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«La situation nutritionnelle à Gao mérite une attention particulière.
Il faut agir maintenant pour ne pas laisser mourir des enfants…». C’est le cri d’alarme du coordonnateur de l’action humanitaire au Mali, David Gressly, qui vient d’effectuer une visite éclaire dans la cité des Askias.

jpg_une-1953.jpgEn visite à Gao le 23 juillet, David Gressly a tenu à prévenir la communauté internationale. La région fait face à des «taux de malnutrition aiguë», a-t-il indiqué. Il faut dire que le gouvernement malien à travers le ministère de la Santé, en partenariat avec l’UNICEF, a réalisé une enquête de nutrition et de mortalité. Première du genre depuis le début de la crise sécuritaire dans la région, cette étude révèle un «état nutritionnel alarmant» à Gao. La situation serait extrêmement difficile pour les populations les plus vulnérables, notamment les enfants de moins de 5 ans.

Cette enquête situe à 13,5 % la prévalence de la malnutrition aigüe globale au sein de la population, une proportion jugée «sérieuse» dans la classification de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). «La situation est d’autant plus préoccupante dans le district sanitaire de Bourem où le taux de malnutrition aiguë globale de 17 % dépasse le seuil d’urgence de 15 % fixé par l’OMS», indique le communiqué.

L’enquête menée en mai 2013 a coïncidé avec le début de la période de soudure, pendant laquelle plusieurs régions du pays connaissent des difficultés alimentaires. Il est évalué que dans les six prochains mois,
22 730 enfants seront à risque de malnutrition aiguë. «Il faut agir maintenant pour ne pas laisser mourir des enfants qui auraient pu être sauvés et pour prévenir de nouveaux cas» a déclaré M. David Gressly dans un communiqué cosigné avec Françoise Ackermans, représentante de l’UNICEF au Mali. «La vie de nombreux enfants est menacée. Ils ont besoin d’une assistance immédiate», a renchéri Mme Ackermans.

La saison pluviométrique, l’augmentation des cas de paludisme et l’impact négatif du conflit armé sur les moyens de production des populations sont des facteurs d’aggravation de la situation. Au Mali, plus de 108 000 enfants de moins de cinq ans ont déjà été admis en 2013 dans les unités de réhabilitation nutritionnelle grâce aux efforts du gouvernement, de l’UNICEF et des partenaires humanitaires.

L’enquête se poursuit dans le reste des régions du pays, y compris dans le sud. Ses résultats permettront d’évaluer les tendances réelles de la situation nutritionnelle. Mais d’ors et déjà, les fonds nécessaires à la réponse à ces besoins au niveau national s’élèveraient à 80 millions de dollars, constate les agences humanitaires.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 24 Juillet 2013