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Quel sera le prix de la lâcheté, de l’impuissance? Contre la perpétuité requise à l’encontre de deux anciens bourgmestres rwandais jugés en France pour génocide, la défense a plaidé mardi l’incertitude et le « doute raisonnable », dans un dossier vieux de 22 ans où les témoins se contredisent. Devant la cour d’assises de Paris, Me Françoise Mathe et Me Philippe Meilhac ont tenté de casser l’image de « bourreaux », à la fois « exécutants » et « superviseurs » du génocide dans leur village de Kabarondo. Tito Barahira, 65 ans, et Octavien Ngenzi, 58 ans, nient toute participation aux tueries dans leur commune rurale. « Un récit commun » : Ngenzi, bourgmestre, « parvient à gérer les problèmes par le dialogue, discute, semonce, dit-elle. C’est la bonne méthode, jusqu’au génocide ». Elle affirme que Ngenzi, dont l’autorité avait été amoindrie par le multipartisme (1991), a fait ce qu’il a pu « avec six policiers pour 35.000 habitants ». Les survivants, les tueurs condamnés puis libérés, « ont construit un récit commun qui leur permet de vivre ensemble ». Comme Philippe Meilhac l’avait fait, elle relève les problèmes de la chronologie dans ce dossier. L’accusation avait raillé la journée idyllique des accusés le 13 avril, Ngenzi restant tétanisé devant le bureau communal et Barahira allant couper de l’herbe pour ses veaux. La parole sera donnée mercredi matin une dernière fois aux accusés, le verdict est attendu dans la journée. AFP