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En réaction à la répression par la police du sit-in du 9 juillet à la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS), la coordination de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) a appelé à une marche de protestation ce lundi 15 juillet 2013.

Il semble y avoir mésentente entre le gouvernement et l’association des élèves et étudiants du Mali. La cause, l’organisation estudiantine la révèle dans le tract distribué le long de l’itinéraire de la marche. Papier dans lequel l’AEEM dépeint la situation des universités du Mali depuis 2009, où se succèdent années blanches et grèves « illimitées » et « chroniques », analysant que le système éducatif avait « fini par tomber malade ». Et de conclure : « la qualité de notre formation est déplorable, notre niveau scolaire baisse de jour en jour ; nos espoirs sombrent ! Alors trop, c’est trop !»

Voir la photocopie du tract ci-dessous.

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«Nous en avons mare. Ça suffit maintenant». «Nous, on veut étudier», autant de slogans figurant sur les pancartes brandies par les étudiants lors de la manifestation tandis que les syndicats d’enseignants entament ce lundi leur deuxième semaine d’une grève illimitée. Sur d’autres pancartes arborées par les jeunes, on pouvait lire : «Non à la violence policière», «Libérez nos camarades». Rappelant ainsi la répression à laquelle avait donné lieu leur précédente manifestation du 9 juillet à la faculté de médecine avec pour bilan 37 blessés dont 7 graves. Lors de cette marche, les protestataires ont dénoncé «l’incompétence du gouvernement» à faire face à cette crise scolaire et universitaire, de même qu’un «aveuglement des parents d’élèves face au sort de leurs enfants».

jpg_une-1924.jpgLe ton de ce mouvement d’humeur avait été donné par les étudiants de la Fmpos lors de leur sit-in avec le même mot d’ordre : le retour des enseignants dans les classes. L’altercation, soldée par des échanges de tirs de gaz lacrymogènes et de jets de pierres, avait donné lieu à l’arrestation de plusieurs dizaines d’étudiants. Si beaucoup ont été relâchés depuis, une douzaine d’entre eux demeurent toujours en garde-à- vue. Leur libération est donc fortement réclamée par leurs camarades de l’Aeem.

«Nous revendiquons seulement notre droit aux études», explique un étudiant, traînant sa moto le long du parcours, depuis le campus universitaire de la colline de Badalabougou jusqu’à la primature où une délégation restreinte a été reçue par les services du premier ministre.
Les quelques quatre cents marcheurs ont emprunté le pont Fadh, monopolisant ainsi une voie le temps de leur bruyante traversée, scandant leurs slogans.

Notons toutefois que cette manifestation, encadrée par un dispositif impressionnant de policiers et de gardes, au nombre presque aussi important que celui des manifestants, s’est déroulé sans incident.

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Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 15 Juillet 2013