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Dimanche soir, ce fut la panique à Gao, juste au moment de la rupture du jeûne : des rafales ont été entendues. Le secteur 3 du Château avait été cerné par les militaires : l’armée ratisse dans la ville de Gao.
La population, quant à elle, était livrée à la peur, à la hantise d’une attaque rebelle. Ou alors était-ce le Ganda Iso qui prenait la ville ?
Selon certains commentaires dans la ville de Gao, c’était le service de sécurité de la région de Gao, avec à sa tête le gouverneur qui prenait part à la partie de tirs.

Pour d’autres, il s’agissait d’une menace d’attaque qui visait les résidences du Directeur général de l’Agence du développement intégré du nord (ADIN), Aklinin et du président de la Chambre d’Agriculture de la région de Gao, Mohamed Ag Hatabo. Les troupes armées étaient des éléments du Ganda Koy (ou Ganda Iso), selon ces mêmes rumeurs issues de la panique.
Dans cette situation confuse, il y a eu des arrestations. Selon nos sources, on cite le nom de deux personnes qui auraient été arrêtées. Il s’agit d’Aliou Maïga, un ancien gendarme, originaire de Labbezanga (à la frontière Mali Niger) et un gardien de l’Eglise norvégienne à Gao dont nous n’avons pas pu avoir le nom.

Dans le secteur 3 du Château qui a été bouclé, des familles ont été perquisitionnées et pendant toute la nuit, l’armée a sillonné la ville de Gao, indiquent nos sources.

C’est dans la journée d’hier que la population s’est rendue compte que les coups de feu tirés ne provenaient nullement d’ailleurs, mais était le fait de l’armée elle- même qui tirait en l’air, indique une source à Gao. « Ils ont fait croire à l’éventualité d’une attaque pour procéder à des arrestations », nous précise-t-on.

Selon notre source, au moment des tirs, c’est-à-dire de la présumée attaque, le chef de l’opération militaire, le Colonel El Hadj Gamou était campé avec sa famille à la sortie de la ville vers le stade. Ce qui fait croire que l’éventualité de cette attaque n’était que simulation.
De l’avis de certains, à Gao cette opération militaire a créé une psychose et laisse la porte ouverte à des règlements de compte. Des sources précisent que la tête du chef de Ganda Iso Amadou Diallo est mise à prix.
Les activités ont repris hier dans la journée, mais dès 18 heures, les gens se terrent chez eux, donnant lieu à un couvre feu de fait. Quant au gouverneur Amadou Baba Touré, il a participé le 14 septembre, à Ouatagouna (à 80 km d’Ansongo sur la route du Niger), aux côtés du ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, Alhassane Ag Agatham, au lancement d’une activité de protection de l’Environnement.


B. Daou

16 septembre 2008