Partager

La fusion de l’Adéma-PASJ avec des partis politiques et associations fait couler beaucoup d’encre. En fait, qui gêne cette progression de l’ancien parti au pouvoir ?
En écoutant les griefs de certains militants du Mouvement Citoyen, l’on se rend compte des préoccupations des acteurs siégeant à Koulouba.

En somme, au lendemain de la fusion de la Ruche avec le RND, le PUDP, le PDCI et AMRE-ATT, les inquiets s’expriment ouvertement pour mettre un frein à ce qui est censé entraîner le retour de l’Adéma au pouvoir. Ce n’est pas pour rien que l’appel à la fusion de l’UDD a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de toutes les appréhensions.

Si l’UDD n’est pas prête à fusionner, aujourd’hui avec la Ruche, elle n’a pas nié d’avoir été saisie par lettre, à cet effet. Le vendredi 2 mai, au siège des Abeilles, une réunion s’était tenue pour cette fusion. Les réactions à ce projet de fusion prouvent à suffisance que l’enjeu était de taille.

L’UDD compte 3 députés élus sur liste Adéma à l’Assemblée nationale. Les stratèges politiques ont vite compris que la réelle progression d’un parti politique se fait à l’Assemblée nationale.

Des députés indépendants emboîtant le pas à la classe politique ont rejoint le groupe parlementaire Adéma. Que craint donc le pouvoir face à cette montrée en puissance de l’ancien parti au pouvoir à l’Hémicycle ? Tout simplement que les Abeilles finissent par engranger la majorité absolue.

S’il est vrai qu’avec une cinquantaine d’élus, le parti Africain pour la solidarité et la justice est encore loin d’une majorité absolue de 74 députés, il n’en demeure pas moins que l’augmentation du nombre des députés Adéma pourrait surprendre Koulouba et l’obliger à revoir la composition du gouvernement.

Un remaniement s’imposerait nécessairement avec la majorité qualifiée de l’Adéma-PASJ à l’Assemblée nationale, si toutefois la Ruche déposait, avec cette majorité, une motion de censure.

Nous n’en sommes pas là, mais les inquiétudes du pouvoir se sont suffisamment exprimées pour expliquer les raisons qui poussent certains acteurs à tirer la sonnette d’alarme. En fait, si des partis politiques dont les députés siègent à l’Assemblée décident de fusionner avec l’Adéma, ATT risque de retrouver son groupe hétéroclite de partisans coiffé par une majorité qualifiée.

Le président de la République a donc toutes les raisons, face à une marée des Abeilles, d’alerter tous ses partisans pour freiner ce qui pourrait mettre fin à son gouvernement, en sonnant le glas définitif du Mouvement Citoyen. Ce mouvement garde encore des ambitions au gouvernement. Il fait même des appels du pied au président de la République.

C’est la raison pour laquelle, après le projet de fusion avec l’UDD et la fusion de l’Adéma avec AMRE-ATT, Koulouba est entré en action pour faire miroiter des postes à ses partisans tentés de suivre les Abeilles. C’est dans l’intérêt des uns et des autres. Mais pas dans celui de l’Adéma-PASJ qui, curieusement, continue une progression tout à fait sereine.

Baba Dembélé

26 Juin 2008