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Depuis le mardi 17 novembre, les surveillants de prison du Mali sont en grève. Prévue pour quatre jours, elle se poursuit au niveau des 60 prisons du pays jusqu’à ce vendredi 20 novembre 2020. L’évènement fait suite à l’échec des négociations qui étaient en cours entre la corporation syndicale et la partie gouvernementale.

Quatre jours durant, pas de visite de famille des détenus, ni de sortie ou d’accueil de quiconque au niveau des prisons du Mali. « Il n’y a aucune visite durant ces quatre jours de grève. Dans chacune de ces prisons, ce ne sera pas possible de recevoir d’autres détenus, même s’ils sont envoyés par mandat des procureurs ou des juges d’instruction. De cette même manière, aucun détenu ne sera aussi libéré durant ce moment de grève du personnel », explique le lieutenant Daouda Konaté, secrétaire général de la section syndicale des surveillants de prison.

Outre cela, le personnel ne reçoit aucun document provenant des services, et le personnel est tenu de ne pas non plus envoyer de document à un autre service, a-t-il expliqué. À entendre le jeune syndicaliste, les négociations censées ramener la partie syndicale au calme ont confiné à l’échec. D’ailleurs, le syndicaliste Daouda juge désolante la manière à laquelle ces négociations ont eu lieu le lundi dernier. « Nous nous sommes entretenus avec la partie gouvernementale le lundi. ces négociations ont  été un véritable problème. Le département ministériel de la Justice nous a montré qu’aucune disposition n’avait été prise nous concernant. Je trouve ça insultant », a-t-il confié. Puis d’ajouter : « Ils nous ont envoyé des membres de commission de réconciliation qui ne maitrisaient pas le sujet, et ne savaient pas non plus ce qu’on disait. C’était des conciliateurs qui n’étaient pas à la hauteur, et nous n’avons pas eu d’accord avec eux ». Autrement, poursuit-il, les négociations ont simplement été un échec.

Pourtant, dit-il, depuis le 17 août dernier, le préavis de cette grève avait été déposé sur la table du gouvernement d’Ibrahim Boubacar Keita. « Mais compte tenu de la chute du régime et la situation du pays, ajoute le syndicaliste, nous avions décidé de suspendre le mot d’ordre de grève ».

Suite à la mise en place de ce gouvernement de transition, le syndicat des surveillants de prison a repris son combat en déposant ledit préavis de grève sur la table du ministère du Travail et de la Fonction publique, le 2 novembre 2020.

Rappelons que les syndicalistes réclament l’application de l’article 148 et 149 de la loi N°2016-031 du 7 juillet 2016 portant statut des fonctionnaires du cadre de la surveillance des services pénitentiaires et de l’éducation surveillée ; et la relecture du décret 2019-0463/P-RM du 3 juillet 2019 portant allocation d’une indemnité de logement aux fonctionnaires du cadre de la surveillance des services pénitentiaires et de l’éducation surveillée ce pour l’aligner au montant des autres forces de sécurité. D’après la même source syndicale, le montant octroyé par l’État aux autres corps comme indemnité de logement commence de 50.000 F à 100.000. Alors que les surveillants de prison ne touchent que 35.000 F au maximum. Telle est l’une des causes de cette grève qui peut prendre d’autres dimensions plus importantes encore. « Si ces quatre jours de grève ne suffissent pas, nous envisageons de mener d’autres actions plus fortes encore. Nous ne demandons pas à ce qu’on bénéficie plus d’avantages que les autres, mais demandons à ce que nous soyons traités aux mêmes pieds d’égalité que les autres corps de sécurité », maintient le lieutenant Daouda Konaté.

Mamadou Diarra  

Source: Le Pays