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Propulsé à la tête de l’État du Mali par un coup de force, le jeune Capitaine Amadou Haya Sanogo (président du CNRDRE) est aujourd’hui sous le feu des projecteurs. Adoubé par certains, abhorré par d’autres, il doit savoir où mettre la main. Car, ils sont nombreux les vautours qui rodent autour de lui. S’il ne fait pas attention, ce serait la dérive.

Le Mali, malgré tout, est notre patrimoine commun. Sa gestion, depuis quelques années, était devenue chaotique. Rien ne bougeait. Finalement, ATT était un commandant aveugle qui n’attendait que son sort. Ce sort fut un putsch. Putsch certainement salutaire mais qu’aucun démocrate ne saurait gober. Le Mali ayant opté pour le pouvoir du peuple et par le peuple.

La situation de notre pays prêtait à confusion. Personne ne savait que faire. Alors, il n’était attendu que les élections pour nous sortir du gouffre. Dans cette position d’impasse et d’impuissance, de jeunes militaires s’emparent du pouvoir. Cette prise du pouvoir si elle divise les populations, elle semble synonyme d’espoir. Seulement, elle a été suivie par la destruction de la mémoire de l’Etat. Il s’agit des pillages effectués au niveau des différents départements ministériels, des directions et autres services publics et privés. Par qui ? Les militaires, s’il vous plaît ! Grave non pour la survie, pour le développement, le changement tant souhaité et prôné.

Qu’à cela ne tienne, après les interventions des organisations, les pourparlers en cours avec les acteurs, le jeune capitaine doit savoir faire preuve de patience. Il doit mettre l’intérêt de la Nation au-devant de ses ambitions. Surtout, au moment où nous mettions sous presse (hier jeudi 29 mars 2012 après midi), Kidal était sous une grande menace des rebelles. Donc, la priorité doit être donnée au recouvrement de l’intégrité territoriale.

Ensuite, avec les forces vives mettre en place rapidement un plan de sortie de crise. Mais, A.H.S. (Amadou Haya Sanogo), risque d’être asphyxié. Puisque les premiers hommes qui l’entourent aujourd’hui sont des vautours qui ne cherchent qu’à se légitimer, qu’à se remplir la poche. Alors, au rythme où vont les choses, s’il ne tend pas les oreilles, il va boxer dans le mur et il n’échappera pas également à un coup de force. Et le moindre mal serait de rendre le pays ingouvernable. Alors, attention à la dérive !

B. DABO


Bourse du travail: Pro et anti-putschs s’affrontent

Depuis la prise du pouvoir par la junte militaire, des partis politiques, des associations et organisations protestent. Ils demandent le retour à une vie constitutionnelle normale. D’où des regroupements presque quotidiens à la bourse du travail. C’est à la faveur d’une de ces rencontres qui regroupait de nombreux chefs de parti, des candidats à la présidentielle d’avril 2012 et de nombreuses personnalités d’associations et d’organisations, que des jeunes surgissent de toute part pour jeter des cailloux provoquant de nombreux blessés, brûlant des engins à deux roues et des véhicules.

Notre pays vit depuis une semaine dans une incertitude totale. A la suite du coup d’Etat ayant balayé Amadou Toumani Touré dont le pouvoir devait prendre fin le 8 juin prochain. Ce coup de force venu du camp de Kati oppose aujourd’hui les Maliens. D’un côté des partis politiques et associations qui soutiennent le coup de force ; et de l’autre, la plupart des plus grandes formations politiques, des associations ayant lutté pour la démocratie en 1991 ainsi que des organisations exigeant le retour à une vie constitutionnelle normale.

Le Mali étant presque divisé en deux blocs aujourd’hui, le 1er bloc c’est-à-dire les pros putschs s’étaient rassemblés hier à l’aéroport de Bamako Sénou afin d’empêcher l’arrivée des Chefs d’Etat de la CEDEAO. Tandis que les anti-putschs étaient à la bourse du travail avec un seul mot d’ordre, le retour à une vie constitutionnelle normale.

Si les premiers n’ont pas eu de problème, les seconds verront leur assemblée perturbée par de jeunes survoltés, surexcités qui vont les attaquer en blessant de nombreuses personnes, brûlant des motos et une voiture. Finalement, c’était le sauve-qui-peut. Avons-nous besoin de ça en cette période très critique ? La junte maîtrise-t-elle la situation ? Dans quelle disposition d’esprit se trouve-t-elle ?

Si nous n’avons pas les réponses appropriées à ces questions, la junte doit revoir sa copie. Sinon, le Mali va vers un KO total. Nous risquerons de plonger notre pays dans l’anarchie. Il faut que la junte appelle à la retenue, au respect mutuel pour éviter un bain de sang. Car, sans un véritable carnet de route, une assurance de sortie de crise, les anti-putschistes ne baisseront pas les bras. Mieux vaut prévenir que de guérir !

B. DABO

Le Zénith Balé du 30 Mars 2012