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Nous ne sommes pas des casseurs, nous ne prenons pas des armes parce que nous n’en avons pas. Nous demandons simplement que les textes en vigueur soient appliqués. Bahanga et sa bande qui ont pris les armes et qui sont traités de bandits armés négocient avec le gouvernement alors que nous adressons aux autorités des lettres sans suite et que nous demandons des audiences qui nous sont refusées”. C’est par ces mots d’indignation que M. Amadou Kéita, président de l’Association des travailleurs compressés du Mali, a introduit, hier, l’entretien qu’il nous a accordé à la Bourse du travail. Il était entouré du secrétaire général, Ousmane Berthé et de quelques membres de l’ATCM.

Le dossier de l’ATCM traîne en longueur. Ses militants attendaient, hier, à la Bourse du travail que le secrétaire général de l’UNTM, Siaka Diakité leur fasse le compte-rendu de son entretien tenu mardi dernier avec le ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle, Me Abdoul Wahab Berthé.

D’après nos sources, ils ne s’attendaient pas, outre mesure, à une avancée notable de leur dossier. “A chaque réunion, a dit Amadou Kéita, on ment à l’UNTM et de bonne foi, la centrale nous répercute de fausses informations. C’est d’ailleurs pourquoi l’UNTM nous a déclaré qu’elle était très déçue”. Il a fait savoir qu’ils ne s’attendent qu’à ce que la loi soit appliquée. Pour justifier des lenteurs inexpliquées, il a cité l’article 211 du code du travail qui mentionne l’exécution provisoire.

Cette exécution, dès qu’elle est accordée par le juge, doit se faire, nonobstant toute voie de recours, ce qui n’a pas été fait”, a-t-il ajouté. Il a, aussi, cité le code de procédure civile, commerciale et sociale dont l’article 615 indique que le pourvoi n’est pas suspensif en matière sociale. Ce qui veut dire que même si l’arrêt de la cour d’appel est frappé de pourvoi, a-t-il ajouté, on doit l’exécuter.

L’Etat, a-t-il affirmé, doit mettre en œuvre les différents points du protocole d’accord signé avec l’UNTM et le patronat. Ensuite, a-t-il souligné, il y a le communiqué du conseil des ministres du 17 janvier 2007 qui précise que l’Etat allait payer 552 millions et que le reste serait traité en accord et dans l’intérêt des deux parties, ce qui, selon lui n’a pas été exécuté. Il a soutenu qu’une commission mise en place a élaboré un premier rapport d’état. Le Premier ministre de l’époque, Ousmane Issoufi Maïga, l’avait rejeté en indiquant qu’il voulait un rapport définitif.

Le rapport final a été rédigé et transmis le 23 septembre. Ce rapport, a-t-il fait observer, a été introduit par communication écrite par le ministère des Domaines de l’Etat et le conseil des ministres l’avait adopté le 17 janvier 2007. “Ce qui nous a surpris, a souligné M. Kéita, c’est que dans un Etat qui se dit de droit, une décision prise en conseil des ministres présidé par le président de la République soit piétinée par le directeur général du budget, M. Abdoulaye Touré en accord avec le ministre des Finances, Abou Bakar Traoré.
Pourtant, le ministre des Finances avait la faculté de refuser la communication écrite s’il y avait des observations à faire et ces observations devaient être portées à la commission puisque M. Abdoulaye Touré est membre de la commission. Or, ils avaient reconnu que les dossiers étaient bons. C’est après que le dossier fuit adopté en conseil des ministres qu’ils ont dit qu’il y a double emploi, qu’il y a ceci, cela .C’est une incompétence notoire. Ils doivent être révoqués
”.

Il a précisé que le directeur général du budget évoque des raisons de conformité et de certification qui, selon lui, ont été respectées. M. Amadou Kéita a laissé entendre qu’ATT a été élu conformément aux décisions des magistrats. Et pour qu’il n’y ait pas deux poids deux mesures, il faudrait que les magistrats fassent appliquer les décisions de justice. Il a par ailleurs lancé un avertissement à l’Etat en signalant que les bailleurs de fonds risquent de ne pas investir dans un pays où les décisions d’un Chef d’Etat sont foulées aux pieds par un directeur général de budget.

Baba Dembélé

03 avril 2008.