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Silence, on trompe le peuple !

Trop, c’est trop ! Il y a deux ans que les camps de Kidal et Ménaka faisaient l’objet d’une attaque par des bandits armés, avec à sa tête Ibrahim Ag Fagaga, Ibrahim Ag Bahanga et Iyad Ag Agaly. Cet affrontement avait occasionné des pertes de vies humaines et de pillage des magasins de ces bases militaires.

C’était le 23 mai 2006. En son temps, le général président Amadou Toumani Touré, soucieux de sa réélection, a géré la crise avec laxisme.

Cette attaque avait eu lieu seulement 6 jours après la rencontre entre le président ATT et une délégation des insurgés, avec à sa tête Iyad Ag Agaly. Au sortir de cette rencontre, rendez-vous était pris dans 10 jours. A la grande surprise de toute une Nation, les Camps de Kidal et Ménaka furent attaqués le 23 mai 2006.

ATT qui était en tournée dans la région de Kayes avait laissé entendre : «Je n’écourterai pas mon voyage pour ça. Je suis en contact direct avec les autorités des différentes zones. A chaque instant, je m’informe par téléphone, afin de m’imprégner de l’évolution de la situation.» A son retour, le peuple malien s’attendait à une fin de tragédie. Mais hélas, …

Un 4 juillet 2006, un Accord en Alger

C’est à cette date que nous avons constaté que nos généraux n’ont pas la solution à ce problème. Ils sont bloqués. Un accord dit Accord d’Alger, que d’aucuns qualifient de honte, fut signé entre rebelles et autorités maliennes, par le général Kaougouna Koné, sous l’égide de l’Algérie, le médiateur de l’époque.

Cela n’a pu être une solution. On assiste à de multitudes attaques, sans compter aussi la multiplication des groupes de rebelles.
On ne pouvait imaginer cela dans un pays où le pouvoir est dans les mains des généraux.

Mais, il n’est pas surprenant, quand on sait qu’au Mali d’aujourd’hui, ces attaques et le vol du bien public font état de promotion. Le peuple malien souffre aujourd’hui de la naïveté de ses dirigeants.

Qui pouvait imaginez, à ce stade d’insécurité, perpétrée par ces hommes venus de divers horizons, qui voilent la conscience de toute une Nation, que Iyad Ag Agaly allait être nommé Conseiller au Consulat de Djedda par un fameux Conseil des ministres, présidé par le président Amadou Toumani Touré.

La diplomatie malienne a-t-elle besoin de rebelles ? Cette nomination ne fait que renforcer les capacités d’actions de bande de mauvaise volonté. Déjà Agaly a transformé Djedda en lieu de refuge de la rébellion du Nord.

On se rappelle que les premiers otages du Mali avaient été libérés jusqu’au Tchad, avec l’intervention de la Libye.

Au pays d’Idriss Déby, parce que, Ibrahim Ag Bahanga, n’ayant pas pu mettre ces éléments dans leurs droits, était obligé de fuir pour aller se réfugier chez Iyad Ag Agaly à Djedda. Avant de disparaître, il y a quelques semaines avec plus de 3 milliards du Guide Libyen, Mouammar Kaddafi. Une somme destinée à tous les bandits armés. Où était-il encore parti ?

Les Accords de Tripoli

Après la libération des otages au Tchad, voilà les autorités maliennes et les rebelles à Tripoli, la capitale Libyenne pour signer un cessez – le – feu.

Mais, une Nation entière est-elle comparable à une Fondation ? «Il faut se respecter pour qu’on te respecte», dit l’adage. Comment peut-on accepter de se mettre à table avec une Fondation, avec à sa tête le fils du président de ce pays pour gérer un problème aussi sérieux qu’une rébellion ?

Le mercredi 19 mars 2008, date de signature de ces accords, qui n’étaient autre que l’allègement du dispositif militaire dans la région de Kidal. Tant disque tout le regard était fixé sur Tripoli, les bandits armés se préparaient à attaquer Ansongo.

Le 3 mai dernier, un affrontement avait opposé ces rebelles aux militaires maliens entre Aguel-Hoc et Tessalit. Dans cette circonstance, un communiqué du ministre de la Défense et des Anciens Combattants avait annoncé un mort dans les rangs de l’armée malienne. Ce soldat n’était autre que Dramane Togo. La même source indiquait 9 morts, 18 blessés et 3 véhicules détruits du côté des assaillants.

Les événements auraient comme auteur, le groupe de Eglass Ag Ouffene qui n’était autre qu’un ancien agent de la Sécurité alimentaire du Mali et responsable administratif et financier du Programme Intégré de Développement Rural de la Région de Kidal (PIDRK).

Il y a un autre ancien de l’Administration malienne qui est aussi cité parmi les chefs de fils des bandits armés qui sèment la terreur. Il s’agit d’un ex-douanier déserteur.

Nous sommes au mardi 6 mai 2008, le réveil des militaires du camp de Diabaly fut brutal.

Il était environ 5 heures du matin ce jour, quand un groupe de bandits armés attaquaient le camp militaire de Diabaly à 65 Km de Niono dans la région de Ségou. Cette attaque a malheureusement coûté la vie à un soldat du côté de nos forces armées nationales, suite à des échanges de tirs.

Voilà encore le secrétaire du camp militaire de Diabaly, Boudour Lamine fut atteint et succomba plus tard.

Et encore à l’absence du chef de camp.

Les assaillants s’étaient emparés de plusieurs munitions et autres armements pour se diriger ensuite vers Nara sur la route principale de Léré. Il était exactement 7 heures moins dix minutes.

Deux véhicules Toyota des commerçants venus à la foire hebdomadaire de Dogofri, un village situé à 15 Km de Diabaly, avaient été enlevés.

Mercredi 21 mai 2008, au moment où tous les regards des Maliens sont braqués vers la marmite, voilà encore le rebelle Ibrahim Bahanga et son groupe réapparaissent tôt, réveillant ainsi les éléments du Camp d’Abeibara sous les coups de feu. Il était 5 heures du matin.

Le bilan de cette attaque est lourd. Dans un communiqué du ministère de la Défense, on nous parle de 10 morts et 6 blessés dans les rangs de l’armée, 17 morts et 25 blessés chez les assaillants. Côté rebelle, le bilan donné est fort différent. Plusieurs sources affirment que 4 combattants touaregs ont été tués mais que du côté de l’armée,

le bilan est beaucoup plus lourd. Certains parlent de 20 morts, d’autres de 30, certains de 40 soldats maliens tués dans la bataille, avec une cinquantaine de prisonniers militaires loyalistes et de l’armement. Pourquoi cache-t-on la réalité au peuple ?

Cette attaque intervenait au moment où le ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, Moctar Ouane transmettait un message d’ATT au président algérien, le médiateur du 4 juillet 2006.

Celui que les rebelles ont sollicité au profit de la Libye. Sans oublier la réception par ATT à Koulouba, des chefs tribus du grand Sahara pour réconcilier touareg et autorités maliennes. Encore une initiative du Guide de la révolution libyenne, Mouammar Kaddafi.

C’est logique que tout ce monde apparaisse, compte tenu des ressources naturelles que le Nord du Mali regorgerait.

A la fin de ces échanges des tirs à Abeibara, le porte-parole de l’Alliance des Touareg Nord-Mali pour le Changement, Hama Ag Sidi Ahmed, à travers un communiqué, a laissé entendre : «Pour sortir de la crise actuelle, nous souhaitons que les autorités centrales maliennes associent rapidement les partenaires techniques et financiers du Mali,

les représentants de la classe politique malienne et les médiateurs internationaux à une reprise de dialogue qui tient compte du contexte actuel et de l’élargissement du conflit aux autres régions du Nord-Mali».

Avant d’ajouter que : «La partie gouvernementale cherche à gagner du temps pour continuer à renforcer le dispositif militaire et distraire les bonnes volontés qui réclament le retour réel de la paix et le dialogue.»

On se rappelle qu’avant cet affrontement, le chef de la bande de assaillants, Ibrahim Ag Bahanga avait lancé un ultimatum d’un mois aux autorités maliennes pour l’ouverture d’une enquête sur l’assassinat du commandant touareg de l’armée malienne, Barka A Cheick.
Quel type de dialogue veulent-ils ces rebelles ?

Valent-t-ils mieux que les autres Maliens ? Pourquoi les autorités maliennes continuent à berner son peuple ? Peut-on continuer à gaspiller l’argent des contribuables des autres régions ?

Trop c’est trop ! Alors, le peuple souffre! Et il faut signaler qu’il est temps d’en finir avec ce phénomène de rébellion qui prend de plus en plus de l’ampleur.
Arrêter de nous tromper, de livrer nos militaires à la boucherie.

Y. COULIBALY

26 Mai 2008