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Dès la publication du verdict du Tribunal arbitral du sport (Tas) concernant l’affaire opposant la Fédération malienne de football à certains acteurs du sport roi, les deux parties accusent le ministre des Sports de ne pas prendre ses responsabilités. Selon nos investigations, le ministre ne peut avoir de position dans cette affaire. Il ne peut que jouer à l’apaisement.

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La crise entre les acteurs du football à trop duré. Depuis le début du mandat de l’inspecteur général de police, Boubacar B. Diarra, la sphère du sport roi est polluée. Deux camps se sont formés. Ils n’ont pu résoudre les différends à l’amiable et ont fait recours à la Fifa puis le Tas. Mais, la crise persiste toujours.
Depuis, beaucoup de maliens accusent le ministre des Sports, Housseini A. Guindo de ne pas prendre ses responsabilités vis-a-vis de cette situation. Les deux protagonistes, bien que maîtrisant tous les textes qui lient le département des Sports à la Femafoot, entretiennent ce jeux.
Or, selon les textes, le ministre ne peut intervenir qu’en tant que médiateur pour réconcilier les acteurs, aux pires, retirer la délégation de pouvoir à la Fédération. Une situation dont le pays pourrai payer le lourd tribu par une suspension de toutes les activités de la Caf et de la Fifa.

La Femafoot, une entité dont la gestion incombe seulement aux membres
Selon l’article 11 du décret n°98-215 P-RM du 2 juillet 1998, régissant les activités physiques et sportives, les fédérations sportives regroupent les associations sportives et les sociétés à objet sportif, économique à caractère sportif. Elles peuvent être unisport ou omnisports. Autrement dit, c’est un ensemble d’associations évoluant dans le cadre d’une même discipline sportive. Toutes ses fédérations sont régies par des statuts et règlement intérieur qui engagent leurs membres.
Le rapport entre la Femafoot, comme toutes autres fédérations sportives, et le département des Sports sont définis dans les articles 13 et 14 du décret ci-dessus cité.

L’échec de la médiation
Le rôle du ministre des Sports n’est pas de gérer ou d’administrer le football. Cette mission et cette responsabilité incombent à la fédération qui agit par délégation et suivant mandat de l’Etat. Dès lors, la vocation de l’Etat, n’est ni d’interférer, ni de s’immiscer.
C’est pourquoi, pendant les moments les plus sombres de cette crise, le ministre des Sports a initié des médiations en impliquant plusieurs personnes directement en rapport avec le football ou le sport.
Il s’agit du Pr Diouncounda Traoré, président de la transition, le président du Comité national olympique et sportif du Mali qui a mis en place un « pool de médiateurs », la presidente de la Cafo, celle de la Commission de la promotion de la femme, de l’enfant, de la jeunesse et des sports de l’Assemblée nationale, etc.
Toutes ces nombreuses médiations n’ont pu arriver à bout de la crise qui perdure au point de compromettre la participation du Mali aux compétions internationales.

Peur de ne pas causer la suspension du pays par la Fifa
Aujourd’hui, après ce léger rebondissement dans la crise, le ministre et toutes les autorités politiques sont toujours tenus à une neutralité. Mais au cas où elle perdurait encore, l’État peut être amené à prendre ses responsabilités sur la base des dispositions du décret n°98-215/P-RM du 02 juillet 1998 régissant les activités physiques et sportives, en son article 49 et celles de l’Arrêté n°98-1574/MS-SG du 28 septembre 1998 fixant les conditions d’attribution et de retrait de la délégation de pouvoirs aux délégations sportives. La prise de ces dispositions pourraient donc servir de preuve à la Fifa pour suspendre le pays. Il convient donc, que les acteurs (Femafoot et contestataires) se retrouvent pour éviter le pire au Mali qui est engagé à toutes les Can à venir.

Sory I. Konaté

26 Octobre 2016
©AFRIBONE