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A Bamako, ils sont nombreux dans le commerce de fripes. Fripes, secondes mains ou les casses, elles sont prisées par les populations, à cause du coût. Cependant, n’y a-t-il aucun risque sanitaire ?

Dans les rues, au bord des goudrons, ils sont nombreux à proposer différents accessoires relevant de la friperie où comme le dénomment certains, les secondes mains. Dans la plupart des cas, ces objets ont ainsi une seconde vie, sont vendus dans toutes les conditions.

Cependant, l’hygiène se fait désirer. Venant d’Italie, d’Espagne ou d’autres pays européens, ils sont déjà utilisés par des personnes dont on ignore tout. Dans le milieu de la friperie ou du marché de la casse, les prix sont le plus souvent abordables.

Au marché de Lafiabougou, M. Bouna Bah vend des matelas casses. « Chaque client a son matelas en fonction de sa bourse », dit-il. Les prix sont fonction de la largeur et de l’épaisseur. « Nos matelas sont désinfectés une fois sur place. Pour cela, nous utilisons un produit qui sert particulièrement à désinfecter les marchandises venant d’ailleurs ».

Cependant, au même marché, une vendeuse de draps seconde main, affirme ne disposer d’aucun désinfectant. « Les draps que nous récupérons sont trop nombreux pour être tous désinfectés ».

La friperie est pour beaucoup une alternative, car moins chère. Aux marchés, les clients ont chacun leurs stratégies. « Quand j’achète mes habits à la friperie, je les désinfecte à l’eau de javel » souligne Aboubacar Konaté, client.

Bien qu’elle soit prisée, certains spécialistes sont réticents. Pour docteur Charles, spécialiste en maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital du Mali, « l’utilisation de la friperie peut nous transmettre des maladies infectieuses. En dehors de cela, elle peut être source de maladie comme la gale et bien d’autres ».

De son côté Dr. Chata Traoré, dermatologue, ajoute que « les femmes sont très souvent victimes de maladies allergiques ainsi que des infections du fait du port des sous-vêtements achetés à la friperie ».

La vente de la friperie profite à beaucoup. Cependant, certaines mesures doivent être adoptées pour plus de protection. Pour le Dr. Charles, « après l’achat, il faut les laisser des heures dans l’eau chaude savonnée, les laver soigneusement, les mettre au soleil et les repasser afin de supprimer les microbes qui peuvent exister ».

Ces secondes mains à qui une nouvelle vie est accordée sont beaucoup prisées par les populations. En ce temps de Covid-19 et bien d’autres maladies, la prudence doit être de mise.

A. M. C.

Source: Mali Tribune