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A quelques deux semaines de la célébration de l’anniversaire de la révolte des travailleurs de l’Usine McCormick Harvester (Chicago – USA) du 1er Mai 1886, date retenue depuis lors comme la fête internationale du travail dans le monde entier, l’Union Nationale des Travailleurs du Mali vient de remettre sur la table du gouvernement des revendications en 17 points.

Au cours d’un point de presse tenu hier à la bourse du travail de Bamako pour informer l’opinion nationale et internationale sur les points des négociations entre la Centrale Syndicale (l’UNTM), le gouvernement et le Patronat, le secrétaire général de la centrale, Siaka Diakité, a fait savoir que depuis octobre 2005, sa centrale avait d’abord déposé un premier protocole de 14 points sur la table du gouvernement, protocole qui fut après augmenté de trois autres points.

De ce jour à aujourd’hui, dira-t-il, et malgré le fait qu’il ait tiré sur la sonnette d’alarme en décembre 2005 et le 1er mai 2006, aucun des dix sept points contenus dans leur plate-forme revendicative n’a été satisfait. C’est ce non respect de leur cahier de charges et surtout les manoeuvres dilatoires du gouvernement qui provoquent aujourd’hui la colère de Siaka Diakité. D’ailleurs, au cours du point de presse, il dira qu’il ne se laissera pas faire avant d’ajouter : « nous allons user de toutes nos prérogatives pour faire aboutir nos revendications« .

Il soutiendra en outre qu’après l’échec des négociations au ministère de la Réforme de l’Etat et des Relations avec les Institutions, l’arbitrage du Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga n’a rien apporté à la situation. Aucune avancée concrète n’a été enregistrée car, selon lui, le Premier Ministre n’a fait que s’enquérir de l’état des doléances dans le cahier de charge.

Parlant des moyens de lutte qu’ils comptent mettre en oeuvre pour faire aboutir leur cahier de doléances, le secrétaire général de l’UNTM, Siaka Diakité, dira : « nous pouvons déclencher la grève avant ou après l’élection présidentielle. Nous allons pour cela nous battre sans reculer et notre action ne sera associée à quoi que ce soit« .

De telles menaces provenant de la part du secrétaire général de la toute puissante centrale syndicale du pays surtout en cette période électorale prouve s’il en est encore besoin que le temps de la trêve sociale est révolue.

En effet, depuis quelques temps, le front social est entré en pleine ébullition. On assiste de plus en plus à des revendications catégorielles suivies de partout par des préavis de grève. Pour le moment, le gouvernement se révèle incapable d’honorer ses engagements ou même de trouver des mots qui puissent un tant soit peu éteindre le feu qui couve de partout.

Birama Fall et Hadama B. Fofana


Revendications de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (U.N.T.M.)

1. Faire avancer les fonctionnaires qui, à la veille de leur départ à la retraite ont bénéficié au moins de la notation «Bon» ;

2. Faire payer les arriérés de salaires, les indemnités de licenciement, les fonds de réinsertion et les droits des travailleurs des Sociétés Entreprises d’Etat ;

3. Faire baisser les tarifs d’eau, d’électricité, de téléphone, des produits pharmaceutiques et des hydrocarbures ;

4. Faire amener les prix des produits de première nécessité à un seuil compatible avec les revenus des consommateurs ;

5. Relecture du décret instituant le service minimum en cas de grève ;

6. Faire diligenter la relecture des conventions collectives ;

7. Faire publier le bilan de la privatisation (SMECMA, ITEMA-sa, UMPP, SMPC…) ;

8. Faire renforcer le mandat des responsables syndicaux en les protégeant contre certains abus. Cas vécus : Transrail, Graphic Industrie, Somapil, Missélini… ;

9. Revoir la contractualisation des emplois dans la Fonction Publique d’Etat et réexaminer l’équilibre des grilles par catégorie (cas : Douanes, Education, Santé, Equipement, Transports etc.) ;

10. Diminuer l’Impôt sur les Traitements et les Salaires (ITS) ;

11. Augmenter le taux des allocations familiales ;

12. Octroyer une indemnité de départ à la retraite à tous les travailleurs du secteur public, privé et para-public ;

13. Diligenter le processus de privatisation de la SOTELMA, et l’application du Plan Stratégique de Relance de l’ONP adopté par le Gouvernement le 04 Janvier 2006 ;

14. Faire diligenter la réinstauration du fonds minier ;

15. Renforcer et étendre la protection sociale à l’ensemble des travailleurs ;

16. Revoir les politiques d’ajustement structurel en vue de leur adaptation réelle aux besoins du pays ;

17. Revoir les conditions de privatisation à la CMDT.

17 avril 2007.