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Dans une semaine, le chef du MUJAO, Abdoul Hakim, se lancera à la chasse de la jeunesse de Gao sous le prétexte de la multiplication de militaires, de membres de Ganda Koï et de Ganda Izo dans la ville.

jpg_une-1171.jpgLe mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) se montre de plus en plus décidé à prendre les jeunes de Gao en otage ou à défaut, de faire fuir ceux qui ne sont pas avec le mouvement. Après de multiples déclarations sur les ondes de la radio de la ville, le chef du MUJAO, Abdoul Hakim, veut passer à la vitesse supérieure en exécutant tous les jeunes opposants. Cette fois-ci, le mouvement semble être au sérieux, du moins d’après le Conseil des sages de Gao pour la gestion de la crise. « Le samedi dernier, Abdoul Hakim a tenu une rencontre dans la Cité des Askia avec le Conseil des sages et les chefs de quartier de la ville.

L’ordre du jour a porté sur la présence de militaires et de membres de Ganda Koï et de Ganda Izo dans la ville… », rapporte notre source à Gao. En fait, l’objectif visait à prendre à témoin ce que le MUJAO a prévu entreprendre sous le prétexte de la présence dans la ville d’éléments de l’armée en mission. Par ailleurs, des groupes de jeunes qui ne font pas l’affaire des « fous de Dieu » envahissent aujourd’hui la ville. Alors, pour se débarrasser d’eux, le mouvement est en train de planifier une sorte de « chasse à l’homme ». « Lors de ladite rencontre, le chef guerrier Abdoul Hakim a lancé un ultimatum. Il a menacé de tuer tous ces militaires et membres de milices autodéfense présents dans la ville s’ils ne se dénoncent pas eux-mêmes d’ici la fin de cette semaine…», affirme notre source.

Toutefois, il est évident qu’à lui seul, le MUJAO ne peut pas différencier les populations de ces militaires et autres membres de milice d’autodéfense. Aussi, après l’affrontement entre le MUJAO et MNLA, c’est à un véritable règlement de compte, une stratégie d’élimination ou une chasse aux jeunes hostiles que les « fous de Dieu » projettent de se livrer. « Après la rencontre, le Conseil des sages de Gao a rencontré les jeunes patrouilleurs pour les alerter sur l’intention du chef du MUJAO. Ce Conseil des sages a conseillé les jeunes patrouilleurs de faire énormément attention au risque de se voir exécutés par les djihadistes envahisseurs de la ville… », précise notre source. Cet avertissement du Conseil des sages de Gao à l’endroit des jeunes patrouilleurs prouve que c’est une chasse programmée contre les jeunes mécontents de Gao car les islamistes ont été toujours à la recherche de voies et moyens pour se débarrasser de ceux qui les dérangent. Dans tous les cas, s’il y a des militaires ou des éléments d’autodéfense dans la ville de Gao, il est urgent que l’armée malienne le rappelle aux autorités maliennes pour qu’elles planifient des stratégies tendant à sauver la vie de ces jeunes.

Forum du cadre de concertation des jeunes : un échec

Malgré que ses organisateurs aient déclaré que le forum a été une réussite, des couacs enregistrés révèlent son échec. Selon notre source à Gao, le président du cadre de concertation des jeunes de Gao, initiateur dudit forum, a fait une intervention sur les ondes radio de la ville le samedi dernier. Le lendemain dudit forum, Salihou Ibrahim, président du cadre de concertation des jeunes, a déclaré que le forum a été une réussite malgré que d’autres groupes de jeunes se soient abstenus d’y participer.

Concernant les propositions et recommandations du forum, Salihou Ibrahim a laissé entendre qu’ils n’ont pas encore terminé avec les travaux, mais que dans les jours à venir, ces propositions et recommandations seront divulgués aux populations de la Cité des Askia. Pourtant, au terme dudit forum, il était prévu d’initier des propositions et recommandations pour une sortie de crise. Mais suite à l’échec de ladite rencontre, les organisateurs n’ont pas pu produire des propositions et recommandations. Ce qui n’est pas étonnant car on savait que le cadre de concertation des jeunes de Gao ne pouvait pas produire des propositions et recommandations pour une sortie de crise. Aussi étaient-ils obligés d’y sursoir. De toute façon, ils seront obligés de produire une synthèse imaginaire afin d’en envoyer des copies à Bamako et Ouagadougou.

Oumar Diakité

Le Combat du 20 Novembre 2012