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En dépit des explications claires, fournies par le ministre de l’Economie et de l’Action humanitaire d’alors en réponse à une correspondance du Comité syndical de l’Opam, faisant état de détournement de l’aide humanitaire d’urgence en produits alimentaires, Abdoulaye Touré reste toujours au centre de ce qui ressemble bien à une cabale.

Ils sont nombreux les Maliens à se demander en ce moment pourquoi le Secrétaire général devrait répondre en lieu en place de son ministre, qui du reste, avait donné en son temps une réponse claire à la correspondance du Secrétaire du Comité syndical de l’Opam. Réponse que ceux qui en veulent au Secrétaire général du ministère en charge de l’action humanitaire ont voulue soigneusement passer sous silence pour des desseins qu’ils sont seuls à savoir.

En effet, dans une correspondance en date du 05 août 2013 dont ampliation a été faite au ministère de l’Economie et de l’Action humanitaire, le Comité syndical de l’Opam a dénoncé au Vérificateur général et au Contrôleur général des services publics ce qui semble selon elle être des sorties abusives de produits alimentaires. En réaction à la lettre du Comité syndical qui lui est parvenue le 6 août 2013, Mamadou Namory Traoré ministre en charge de l’économie et de l’Action humanitaire d’alors a, le même jour, saisi le Secrétaire général dudit syndicat à travers la correspondance n°00324/MEAH-SG, avec ampliations à la Présidence de la République, la Primature, le Végal, l’Assemblée nationale, la Direction générale de l’Opam, le Commissaire à la Sécurité alimentaire, la Centrale syndicale Untm, le ministère de l’Administration territoriale et le Contrôle général des services publics. Dans ladite lettre, Mamadou Namory Traoré donne une explication claire de la gestion des aides auxquelles il est fait allusion.

Ainsi, il attire d’abord l’attention du Comité syndical sur le fait que les livraisons de produits se font sur la base d’un programme de distribution en direction des régions d’accueil des déplacés et les régions du Nord dans le cadre du soutien alimentaire aux populations victimes de la crise restées sur place ou de retour. Cela se fait, rappelle-t-il, conformément aux instructions du responsable du département à travers un bon de livraison adressé à la direction générale de l’Opam dont les services assurent la manutention des produits alimentaires. Cette manutention étant bien entendue assurée dans le cadre d’une convention dans laquelle est prévue une rémunération des prestations de l’Opam à hauteur de 309 millions de Francs CFA sans compter l’entretien. Le ministre de l’Action humanitaire a par ailleurs précisé que les populations déplacées dans les différentes régions du Sud et celles du Nord dans les régions de Tombouctou, Gao, Kidal et Mopti restent les principales bénéficiaires de l’aide alimentaire sous la responsabilité des gouverneurs de régions et des autorités locales.

Pour mieux assurer la transparence dans les opérations, une comptabilité du mouvement des stocks est ainsi tenue par l’Opam qui adresse hebdomadairement la situation au ministère de l’économie et de l’Action humanitaire. Tout cela sous l’œil vigilant d’’un agent du département, désigné auprès de l’Opam à cet effet. Aussi, il ressort des explications du Ministre Traoré que, dans la perspective du retour des déplacés, au nombre de 100 mille selon nos sources, et pour faire face aux besoins urgents des populations surtout dans un contexte marqué par les inondations, des produits en vivres et non vivres sont en cours d’expédition dans les capitales régionales du Nord et dans les régions d’accueil y compris le district de Bamako. Toute chose que le Comité syndical de l’Opam a assimilé à des sorties abusives de produits. Mais, il nous revient de sources concordantes qu’il s’agit bien plus qu’une assimilation.

En effet, selon les mêmes sources, ceux qui dénoncent de supposés abus dans la gestion de l’aide humanitaire semblent avoir mal digéré le fait que Mamadou Namory Traoré, connu pour sa rigueur, ait mis fin à la pratique qui voudrait qu’une partie des produits alimentaires soit allouée à des agents directement ou indirectement impliqués dans la gestion ou la manutention, notamment ceux de son département. A la lumière de tous ce qui vient d’être dit, on comprend aisément que l’allusion faite au Secrétaire général du ministère de l’action humanitaire dans ce dossier en lieu et place de son ministre n’est ni plus ni moins qu’une volonté manifeste de nuire à sa personne. Or, de tels bruits, même s’ils ne reposent sur des bases fiables, nuisent à l’image de notre pays auprès de nos partenaires, au même moment où le Mali peine à mobiliser 15 milliards FCFA, rien que pour les besoins alimentaires des seules régions du Nord. Il importe de rappeler que notre pays ne dispose à ce jour que de 4ooo tonnes de maïs (don sud-africain) dans les magasins de l’Opam et des biens non vivres (matelas, nattes, assiettes, etc.) dans les magasins de Transrail. Toute chose qui reste bien dérisoire par rapport au besoin estimatif.

Bakary SOGODOGO

Le Prétoire du 12 Septembre 2013