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Sans doute que l’Adéma a le vent en poupe. Ce parti est en train de ratisser large pour mieux se positionner en 2012. L’abondance du miel dans la ruche attire les frelons tout comme la charogne attire les vautours.

L’offensive lancée ces derniers temps par Dioncounda Traoré commence à porter fruits. L’ogre Adéma vient ainsi de phagocyter plusieurs formations lilliputiennes dont les dirigeants désespéraient de voir le bout du tunnel. Avec ATT, ils espéraient faire la pluie et le beau temps. Mais l’illusion ne fut que de courte durée. Car, contrairement à ce qu’ils croient, ATT n’est pas la poule aux œufs d’or.

Ils doivent savoir que la plus belle fille au monde ne peut donner que ce qu’elle a. Déchus de leur piédestal, ils trouvent que la pilule est amère à avaler. Ils se retournent alors contre leur illustre bienfaiteur qu’ils accusent de tous les péchés d’Israël.

C’est vrai que l’ingratitude est dans la nature humaine. Et c’est bien pour cette raison qu’on dit qu’un ancien chef de village ne souhaite que plaie et bosse au village. Tels des desperados ils se jettent aveuglement dans la gueule du loup en hommes de peu de foi et de peu de conviction.

Ils ont si tôt brûlé leurs dieux qu’ils oublient d’où ils viennent, peu importe d’aller à l’aveuglette. Après tout, la recherche d’une place au soleil veut qu’on renie sa chapelle pour des gens pour la plupart sortis du néant. L’eldorado, croit-on, est au bout de l’aventure.

On ne se soucie même pas du pauvre militant qu’on a courtisé pendant tant d’années en lui jetant à la figure du thé, des pagnes et du sucre comme on jetterait un os à un chien. Il est tout simplement abandonné au milieu du guet. Côté changement de cap, on ne lui demande même pas son avis.

Tout se décide au sommet entre les pieds nickelés du parti. Les militants, déboussolés parce qu’il faut bien appeler la trahison de leurs chefs, ne savent plus où donner de la tête. Pendant tant d’années, ils ont suivi des pintades à la nuque tordu qui les ont entraînés dans un ravin.

Me Hassan Barry, le président de l’UDD, tranche nettement dans la grisaille des responsables politiques qui traitent les gens comme des cobayes. On l’a vu récemment refuser de sacrifier l’intérêt des militants de son parti sur l’autel de la boulimie de l’Adéma. Dioncounda était parti vite en besogne croyant avaler d’un trait le parti de la Colombe.

Mal lui en prit car pour Me Hassan Barry, l’UDD n’est pas à vendre. Ce faisant, il se montre un bon successeur de Moussa Balla Coulibaly qui n’aurait jamais accepté de brader son bien le plus précieux. Il faut dire que Hassan Barry fait preuve d’un courage politique exceptionnel. Par les temps qui courent, il est difficile de résister au charme des abeilles.

La meilleure preuve de ce courage est qu’il dénonce à longueur de journée le comportement incompréhensible des membres de l’ADP qui ont fui le bateau ATT pour ne soutenir le président que du bout des lèvres. Pourtant Me Hassan Barry ne bénéficie pas de faveurs particulières de la part du pouvoir.

Avec trois députés à Bagadadji, son parti ne figure même pas dans le gouvernement. C’est sous Alpha que l’UDD était aux anges pendant que l’avocat était ministre chargé des relations avec les institutions. Ce bout d’homme a son franc-parler duquel il ne se départit jamais.

Son aller ego, IBK le chef des tisserands, a lui aussi refusé de foncer tête baissée dans le tas.

Ces deux exemples suffisant à montrer clairement aux militants qu’il ne faut pas suivre n’importe quel aventurier sur la scène politique. Ce ne sont pas leurs intérêts qui priment, bien au contraire les politiciens cherchent d’abord à étancher leur soif inextinguible du pouvoir, des honneurs et de l’argent. Alors, ils vous viennent dans la peau de l’ange alors que derrière se cache la bête.

D’ailleurs au fil du temps, l’opinion commence à comprendre. Aussi même dans les hameaux les plus reculés, les gens s’écrient : «on ne nous aura plus avec des T-shirts, du thé, du sucre, des pagnes et du tam-tam». Une autre ère commence.

Mamadou Lamine Doumbia

07 Juillet 2008