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Plus de 60 élèves du contingent 2007 de la garde nationale viennent d’être radiés pour avoir déserté pendant plusieurs mois, peu après leur formation en 2007. La nouvelle est tombée la semaine dernière avec la brutalité d’une averse d’hivernage : une soixantaine d’élèves du contingent 2007 de la garde nationale ont été radiés. Cette décision de radiation a été prise par l’état-major de la garde nationale sur la base d’un constat de désertion.

Selon nos sources, ces éléments radiés, ont reçu la permission de 15 jours après leur formation pour rendre visite à leurs parents. Plus de deux mois après, ils ne sont pas retournés. Les mêmes sources indiquent que les éléments radiés sont du Nord, recrutés au compte de l’Alliance du 23-Mai pour le changement dans le cadre de l’application de l’Accord d’Alger.

Selon colonel d’aviation Abdoulaye Coulibaly, le directeur de l’information et des relations publiques des armées ( Dirpa), les éléments radiés sont essentiellement composés de Touaregs et quelques jeunes du Sud-Mali. « Les jeunes ont été radiés parce qu’ils ont déserté. Cette radiation permettra au ministère des Finances de couper leurs salaires. Auparavant, les agents disparaissaient pendant plusieurs mois et peu de temps après ils revenaient empocher leur salaire. L’armée n’acceptera plus cette pratique », ajoute le colonel Coulibaly.

La garde nationale aurait eu toutes les peines du monde pour encadrer les jeunes de l’Alliance du 23-Mai pour le changement. Selon nos sources, ils frappaient à sang leurs encadreurs qui ne pouvaient pas lever le petit doigt. Les instructeurs étaient contraints de ne plus leur imposer une exigence militaire (corvée, punition, manœuvrage, etc.)
Une mesure conforme à la loi.

Mais, la désertion de certains d’entre eux a été la dernière incartade que l’armée ne pouvait tolérer. Le directeur de la Dirpa soutient que cette radiation est conforme à la loi. « L’armée malienne ne fait rien qui est contraire à la loi internationale et à la loi du pays ».

En plus des missions militaires et de maintien d’ordre, la garde nationale est chargée de la sécurité des banques et des ambassades. Elle assure également la sécurité des ministres, des autorités administratives, législatives, municipales et judiciaires dans les coins et recoins du pays.

Compte tenu de ces rôles sécuritaires qu’elle joue, la garde nationale exige une certaine conduite ; à savoir : la discipline, la discrétion, l’engagement et la fermeté. Si des mauvais comportements de certains des jeunes engagés dans l’armée au compte de l’Alliance avaient été tolérés, c’est parce que le pays est à la recherche de la paix et d’unité nationale.

Mais la hiérarchie à la garde nationale n’entend plus s’en laisser conter. Depuis un certain temps, l’état-major a pris en main la situation et impose une discipline rigoureuse marquée par une application stricte du règlement. La montée des couleurs et le désherbage de tout le camp à Ntominorobougou, auxquels participent les hauts gradés ne sont que la partie visible du vent de renouveau qui souffle en direction des hommes du colonel Broulaye Koné.


Sidiki Doumbia

08 Septembre 2008