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Les Aigles du Mali ont fait respecter hier soir la hiérarchie du dernier classement Fifa : en éliminant les Panthères du Gabon aux tirs au but. L’adversaire des Aigles en demi-finale ce mercredi n’est autre que la Côte d’Ivoire… Mais le ballon est rond pour tout le monde.

Pour les troisièmes quarts de finale de la Can-2012, le Mali est venu à bout du Gabon dans l’épreuve des tirs au but, réussissant le carton plein alors que les Panthères ont raté un tir par leur star, Pierre Emeric Aubameyang.

jpg_can-19.jpgPourtant, ce sont les Gabonais qui annoncent les hostilités. La première vraie occasion est pour l’équipe hôte. A la réception d’un ballon dans le dos de la défense malienne, Aubameyang se retrouve en duel avec Soumbeyla Diakité.

Le feu follet gabonais ouvre son pied après un rebond pour tromper le gardien malien, mais son tir échoue sur le poteau. L’ouverture du score n’est pas loin (29e). L’engagement est de mise dans les premières minutes, notamment sur les ballons aériens. On sent des Aigles placés un cran plus haut sur le terrain.

Après deux minutes de temps additionnels, l’arbitre renvoie les deux équipes aux vestiaires. La plus belle occasion est à mettre à l’actif du Gabonais Aubameyang, qui trouve le poteau à la 29e minute.

Passe lobée de Maïga à destination de Samba Diakité. Au coude à coude avec Brou Apanga, le nouveau joueur des Queens Park Rangers parvient à frapper en déséquilibre mais le manque d’angle l’empêche de cadrer (50e).

Mené au score à la 55e, un tir de Mouloungui dévié dans ses propres filets par Seydou Kéita, le Mali réagit et se crée la plus belle occasion suite à une belle frappe de Modibo repoussée par Ovono. Il fallait attendre la 84e pour voir Cheick Tidiane Diabaté (rentré à la place de Samba Sow) remettre les pendules à l’heure. Un contrôle dans la défense, tir en pivot. C’est imparable.

A la fin du temps réglementaire, le résultat est d’un but partout malgré une nette domination du Mali qui s’est un moment cassé les dents devant le schéma tactique ultra-défensif proposé par Gernot Rohr.

A la reprise des prolongations, le match gagne en intensité et dès la 93e minute, Modibo est à deux doigts de donner l’avantage aux Aigles, mais son tir ricoche sur le pied d’un défenseur gabonais…

Quelques minutes plus tard, le match bascule (108e). Seydou en retard sur la ligne met la balle au-dessus. L’arbitre algérien siffle la fin de la rencontre et les deux équipes sont renvoyées aux tirs au but.

Un des anciens préparateurs du gardien du Mali, l’Allemand Lutz Pfannestiel a prédit avant le début de l’épreuve fatidique, que le Mali l’emportait grâce à son portier. Ce fut au finish une bonne prédiction.


CAN-2012 : Un samedi de trois buts à zéro

Samedi à Bata et à Malabo, la Zambie et la Côte d’Ivoire, larges vainqueurs du Soudan et de la Guinée équatoriale ont validé leurs tickets pour les demi-finales de la Can-2012.

La Zambie et la Côte d’Ivoire, en quarts de finale de la 28e édition de la Coupe d’Afrique des nations, n’ont pas fait de détail face à leurs adversaires respectifs : les Crocodiles du Nil et le Nzalang National. Ils ont été battus sur un score identique sévère de 3 buts à zéro. Les Chipopolos et les Eléphants de Côte d’Ivoire se sont donc qualifiés pour le carré d’as dont les rencontres sont prévues ce mercredi à Libreville et à Malabo.

Favoris n°1 de la compétition dès la fin des éliminatoires, Didier Drogba et ses coéquipiers ont fait d’une bouchée le pays coorganisateur de la Can-2012 sur ses propres installations à Malabo. En présence du président Teodoro Obiang Nguéma et tout un public acquis à la cause du Nzalang. L’attaquant de Chelsea, capitaine de la sélection ivoirienne, a fait parler la foudre au stade de Malabo en signant deux de belle facture.

Profitant d’une erreur du défenseur central équato-guinéen, il récupère la balle, résiste à une chute avant de crucifier le gardien. C’était à la 37e. Il venait de se racheter pour son penalty raté peu de temps avant suite à une charge des Equato-guinéen sur Zokora.

A la 70e, il réédite l’exploit, saute plus haut que les défenseurs adverses pour catapulter la balle au fond des filets d’une tête rageuse. Yaya Touré, l’autre vedette de la sélection managée par François Zahoui, s’est chargé de renvoyer l’équipe hôte à ses chères études. On était à la 82e sur un coup franc en pleine lucarne.

La Côte d’Ivoire était décidément trop forte. Avec une attaque qui crache le feu, un milieu en place et une défense hermétique (elle n’a pas encaissé un seul but depuis le début du tournoi), la Côte d’Ivoire démontre, match après match, qu’elle est déterminée à offrir ce trophée en guise de cadeau au processus de réconciliation engagée par le président Alassane Ouattara.

En première heure, la Zambie aussi s’est promenée devant le Soudan. Malgré la classe du gardien soudanais, Akram, Katongo et ses partenaires l’ont obligé à aller rechercher par trois fois le cuir dans ses filets. L’équipe des Crocodiles du Nil a néanmoins fait montre de qualité qui laisse croire qu’elle va grandir et imposer sa marque.

Potins

Bataille psychologique : victoire gabonaise

L’entraîneur national des Aigles, Alain Giresse, et ses joueurs à l’énoncé de leurs noms par le présentateur du stade de l’Amitié sino-gabonaise dimanche ont été hués. Même l’hymne national a été quelque peu rudoyé. A l’inverse, les joueurs gabonais et leur entraîneur, Gernot Rohr, ont eu droit à des ovations, des applaudissements à tout rompre. Avant le début de la rencontre, la victoire psychologique était du côté des Panthères. Malgré les efforts du présentateur, les Gabonais n’ont piffé les Maliens qu’à la fin de la rencontre.

Look : le blanc après le jaune

L’équipe malienne a arboré dimanche contre le Gabon un blanc qui lui donnait une autre allure à sa réception par les Panthères au stade de l’Amitié sino-gabonaise. Lors de leurs trois premières sorties en Can, les Aigles portaient des maillots jaunes avec plus ou moins de réussite. En blanc, ce 5 février, ils ont montré un autre visage. Plus combatifs qu’à l’accoutumée, ils ont aussi produit un jeu moins approximatif contre leurs hôtes. Les services étaient mieux assurés et quelques fois ils ont percuté en avant. Et si le blanc était la couleur fétiche des Aigles.

Supporters maliens : quel courage d’Indien !

Malgré un public tout acquis à la cause des Panthères, les supporters maliens n’ont pas baissé les bras. Ils n’ont pas du tout été ridicules, du tout. Au contraire, leurs tam-tams et autres instruments à vent ont souvent couvert les cris des supporters gabonais. Attachés à leur équipe nationale, ces hommes et femmes qui abandonnent leur famille et travail pour la cause nationale sont de vrais ambassadeurs du Mali dont ils ont hissé le drapeau partout où un team malien voyage. Ils méritent qu’on les salue. Car supporter n’est plus un passe-temps, c’est un métier à part. Avec ses joies, ses peines et ses… risques.

Sylvia Bongo : première Dame footballeuse

La Première dame du Gabon, Sylvia Bongo Ondimba, a été omniprésente à l’édition gabono-équatorienne de la Can. Tantôt engagée contre le Sida, à travers le ballon rond, tantôt au stade aux côtés de son époux arborant le n°9, elle a apporté une bien bonne dose féminine à la compétition. On ne sait pas si elle aime le football, mais à voir ses applaudissements, ses gestes techniques, on peut présumer qu’elle est une férue du ballon rond. Si toutes les premières Dames s’y mettent, il est certain que le football va rendre des services à l’humanité. Car, comme la musique adoucit les mœurs, il apaise les… tensions. Pour peu que les acteurs soient fair-play.

La Can des plus attractives

Les autres pays qui ont organisé précédemment la Can avaient nourri la même ferveur populaire pour l’événement. Mais selon le consultant sport de Canal+, Basile Boli, hormis les difficultés de Cabinda (Angola), qu’il ne faut pas oublier, il fait toujours très beau d’organiser une Coupe d’Afrique des nations (Can) où l’on voit plein de choses, beaucoup de couleurs qui donnent une identité au continent.

Prière pour le Mali

Le mouvement Ançar-Dine Gabon a organisé vendredi dernier près du Collège Bessieux de Libreville un grand prêche, dénommé Maouloud ou la naissance du prophète Muhammad (PSL). Plusieurs de nos confrères accrédités ainsi que d’autres ulémas ont pris part à l’événement et en ont profité pour prier pour le Mali qui traverse une passe difficile dans sa partie nord. La propagation de ce mal est redoutée par les Maliens du Gabon.

La Côte d’Ivoire basée au Gabon

Bien que jouant ses matches en Guinée équatoriale, l’équipe et la délégation ivoiriennes sont basées à Libreville depuis le début de la Can. L’on ignore si c’est un manque d’infrastructures hôtelières ou un choix délibéré qui explique cet état de chose. C’est qui est sûr, c’est que chaque matin ou chaque soir de match, les supporters ivoiriens à Libreville se rendent à l’aéroport pour congratuler Didier Drogba et ses coéquipiers.

Nord-Mali : Le message de Seydou Kéita au peuple

Juste après la rencontre Gabon-Mali, le milieu de terrain des Aigles Seydou Kéita, interrogé dans la zone mixte a accepté de se prononcer sur les événements survenus dernièrement au Nord-Mali.

« C’est important parce que c’était très difficile pour nous les joueurs et le peuple malien. Ce n’est pas normal cette situation. Le président fait le maximum et les gens qui sont au nord, comme ceux du Sud, de l’Ouest, de l’Est, on est tous des Maliens. Il n’y a pas de différence. Nous, on ne connaît pas de problème. On ne connaît que la paix. C’est pour cela que tout à l’heure j’ai voulu lancer ce message parce qu’on veut la paix. Que les gens qui sont au nord arrêtent de s’entretuer. Ce n’est pas normal. On veut que le président de la République continue de faire plus ».

Puisse-t-il être entendu !

Le rêve réalisé

Dimanche matin, des coups de fil en provenance de Bamako disaient que le Mali l’emporterait aux tirs au but. En réalité, ce sont deux Maliens qui n’ont pas beaucoup d’affinités avec le football qui avaient fait ce songe. L’un avait parlé d’un score de 0-0 avec la victoire du Mali aux tirs au but et l’autre avait « vu » un 1-1 avec la victoire des Aigles à l’issue de la séance de penalties. Ce qui a été le cas et n’enlève rien à la prédiction du premier, le résultat étant le même : la qualification du Mali aux demi-finales. Ce quart de finale Gabon-Mali était la deuxième opposition entre les deux pays depuis 1993 quand les Aigles, sous la houlette de Capi, avaient dominé à Moanda, l’Azingo National (ancienne appellation des Panthères) par 3 buts à 1.

Envoyés spéciaux Abdoul Madji Tiam, Boubacar Diakité, Harouna Traoré

06 Février 2012