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Des inscriptions irrégulières, des quittances douteuses, des frais d’inscription ne correspondant pas au statut de certains étudiants. Tels sont, entre autres, les nombreuses irrégularités détectées à la FSJP par le Recteur de l’Université du Mali. A ce jour, il est impossible de savoir le nombre d’étudiants de cette Faculté, caractérisée par un désordre total.

jpg_Sans_titre-1-29.jpgAu sein de l’Université du Mali, la gestion de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP) crée plus de difficultés que celle de toutes les autres Facultés et grandes écoles. Chaque année, les cours démarrent tardivement à la FSJP communément appelée la «poubelle» et ses résultats sont toujours contestés parce que non crédibles en raison de l’organisation douteuse des examens et surtout de la complicité active qui existe entre les professeurs et les étudiants.

Chaque année, c’est la même Faculté qui crée des difficultés à l’Etat à travers soit les syndicalistes, soit les étudiants. A la FSJP, le nombre d’étudiants n’a jamais été connu et l’inscription se fait dans un désordre indescriptible. N’importe qui peut s’inscrire dans n’importe quelle classe. C’est en réalité le constat auquel le Recteur de l’Université du Mali, Mme Siby Ginette Bellegarde est parvenu.

C’est pourquoi, elle n’a pas manqué d’interpeller le doyen de cette faculté pour lui fournir des explications sur cette dérive.

En effet, un mois après la clôture des inscriptions à la FSJP (31 août 2008) les données nécessaires à la production des cartes individuelles des étudiants inscrits n’ont pas été transmises au Rectorat.

Cette administration, chargée de la gestion de l’Université, a dû commettre un huissier pour récupérer les fiches des inscrits et s’adonner au travail. Le résultat est sans appel, car de très nombreuses irrégularités ont été relevées sur les dossiers d’inscriptions. D’abord, il y a des centaines d’étudiants proposés au redoublement sur décisions rectorales mais qui se sont inscrits en classe supérieure : 99 en 4ème année, 253 en 2ème année…

Le pire, c’est que les quittances jointes à certains dossiers ne semblent pas correspondre aux quittances remises par l’Agent Comptable Principal. De plus, les frais d’inscription perçus ne concordent pas avec le statut de certains étudiants et ils sont nombreux dans cette situation. Dernière irrégularité : sur la liste des étudiants proposés à l’exclusion par la FSJP, 51 d’entre eux, des bacheliers de 2006, devaient plutôt redoubler leur classe de première année.

Voilà les incohérences et les nombreuses irrégularités dans lesquelles fonctionne la FSJP. Cette Faculté est le symbole du désordre, voire de l’anarchie que connaît l’école malienne dans tous ses compartiments.

La corruption, les notes sexuellement transmissibles et autres perversions sont monnaie courante au sein de cette Faculté, chargée de former les grands commis de l’Etat y compris les magistrats, avocats, notaires etc. S’il n’y a pas d’ordre au sein de la FSJP qui accueille du reste le plus grand nombre d’étudiants, l’Université du Mali demeurera toujours le théâtre de l’indiscipline et de la médiocrité.

A suivre.

Chahana TAKIOU

12 Décembre 2008