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Après la révolution de mars 1991 le Mali est devenu un pays démocratique. Toute chose qui était tant attendue par la population qui en avait marre avec le régime du général Moussa Traoré. Mais, ce qui a été regrettable avec l’avènement de la démocratie, c’est le fait que les hommes politiques ont fait croire aux citoyens que tout était permis. Et depuis, les responsables élus ne peuvent prendre aucune mesure efficace pour le bonheur de la population, qui passe par la discipline et le respect de l’autorité légale. Pourquoi cette situation?

Cela s’explique essentiellement par le souci d’être réélu pour un autre mandat. C’est pourquoi depuis l’avènement de la démocratie on a assisté à un laisser-aller et laisser-faire à tous les niveaux.

LA BANALISATION DU POUVOIR?

A cet effet, il n’est pas rare d’entendre au sein de l’opinion publique nationale que le pouvoir est banalisé. Cependant, il est nécessaire de changer les comportements et les mentalités de la population malienne. Pour cela, il faut que les autorités compétentes prennent leurs responsabilités. Mais, ce qui est déplorable, c’est que tous les responsables qui se sont succédé ont géré le pays avec modération de peur d’être taxés de dictateurs, ou par crainte de ne pas être réélus.

Ainsi, il existe des délinquants de toutes sortes dont ceux qui ont détourné les fonds publics sans être punis. Si les responsables successifs ont été tolérants lors de leur premier mandat pour se donner la chance d’être réélus au second mandat, il est difficile pour ceux-ci d’appliquer la loi en toutes circonstances. Et lorsqu’un responsable essaye d’appliquer la loi pendant son second mandat, celui qui le succédera essayera de ménager la population pour avoir son second mandat.

POURQUOI VOULOIR UNE MEME CHOSE ET SON CONTRAIRE?

Ainsi, on peut dire que le pays se trouve dans un cercle vicieux. Autrement dit, même si ATT prend ses responsabilités au cours de son second mandat par rapport à la croisade contre la délinquance financière, celui qui lui succédera fera tout son possible pour avoir un second mandat. Il ménagera tant soit peu les situations et les hommes. C’est pourquoi on assiste à toute sortes d’impunités dans le pays.

Par exemple au temps du Général Moussa Traoré, il était interdit de cultiver dans la concession et cela pour le bonheur de toute la population, ceux qui ne respectaient pas cette disposition étaient interpellés par les autorités locales et verbalisés. Mais, avec l’avènement de la démocratie, les élus locaux, par peur de ne pas être réélus, laissent les citoyens agir dans l’impunité totale. Et les adversaires politiques profitent de toutes les occasions qui s’offrent à eux pour tenter de tenir l’image des élus qui veulent appliquer la loi.

Toute chose qui influe sur le développement des localités. C’est pour cela que certains citoyens demandent l’application stricte de la loi et le transfert des rapports des structures de contrôle à la justice. Toute chose qui est compréhensible mais, ce qui est déplorable, c’est que ces mêmes personnes trouveront à redire.

Certains iront jusqu’à faire allusion à des règlements de comptes politiques. On ne peut vouloir une chose et son contraire; il est nécessaire de choisir.

Tant qu’il ne s’opérera pas de changement d’attitude par rapport à ces questions, le développement de notre pays sera hypothéqué et en particulier par ceux-là mêmes qui donnent toujours de la voix.

Dado CAMARA

20 juin 2007.