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Suite à la déferlante qui secoue son parti depuis les dernières élections générales (présidentielle et législatives), El Hadj Ibrahim Boubacar ne saurait plus à quel saint se vouer. Pis, de plus en plus, l’homme donne des signes d’usure, au point qu’il ne se gêne plus pour dire une chose et son contraire, à la seconde près.

C’est du moins ce qui a été constaté ce samedi 24 Mai 2008, lors de la conférence du RPM, où Ladji Bourama a abordé la question des retrouvailles entre son parti et l’ADEMA.

Pourtant, ce qu’on peut lire dans ces propos d’IBK tenus dans les colonnes du confrère ” Info-Matin” démentent lesdites retrouvailles : “Même si nous ne devrions rester que cinq personnes, nous allons continuer à porter haut le flambeau du parti RPM.

Ces propos jurent de loin avec cette petite phrase lâchée par le même IBK face aux émissaires de l’ADEMA, conduits par la propre soeur de Dioncounda Traoré, il y a de cela quelques mois : “Si ça ne tenait qu’à moi (retrouvailles ADEMA-RPM s’entend), ç’aurait été chose faite...” Que s’est-il passé depuis, dans la tête du Mandémassa, pour qu’il ait une envie aussi débordée de s’accrocher à tout prix à ce parti en baisse d’estime qu’est le RPM ?

Toujours dans les colonnes du confrère “Info-Matin”, le Châtelain de Sébénikoro semble donner la réponse à cette question : “Sans aucune crainte, ni rancoeur, j’accepte, dans la dignité, le sort qui est aujourd’hui le mien...”, a-t-il vraiment le choix ?

Apparemment non, car le RPM part en lambeaux, autant que le Mandémassa lui-même n’a plus de grande assise politique.

Puisqu’il dit accepter son sort dans la dignité, doit-on le croire, alors qu’en 2003, quand il était encore président de l’Assemblée nationale, il a bien voté la Loi sur le Vérificateur Général, par “loyauté ” envers ATT, quand bien même il aurait pu ou du faire le contraire par “dignité ”?

Ainsi, le refus d’IBK de cautionner aujourd’hui d’éventuelles retrouvailles avec l’ADEMA doit-il être pris pour chose dite et pour toujours?

Le doute est permis, car il suffit que l’ADEMA lui garantisse son voeu le plus pieux de se voir investi candidat du parti de la Ruche à la présidentielle de 2012 pour qu’il retourne, avec armes et bagages, dans le landerneau dudit parti. Quitte à ce que certains de ses camarades Tisserands ne le sentent plus jamais.

L’obstacle, c’est que les adémistes ne sont pas prêts à lui faire une telle offre. Or, aux yeux d’IBK, revenir à l’ADEMA sans cette garantie serait synonyme de capitulation. En effet, ce serait donner la preuve que les innovateurs du parti de la Ruche avaient raison, en inventant la Convention nationale en 2002 pour lui barrer la route menant à Koulouba.

Pour IBK, c’est aussi reconnaître que, près de 7 ans après sa création, le RPM n’a presque plus sa raison politique d’être. Alors, on constate qu’en dépit de la grande dégringolade de son parti, qui passe de 44 députés, dans l’ancienne législature, à 11 dans la présente, le Mandémassa n’a d’autre choix “qu’accepter le sort qui est aujourd’hui le sien”.

Lancant des piques au régime ATT, IBK déclarait : “On peut fuir les problèmes, mais eux vous collent à la peau si vous n’avez pas de stratégie pour les combattre”. Aussi, sans le savoir, le Châtelain de Sébénikoro étale ainsi les vraies raisons de sa disette politique.

En effet, on peut tout autant lui rétorquer, à juste titre. “On peut fuir les problèmes, mais eux vous collent à la peau si , pour les combattre, vous n’avez d’autre stratégie que la victimisation”. Car, c’est ce qui est justement à la base de la perte de capital de sympathie politique qu’il avait accumulé auprès des Maliens.

Et c’est bien dommage que Mandémassa a encore du mal à se défaire de ces défauts qui, finalement, entraîneraient sa perte. Cela est d’autant plus pertinent qu’aux yeux des Maliens, le double langage politique est aussi périlleux que décrédibilisant.

C’est dire donc que l’adage est vrai qui dit : “ On ne doit pas avoir pitié de la bête qui demande qu’on lui fracasse la tête”. Les futures échéances électorales nous diront si le RPM va finir par faire son deuil, ou s’il pourra, par instinct de survie, résister à la tentative de fondre dans l’ADEMA, et pourquoi pas, dans un autre parti.


Adama S. DIALLO

27 Mai 2008