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La cherté de la vie, le faible pouvoir d’achat, la crise de l’école et celle du Nord sont entre autres réalités vécues par les populations aujourd’hui. Les organisations de la société civile malienne médusée, malgré le cri de cœur de certaines d’entre elles, assistent impuissantes à la situation sans réagir. L’Etat a décapité ces organisations dont la plupart des leaders sont devenus des opportunistes ou prébendiers assoiffés par le gain facile.

La situation économique du pays est à la croisée des chemins. L’immobilisme est au rendez-vous dans tous les secteurs. Le ministère de l’économie semble dépassé par la situation qui prévôt. On ne peut plus parler de la liberté de prix mais de l’anarchie dans la fixation des prix surtout des denrées dont les populations ne peuvent s’en passer. Tous les matins que Dieu fait, les marchés changent leur prix et au détriment des populations.

Nombreuses sont ces familles qui ont commencé à s’éclater ou à se désagréger. Pendant les nuits, les gargotes, les bords des goudrons ne désemplissent jamais. Rares sont les membres des familles qui se regroupent désormais autour du plat commun. «Chacun pour soi, Dieu pour tous…» dira l’autre.

Quand les denrées de première nécessité ne sont plus abordables, on s’en remet à ceux-là qu’on a sous la main. A vrai dire, le peuple malien a aujourd’hui faim. Devant cette situation déconcertante, les organisations de la société civile sont à genoux. L’UNTM, par son secrétaire général, a toujours pris l’habitude d’adoucir les cœurs et les esprits par des menaces de grèves. Le gouvernement, pour sa part, a toujours joué aux prolongations face aux revendications sociales.

Les organisations de la société civile ont mis sous le paillasson leur rôle de groupes de pression et de revendication. Il ne s’agit nullement de faire de la violence ou de semer le désordre, mais d’indiquer des voies de sortie, de proposer des alternatives au gouvernement, contraindre les opérateurs économiques à respecter les engagements. Partout où les organisations ont tenté de se constituer sainement, le ministère de l’Administration territoriale a mis les pions de l’Etat.

Par exemple, le congrès qui devrait asseoir et regrouper les organisations religieuses a été pris en otage par ceux-là qui sont en connivence avec l’Etat. Ils ont violé allègrement les statuts de l’organisation pour se maintenir à la tête. Malgré les dénonciations par certains qui ont estimé qu’il y a eu violation flagrante des statuts et règlements de l’organisation religieuse musulmane, les autorités y sont restées de marbre.

La situation a été conçue et menée d’une main de maître par le représentant de l’Etat (administration territoriale). Il s’agissait pour l’Etat de casser toutes les velléités revendicatives et contrôler une organisation censée représenter une frange importante de la société civile. Après l’organisation religieuse musulmane, ce fut le tour du Conseil national de la société civile.

Le CNSC a pour objectif de regrouper toutes les organisations de la société civile et être un partenaire crédible face à l’Etat. Mais hélas on a assisté imparablement à une prise en otage de ce Conseil par des associations qui ne sont que l’ombre d’elles-mêmes au profit d’organisations crédibles, plus représentatives.

Le jeu était fait d’avance par une campagne orchestrée et menée d’une main de maître par des associations de griots. Le représentant de l’UNTM a bien compris que ce Conseil national de la société civile a été politisé et n’a pas hésité à claquer la porte. Les hommes et les femmes qui composent ce CNSC sont connus.

Beaucoup d’entre eux ont prêté main-forte à l’Etat lors de revendications de certaines couches sociales. Au nom de la société civile, ces hommes et ces femmes ont toujours anéanti la marche revendicative des groupes socio-économiques. Ils sont entretenus par le pouvoir.

Partout, où il y a grincements de dents, ils sont les premiers à prêter leurs services. Ils sont devenus des appuis très sûrs pour le pouvoir où le service rendu est monnayé au détriment de l’intérêt du peuple.

Fakara Faïnké

02 Avril 2008.