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Le gaz est introuvable ou vendu au marché noir à des prix prohibitifs, le sucre et l’huile sont en proie à la spéculation. L’Etat assiste impuissant à la descente aux enfers des consommateurs.

Les opérateurs gaziers sont contraints à mettre la clé sous la porte contrairement à des informations selon lesquelles ils seraient en grève. La situation est telle qu’il n’y a plus de gaz sur le marché depuis quelques jours puisqu’il n’y a plus d’importation dans le secteur. Le peu qu’il existe est spéculé. La bouteille de 6 kg officiellement vendue à 1820 F CFA est cédée au marché noir entre 4000 à 7500 F CFA.

Oudiary Diawara, président des opérateurs gaziers que nous avons joint le lundi 3 janvier au téléphone est formel. “Nous ne sommes pas en grève, mais nous ne sommes plus en mesure d’acheter du gaz. L’Etat nous doit 2 milliards de F CFA d’arriérés au titre de 2010 et nous avons plus de points d’approvisionnements“, s’est-il plaint. Il a expliqué que les autorités ont été informées par eux de la forte spéculation sur le prix de ce combustible, mais que rien n’est fait contre les spéculateurs qui sont connus.

Selon lui, à cause de la situation en Côte d’Ivoire, leur principale source de ravitaillement, les cinq opérateurs de gaz dont une multinationale se sont rabattus sur le Sénégal, le Ghana et la Gambie. Mais ces pays refusent de leur faciliter la traversée de leur territoire, a-t-il fait constater. A ses dires, une de leurs citernes partie se ravitailler en Gambie est bloquée au Sénégal depuis deux semaines. Contre les principes de la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace Uémoa, la douane sénégalaise a exigé une autorisation du ministre d’Etat Karim Wade pour la traversée du territoire sénégalais.

Citerne bloquée

Le Ghana, qui reste l’un des rares corridors à exploiter, l’Office national des produits pétroliers (Onap), aux dires des opérateurs gaziers, a fixé le prix de la tonne subventionnée par l’Etat à 571 000 F CFA contre un prix fournisseur de 438 000 F CFA. Le nouveau tarif est jugé unilatéral par les commerçants du gaz qui disent attendre le paiement de leurs arriérés de 2010 dont l’ordre de paiement attend d’être exécuté par le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances chargé du Budget.

Le sucre connaît la même situation spéculative due à une mauvaise organisation du marché. Le kilogramme du sucre coûte entre 600 à 700 F CFA alors qu’il était vendu à 525 F CFA/kg il y a quelques semaines. Une poignée de commerçants décident à leur guise de la régulation des prix de cette denrée. Ils peuvent à tout moment créer une pénurie artificielle pour justifier d’une hausse des prix ou même procéder à une augmentation selon leur propre gré. Aucune autorité ne fait un rappel à l’ordre pour réguler le marché.

L’huile de ménage a également connu une hausse vertigineuse ces derniers temps. Principalement importé de la Côte d’Ivoire, le litre d’huile “Dinor“ a grimpé de 800 à 1100 F CFA. Pourtant son importation faite par trois opérateurs économiques de la place n’a jamais connu de rupture jusque-là.

C’est dire que l’eau est vraiment dans le gaz des ménagères au Mali.

Abdrahamane Dicko

05 Janvier 2011