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Après Kidal et Tombouctou, la ville de Gao est finalement sous le joug du mouvement islamiste Ansar dine et ses alliés du Mouvement pour l’Unicité et Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) et d’Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) qui réclament l’instauration de la Charia en République du Mali. Hier 28 juin, des dizaines des blindés «lourdement armés» du mouvement d’Iyad Ag Ghaly ont prêté une main forte à ses alliés moudjahidines dans leur combat contre les indépendantistes du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA).

Un «sentiment de soulagement» mais pas d’adhésion aux ambitions des mouvements islamistes. C’est l’impression qui domine la population de Gao après l’expulsion du MNLA par le MUJAO à l’issue d’un violent affrontement qui a fait plusieurs dizaines de morts. Les islamistes se sont finalement rendu maîtres des trois régions du nord du pays. Ansar dine aurait été le catalyseur de l’affrontement du mercredi 27 juin entre le MUJAO et le MNLA à Gao. Cet affrontement, faut-il le rappeler, faisait suite à la répression sanglante d’une manifestation de populations qui protestaient contre l’assassinat d’un élu local.

Au sud, le gouvernement jubile et salue une «résistance exemplaire de la jeunesse malienne de Gao». C’est une «tragédie en cours dans le Nord» et «les auteurs des crimes dans cette partie du pays seront identifiés, poursuivis et punis conformément aux lois en vigueur», a-t-il indiqué dans un communiqué. «Avec un courage admirable, la jeunesse de Gao prouve ainsi son opposition à l’illégalité, à l’humiliation et à la violence gratuite», poursuit le communiqué. Pas un mot sur l’affrontement entre les groupes armés mais une indignation : «En ouvrant le feu sur des manifestants aux mains nues, les terroristes alliés aux narcotrafiquants révèlent leur vrai visage et signent leurs crimes».

«Au moins trente (30) BJ lourdement armés d’Ansar dine sont arrivés à Gao [jeudi] vers 11 heures pour soutenir les moudjahidines du MUJAO», rapporte un habitant de la ville. Ce renfort, selon des sources concordantes, serait parti de Tombouctou après avoir chassé, sans combat, le MNLA de la périphérie de la ville des 333 saints.

Il faut dire qu’à Gao, le haut commandement du mouvement indépendantiste qui a été ébranlé par la violence des combats a subi des pertes énormes : des morts parmi lesquels l’influent colonel Bouna, des arrestations et… des personnalités en fuite.

Seydou Coulibaly

Le 29 Juin 2012

© AFRIBONE