternatives à cette cherté? Le Mali ne fait pas exception à cela.


Un avertissement

Les efforts du gouvernement en termes de subventions des denrées alimentaires et du pétrole ont permis de rendre plus ou moins supportable la survie. L’initiative riz en a été pour beaucoup, même si tout le monde n’était pas d’avis qu’elle pourrait aider à faire supporter les prix, mais surtout à éviter la pénurie.

Au moment où elle était lancée, c’était la panique généralisée. Malgré les résultats éclatants de cette première expérience audacieuse dont on parle même au-delà des frontières du Mali, il y a lieu que les autorités maliennes s’organisent mieux courant 2009 pour affronter les difficultés multiples.

En effet, les problèmes ont toujours existé et en nombre, mais la hausse jamais égalée des prix des céréales à travers le monde est une situation qui a particulièrement préoccupé populations et autorités partout dans le monde. Cela est sans doute un avertissement pour tous que l’on ne doit plus voir les choses avec la facilité.


Que faut-il faire?

De ces constats, il urge que les efforts du gouvernement tendent vers une adaptation à l’évolution de la situation qui dépasse le strict cadre du Mali. En effet, il n’est pas question pour un pays comme le Mali de dire qu’il pourra se passer des aides multiples, à un moment où elles occupe une place prépondérante dans les fonds alloués aux investissements divers pour le développement socio-économique.

Cependant, on ne peut plus attendre ces aides multiformes ou s’en contenter, étant donné les réalités socio-économiques actuelles, selon lesquelles chaque pays a ses problèmes à gérer. Dès lors, la nature et les relations internationales nous imposent de repenser notre politique de développement pour y apporter les correctifs nécessaires.


Considérer l’évolution de la situation économique internationale

Ainsi, nous n’allons pas renoncer à tout ce que les autorités ont programmé comme actions de développement, mais au regard de l’évolution récente de la situation économique et financière à travers le monde entier, il y a lieu que les efforts tendent à mieux réorienter les projets et programmes pour répondre efficacement aux attentes des populations.

En effet, la manière dont les choses se présentent aujourd’hui explique en elle seule qu’il existe bien de facteurs exogènes qui contribuent à exacerber les difficultés socio-économiques. Toute chose qui démontre qu’une grande part des difficultés quotidienne ne se justifie pas par la mauvaise gestion des affaires publiques.


Par où commencer?

Mais naturellement, quand la survie devient difficile, les populations ne peuvent que se retourner vers ceux qui sont au pouvoir, qui ont pris l’engagement d’améliorer leurs conditions de vie et de travail. D’ores et déjà, toute la responsabilité leur incombe de mettre tout en oeuvre pour renverser cette tendance négative.

C’est en cela que les autorités du pays sont constamment interpellées au sujet des conditions de vie des populations. C’est donc par ces efforts renouvelés de création des conditions idoines de vie et de travail des populations, toutes sensibilités confondues que les attentions du président de la République et du gouvernement doivent être focalisées aujourd’hui.

C’est par là qu’il faudra commencer, ce qui signifie que le gouvernement devra être en train d’envisager des réajustements dans les réformes engagées pour optimiser les résultats attendus. La tache est ardue, dans la mesure où elle exige des investissements supplémentaires pour venir à bout de certaines préoccupations socio-économiques des populations.


L’arbre ne doit pas cacher la foret

L’Etat est une continuité, cela est irréfutable. Lorsqu’on part de cette considération, il est facile de comprendre que la gestion des affaires publiques elle aussi, n’est pas un fait isolé d’un pouvoir. Certes, chaque pouvoir apporte quelque chose de nouveau dans la gestion des affaires publiques.

L’héritage légué au pouvoir ATT, il faut le dire, n’est pas des plus reluisants. En effet, on y compte plusieurs dossiers brûlants qui sont relatifs aux questions d’intérêt national. Ainsi, pendant une décennie, le pouvoir Adéma n’a pu gérer de façon durable les questions relatives à la crise scolaire, à la pauvreté, à l’insécurité dans le nord du pays.

Les autorités de l’époque ont tout juste eu les moyens de calmer le jeu des rebelles pendant un moment. Ce qui explique qu’il fallait s’attendre à la reprise des hostilités les années qui devaient suivre la fin du second mandat d’Alpha.

Pour ce qui est de l’école, ses problèmes n’ont pu être résolus au point de mettre fin aux sorties intempestives de élèves et étudiants et aux grèves des enseignants.

Quant à la pauvreté, vers la fin du second mandat de l’Adéma, des voix très autorisées n’ont-elles pas averti que si l’on ne prenait garde, la pauvreté allait prendre des proportions exponentielles?

Tout cela laisse croire que dès le début, la tache n’était pas facile pour ATT dans la gestion du pouvoir, étant donné que les errements de l’administration publique ainsi que la corruption et la délinquance financière sont également des pratiques qui ont la vie dure au Mali. N’est-ce pas pourquoi vers la fin de son second mandat de gestion du pouvoir l’Adéma était devenu un parti très impopulaire?

Mais, nous sommes dans un contexte tel qu’il faut dépasser ces considérations pour exploiter au maximum les potentialités de développement du Mali qui sont inépuisables.


Le challenge pour 2009

Ainsi, le président Amadou Toumani Touré et le gouvernement Modibo Sidibé qui, malgré toutes ces contingences, auxquelles s’ajoute la situation de crise financière et économique du moment, ont pu maintenir les situations politique, et socio-économique à des niveaux bien appréciés par une frange importante de la société.

Ils peuvent bien aller au-delà des performances actuelles, en termes de résultats de l’action gouvernementale, en continuant à innover, sortir des sentiers battus de la gestion habituelle des affaires publiques au Mali pour proposer d’autres alternatives plus crédibles du genre initiative riz.

Là encore, ce n’est qu’un début et pendant le reste du mandat d’ATT, si le gouvernement s’y met véritablement, il peut, dans les années à venir, combler plusieurs autres attentes des populations.

L’espoir renaît en effet avec cette initiative qui doit être prise davantage au sérieux, revue pour apporter les correctifs nécessaires qui s’imposent en raison de la conjoncture économique et financière actuelle, mais aussi du retard accusé dans la mise en oeuvre de l’initiative riz pour sa première année.

En plus de cet aspect spécifique, des projets importants sont en voie de se concrétiser. Il s’agit notamment de la création prochaine d’une nouvelle cimenterie à Diamou. A cela s’ajoutent la deuxième sucrerie, puis la création d’une usine à partir de l’ancienne SEPT pour l’exploitation du phosphate de Tilemsi à Bourem.

Le président de la République, lors de son adresse à la nation, a énuméré toutes ces actions programmées qui permettront à coup sûr de donner une nouvelle impulsion au développement économique avec des créations d’emplois et de services ainsi que des impôts pour les caisses de l’Etat malien qui en ont particulièrement besoin aujourd’hui, plus que jamais.

En effet, les initiatives récentes en faveur du consommateur malien ont eu des incidences financières très importantes sur le budget de l’Etat. C’est ainsi que le pire pourra être évité.


Moussa SOW

08 Janvier 2009