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Ce 26 juin 2012, la ville de Gao s’est réveillée avec une vive tension sociale. Des dizaines de jeunes ont voulu en découdre avec le mouvement islamiste Ansar dine suite à l’assassinat d’un directeur d’école de la ville. Ansar dine qui contrôle la ville depuis le 30 mars lutte pour l’instauration de la Charia au Mali.

«Ce matin les enfants sont sortis. Ceux de Djourabougou (un quartier de Gao), là où je suis, sont toujours dans la rue», a souligné une source anonyme dans la ville aux environs de 12 heures 30mn (GMT). Les manifestants équivalaient 200 personnes, a-t-il poursuivi. Un responsable d’Ansar dine a vainement essayé de canaliser les manifestants. Ensuite pour les dissuader, les islamistes ont tirés des coups de feu en l’air. «Ils ont utilisé toutes sortes de rafales» a poursuivi notre interlocuteur qui prétend qu’il y aurait eu deux morts. Au moment où nous mettons en ligne cet article, la situation reste confuse à Gao.

Idrissa Oumorou, directeur de l’école château second cycle et conseiller municipal de la ville, a été froidement abattu par deux jeunes aux environ de 22 heures dans la nuit du 25 au 26 juin. A priori, il s’agirait d’une œuvre de bandits qui lorgnaient la moto de la victime. Dans un souci de se désolidariser de cette agression, les combattants d’Ansar dine auraient engagé contre ces malfrats une course poursuite sans pour autant pouvoir les appréhendés. Mais la moto de la victime aurait été récupérée et auraient été mise à la disposition de la police islamique.

Malgré cette «bonne action», la population n’arrive pas à tolérer le mouvement islamiste qui est sous le feu des critiques depuis la prise de la ville. Ses représentants qui se sont rendus aux funérailles de la victime «ont également été copieusement insultés», a ajouté une seconde source qui est collègue de la victime.

Le 26 Juin 2012

© AFRIBONE