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Qui sera le futur premier ministre du gouvernement d’IBK ? Quels sont les critères qui doivent prévaloir ? Est-ce sur la base d’une présomption de compétence (diplômes) ou une compétence avérée (expérience politique et gestion administrative) ? Est-ce sur la base de l’appartenance politique (militantisme) ou d’une fidélité (ou proximité) au chef de l’Etat ? Les Maliens s’interrogent et observent, ces débats ne tarderont pas longtemps au delà du 4 septembre, date de l’investiture du Président.

Les turfistes sont à l’œuvre. Dans les grins, sur Facebook, dans les journaux…, les commentaires vont bon train sur le choix du futur premier ministre du Mali. Ils sont plus d’une dizaine à faire l’objet des paris les plus fous pour occuper la primature (Michel Sidibé, Soumeylou Boubeye Maiga, Abdoulaye Daffé, Madani Tall, Abdoulaye Idrissa Maïga, Tièman Hubert Coulibaly, Diango Cissoko, Tiénan Coulibaly, Oumar Tatam Ly…). Les éditorialistes les plus chevronnés essaient, aussi, de dresser un portrait-robot du futur chef du gouvernement.

Cependant, au Mali ce ne sont pas les cadres qui manquent. Sinon ceux qui sont pressentis à ce poste remplissent tous les conditions d’un premier ministre. Ou du moins ils ont le profil et le CV et ils ont tous eu à occuper ou occupent encore des postes de hautes responsabilités. Le problème ne se situerait donc pas à ce niveau. La difficulté reste le critère de probité et de patriotisme de nos intellectuels. En effet, la malhonnêteté, la confusion entre le savoir théorique et la pratique, l’incompétence dans la gestion de l’appareil d’Etat et surtout le manque de patriotisme expliquent tous les échecs des politiques gouvernementales au Mali.

Sous nos cieux, être chef du gouvernement consiste à jouir des privilèges et à appeler ses proches à la mangeoire. Le Mali a besoin, à l’heure actuelle, d’un premier ministre qui peut bien conduire efficacement l’action gouvernementale. Un meneur d’hommes capable de maintenir le cap, et surtout soucieux de justice et d’équité. Il doit être, aussi, capable de prendre des décisions à l’aune des difficultés et doté d’une capacité d’écoute, d’intégrer les avis des autres, sans tomber dans un consensualisme béat. Le futur premier ministre, en plus d’avoir de l’expérience, doit avoir un comportement exemplaire et être en mesure de faire face à la complexité des challenges qui l’attendent.

Etant un prorogatif du président de la République, beaucoup d’analystes pensent qu’IBK sera obligé de puiser dans l’alliance IBK 2013 pour le choix du futur premier ministre. Et pourtant le président élu s’est voulu très clair lors de sa récente déclaration. Selon lui, seul le mérite primera. Il ne serait point question de partage de gâteau. Donc il n’est pas à exclure que le président choisisse un chef de gouvernement qui n’est pas issue de la mouvance qui l’a porté au pouvoir. Le rôle du chef de gouvernement ayant été fixé par la Constitution, celui qui a conquis le pouvoir (IBK) devrait trouver, parmi les Maliens, le plus « apte» à l’accomplir. Espérons que le président de la République choisisse un homme rompu à la tâche pour faire face aux nombreux défis qui l’attendent.

Madiassa Kaba Diakité

Le Républicain du 28 Août 2013