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Les acteurs de la composante police de la Force conjointe du G5 Sahel (FC-G5S) et les Partenaires techniques et financiers de l’Organisation régionale sont réunis, depuis hier à Bamako, pour élaborer un projet de Plan d’action pour la mise en œuvre des recommandations de Niamey sur la judiciarisation du champ des opérations de la FC-G5S.

Organisée par le secrétariat exécutif du G5 Sahel, la rencontre bénéficie de l’accompagnement financier et technique de plusieurs partenaires dont Expertise France, à travers le projet d’appui à la Coordination régionale de la mise en œuvre de la composante police de la FC-G5 (CRPG5). Un projet financé par l’Union européenne (UE).

Spécifiquement, l’atelier vise à finaliser le projet de Directive de la composante police de la FC-G5S, afin de s’assurer de son adoption à la prochaine réunion du Comité de défense et de sécurité prévue du 22 au 26 novembre prochain à Ouagadougou au Burkina Faso. Ainsi, il s’agira pour les participants de porter la réflexion sur les 28 recommandations issues de l’atelier de Niamey afin de pallier les défis qui entravent le bon fonctionnement du mécanisme de judiciarisation.

La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée, hier, par le coordonnateur du G5 Sahel au Mali, Chérif Hamidou Ba, en présence du directeur général de la Police nationale, le contrôleur général Soulaïmane Traoré. C’était également en présence des représentants de l’UE, Dominique Chevalier et d’Expertise France, Stéphanie Delgado Martin.

Dans son intervention, le directeur général de la police nationale rappellera que le présent atelier intervient dans un contexte marqué par la recrudescence des attaques terroristes, des braquages, des enlèvements parmi les populations civiles dans les différents pays du G5 Sahel. À cet égard, selon le contrôleur général Soulaïmane Traoré, la poursuite du processus de judiciarisation du champ des opérations de la FC-G5 Sahel, conformément au plan de travail annuel 2021 de son secrétariat exécutif, issu des ateliers de Bamako et de Niamey, devient un impératif.

L’occasion était opportune pour le patron de la police malienne de souligner que l’aide déterminante de l’UE avec une enveloppe de 18 millions d’euro (soit 11,7 milliards de Frcfa), a permis de former, d’équiper et de réaliser des infrastructures au profit des unités d’investigations spécialisées dans chaque pays membres de l’Organisation.

« Grâce à cela, nous pouvons affirmer que la composante police a véritablement amorcé sa montée en puissance », s’est réjoui Soulaïmane Traoré. Dans son discours d’ouverture, le coordonnateur du G5 Sahel au Mali a indiqué que la mise en œuvre de ce Plan d’action doit contribuer à agir directement sur le niveau d’offre de sécurité, d’infrastructures économiques et sociales afin de renforcer la résilience des populations dans cette région qui constitue aujourd’hui l’épicentre de l’insécurité au Sahel.

Pour sa part, Stéphanie Delgado Martin s’est dite optimiste que ces trois jours de travaux permettront d’atteindre les résultats attendus et ainsi d’avancer d’un petit pas de plus dans l’opérationnalisation de la composante police à travers l’élaboration du Plan d’action. Mais aussi de faire avancer le projet de directive de cette composante de la FC-G5 Sahel.

À son tour, le représentant de l’UE a mis l’accent sur l’importance de la directive de la composante police, avant de souligner son caractère non contraignant pour les États du G5 Sahel. Selon Dominique Chevalier, cette directive reste «un guide, une ligne de conduite, susceptible d’évolution dans le temps en fonction de l’expérience qui pourra en être menée sur le terrain».


Aboubacar TRAORÉ

Source: ESSOR