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Quand nous avons décidé de soutenir la candidature du général, on nous a ouvert toutes les portes ; lorsque nous avons décidé de soutenir l’Accord d’Alger, nous étions des princes”, lançait sèchement Abidina Karembé. Ce jeune homme, propulsé à la tête des jeunes volontaires à la suite d’une crise, joue bien son rôle de président de la Commission qui parle désormais au nom des 1625 volontaires de l’APEJ (Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes).

Il parlait ainsi lors d’une conférence de presse, mardi dernier (29 juillet 2008). A ses côtés, les autres membres de la Commission, la mine serrée, en voulaient aussi au gouvernement . Pour cause, “jusqu’à présent nous n’avons enregistré aucun recrutement parmi les jeunes volontaires de l’APEJ”, a déploré Lamine N’Diaye, un autre volontaire et membre de la Commission.

Depuis une assemblée générale tenue le 21 juin 2008, les jeunes volontaires de l’APEJ dont le contrat a été renouvelé trois fois ne sont plus en bons termes avec les autorités. Ils estiment que ces dernières doivent renouveler une fois de plus leurs contrats ou les insérer dans la fonction publique.

C’est l’Etat qui ne respecte pas ses engagements. Ils nous ont promis que nous ne serons jamais à la rue après la fin de nos contrats. Ce jour-là, nous avons beaucoup applaudi, mais aujourd’hui nous sommes à la maison après nos contrats”, a déclaré Moussa Guindo, un autre volontaire en fin de contrat.

Les jeunes volontaires se disent menacés par les forces de l’ordre de plus en plus. “Nous tenions nos assemblées générales au Carrefour des jeunes que nous avons finalement abandonné à cause des forces de l’ordre.

Nous avons passé un certain temps à l’AMAP. Là aussi, les forces de l’ordre nous ont interdit de tenir nos assemblées. Maintenant, nous avons décidé de tenir nos assemblées générales tous les samedis à la Bourse du travail”, a expliqué Souleymane Dembelé.

Les anciens jeunes volontaires affirment qu’ils ont déposé des demandes d’audiences restées sans suite. Après un sit-in empêché par les forces de l’ordre, il ont cherché à voir le Premier Ministre Modibo Sidibé en vain.

De même, ils n’ont pas pu rencontrer le ministre de l’emploi et de la formation professionnelle, Ibrahima N’Diaye, depuis la fin de leurs contrats. Ils ont usé d’un stratagème pour rencontrer ATT dans une mosquée de vendredi. Ils ont expliqué au chef de l’Etat leurs problèmes, mais cela n’a servi à rien.

Pourtant, ATT raconte à tout propos que l’emploi est placé aux coeur des priorités de son Programme de développement économique et social (PDES). Il prévoit ainsi 50 000 emplois, à l’horizon 2012 dont 8 000 recrutement dans les services publics en 2008.

Soumaïla T Diarra

30 Juillet 2008