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Le bureau du Parlement national des jeunes du Mali n’est pas toujours installé alors qu’il aurait dû l’être depuis longtemps. Face à l’argument de la crise scolaire qui retarderait les échéances de sélection des députés juniors, selon des responsables, la peur du « favoritisme » a déjà gagné des jeunes désireux de faire acte de candidature. L’histoire du Parlement des enfants se répétera-t-il à ce niveau aussi ?

A l’issue du sommet de Moncton en 1999, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’espace francophone ont décidé de la création de parlements francophones des jeunes. Le but est d’offrir aux jeunes « une tribune de concertation et d’échange à travers des débats ouverts et démocratiques entre les jeunes venant d’horizons divers » dans les différents pays.

Pour le cas spécifique du Mali, il est attendu du Parlement des jeunes « d’éveiller les jeunes aux valeurs de paix, de tolérance, de dialogue, de développement et de démocratie en leur inculquant le sens des responsabilités » sans oublier de promouvoir les intérêts des enfants.

Pour que tous ces vœux se concrétisent, il faut d’abord l’installation d’un bureau national du Parlement des jeunes dans les pays francophones. Et l’honneur a été fait à l’Assemblée nationale du Mali et celles du Niger et du Gabon d’expérimenter le Parlement de cette tranche d’âge.

Les critères de sélection stipulent que pour être député junior, il faut avoir entre 17 et 22 ans, être inscrit dans un établissement et être méritant, scolairement parlant. Le bureau devra comprendre 9 membres et quatre commissions permanentes.

Depuis quelques années, ces deux pays ont mis en place leurs bureaux, qui fonctionnent normalement, mais le nôtre tarde à voir le jour.

La performance scolaire étant l’un des principaux critères de sélection, le bureau ne pourrait être installé dans la mesure où les élèves du public n’ont jusqu’à présent pas fait d’évaluations, a-t-on appris. Le Parlement qui comprendra 55 députés juniors issus des 49 cercles et du district se veut représentatif de toutes les localités sans exclusion.

La peur du « népotisme »

Ce que des jeunes ne semblent pas comprendre, c’est que les représentants de certains cercles ont été déjà choisis. « Sur quelle base ont-ils été désignés ? Pourquoi n’ont-ils pas attendu Bamako pour procéder une bonne fois pour toutes au choix de tous les députés juniors » ? sont entre autres questions que des jeunes désireux d’y prendre part se demandent en attendant le cap de Bamako.

Comme lors du dernier renouvellement du bureau du Parlement des enfants en janvier 2008, où cinq ex-membres du bureau sortant, pourtant reconduits par leurs pairs, avaient été mis à la touche, beaucoup de jeunes gens disent craindre « une fois de plus, le triomphe du népotisme sur le mérite, car les critères de sélection ne dérogent pas à cette habitude au Mali ».

« J’ai un bon parcours scolaire avec de bonnes moyennes, mais de la façon dont je voie les choses se passer, je ne crois pas que ceux qui ne connaissent pas quelqu’un pourront se faire une place à l’ombre », regrette un jeune. Surtout qu’il y a des avantages prévus.

Par contre, des membres du Parlement des enfants, qui avaient suggéré une synergie entre les deux parlements pour favoriser « l’évolution et l’insertion » des ex-membres du Parlement des enfants, disent que leur « proposition a été vite exclue » alors que « l’idéal serait de préparer les membres du Parlement des enfants pour le Parlement des jeunes ».

Chargés de la sélection, la commission jeunesse de l’Assemblée nationale et les comités locaux de la sélection des députés juniors au niveau de chaque cercle et commune du Mali doivent faire diligence en convainquant les jeunes que les règles du jeu seront scrupuleusement respectées, sans distinction aucune.

Nos tentatives de joindre l’honorable Mamadou Oumar Diawara, président de la commission jeunesse de l’Assemblée nationale, sont demeurées infructueuses.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

14 Mai 2008