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Des conférences animées par des spécialistes de haut niveau, une participation significative des milieux paysans et populations rurales le tout alimenté par des débats jugés très fécond selon le nombre et la qualité des participants au FSMP de Bamako.

A quelques heures de la fin de cet événement historique, votre journal a cru bon de savoir déjà en quoi cette rencontre de Bamako a été positive et surtout savoir ce qui va permettre de garantir ses résultats.

Certains participants du mouvement social africain et européen ont bien voulu donner leurs impressions. Au nombre de ceux-ci M. Olivier Bonfond, membre du Comité pour l’annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM).

Selon lui, ces résultats en tant qu’altermondialistes se calculent en termes non seulement de contacts mais aussi de synergies.

« Nous avons eu beaucoup de réunions informelles entre tous les mouvements sociaux. Et ça été un moment privilégié pour que toutes les organisations qui travaillent non seulement sur les questions de souveraineté alimentaire, de commerce équitable mais surtout sur la question centrale de la dette, puissent se rencontrer pour dégager entre elles les points communs qui leur permettront d’avancer dans une action commune« .

Tout en se disant impressionné par l’énergie qui s’est dégagée lors de ce forum, M. Olivier, toujours avec la même ferveur poursuit : « depuis qu’il existe il y a de cela 10 ans, le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde, sur le constat qu’on ne peut attendre grand chose du Nord, travaille à renforcer les mouvements sociaux du Sud afin de les amener à prendre conscience de la place de choix qu’ils doivent jouer non seulement dans l’amélioration de leur conditions de vie, mais aussi de leur émancipation sociale... »

Pour Madame Barry Aminata, présidente de la Coalition des Alternatives Dette et Développement, les objectifs de ce forum de Bamako étaient clairs.

Il s’agit, selon elle, non seulement de montrer la force du mouvement social mais également de se retrouver pour peaufiner les stratégies, faire le bilan et poursuivre l’action.

Et pour cela, note t-elle, des résultats sont déjà perceptibles. Il s’agit d’une part de la grande mobilisation perceptible au plan international (11 000 personnes inscrites au FSMP cette année).

L’autre résultat étant, selon elle, le fait d’avoir réussi à fixer le regard des décideurs au plan national, africain et mondial sur cette rencontre où les personnes directement affligées par les politiques neolibérales montent au créneau pour montrer leur exaspération.

Nous espérons que d’ici le nouveau rendez-vous de 2007 à Nairobi, la Banque Mondiale, le FMI et le G8 accepteront finalement de voir les choses en face et faire des propositions plus concrètes.

Adopter des résolutions est une chose et les rendre opérationnelles relève presque toujours d’une autre paire de manche. Se pose alors la question de garantie et de suivie des conclusions.

Sur le sujet, M. Olivier n’a aucun doute : « le succès, dira t-il, est déjà garanti car même s’il est vrai que certaines stars de l’altermondialisme sont déjà reparties pour Caracas où il doit se passer également certaines choses assez intéressantes qu’il va falloir mettre en connexion en terme d’alternatives et de remise en question du néolibéralisme, il y aura aussi beaucoup de choses que les africains pourront puiser et vice versa« .

Le succès de ces résultats, conclut-il, viendra de la capacité des mouvements sociaux d’Amérique Latine et de l’Afrique à aboutir à des conclusions similaires et à renforcer les synergies pour que la rencontre de 2007 soit très forte et très soutenue.

Avec, selon elle, l’annonce faite de renforcer, ici, à Bamako, le réseau de la société civile africaine, la présidente du CAD-Mali espère, là, sur une avancée majeure qui sera très utile pour la sauvegarde des résultats de Bamako.

Ce réseau qui sera le plus fort permettra également de mettre sur la sellette un puissant front africain, a-t-elle en outre indiqué.

Oumar Diamoye

23 janvier 2006.