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Le scrutin communal qui a vécu sur l’ensemble du territoire national le 26 avril dernier, a été l’expression de la grande fraude eu égard à la contestation qui s’en est suivie dans beaucoup de communes (la commune rurale de Kalabancoro, la Commune I du District, la commune rurale de Moribabougou…)

Si le suffrage universel constitue une expression de la démocratie, cependant, un mauvais scrutin engendre des frustrations et au-delà des conflits post-électoraux. L’expérience de certains pays nous édifie davantage (Kenya, Côte d’Ivoire, Zimbabwé…).

Pour le cas de notre pays, les uns et les autres trouvent un terrain d’entente pour gérer les effets des tripatrouillages électoraux, à cause de la culture de paix qui existe chez nous depuis des temps séculaires. Mais cette situation sera-t-elle continuelle ?

S’agissant des élections de proximité qui se sont déroulées dans les 703 communes, des irrégularités graves ont entaché, par endroit, ce scrutin. La suite de ces manquements fut la demande d’annulation des résultats dans beaucoup de communes respectives. La justice malienne va-t-elle sévir en donnant raison aux plaignants ou rejeter les plaintes pour ainsi cautionner la fraude électorale ?

Le cas de la commune I

Au lendemain du scrutin communal en Commune I du District de Bamako, les partis politiques et indépendants ayant participé à l’élection qui contestent les résultats sont, entre autres, le parti SADI, l’Alliance MIRIA-URP, le CNID, le MCC-Yèrèko-ARC, le PSR, l’UFD, l’Alliance US RDA-FCD-REDD-PIDS, le PCR, le PARENA, Faso-Jigi, l’ADIC-DEMETON. En vue de mener de façon efficiente leur combat, ils se sont regroupés au sein d’un collectif dénommé “Collectif de partis politiques et d’associations”.

Dans leur déclaration de constatation, ils écrivent : “Nous, signataires de la présente lettre, avons l’honneur de porter à votre connaissance que les élections municipales du 26 avril 2009 dans la circonscription électorale de la Commune I du District de Bamako se sont déroulées dans les conditions très irrégulières. C’est pourquoi, regroupés au sein d’un collectif des partis politiques, mouvements et associations, victimes de la fraude électorale en Commune I, nous ne nous reconnaissons pas dans les résultats publiés le mardi 28 avril 2009 par le Gouverneur du District de Bamako.

En effet, nos représentants dans la commission de centralisation des résultats chargée de faire le décompte des voix nous ont rapporté des faits très graves qui nous font dire que les résultats publiés ne sont pas crédibles, sincères et faibles.


Parmi ces faits, nous vous citons quelques-uns :

– Sur les 367 enveloppes contenant les résultats des 367 bureaux de vote, 225 sont sans cachet (un procès-verbal) d’huissier en a fait le constat sur place) :

– Le tripatouillage informatique des chiffres afin d’obtenir des chiffres concordants entre le nombre de suffrages exprimés et le nombre de votants, ce qui a engendré plus de 3000 bulletins nuls irréels.

– La différence entre les résultats portés sur les feuilles de dépouillement et les procès-verbaux. Convaincus que les irrégularités ainsi signalées et dûment constatées par acte d’huissier sont de nature à empêcher la libre expression de la volonté des populations de la Commune I, nous signataires de la présente lettre ouverte réaffirment notre foi en la démocratie et confiance au gouvernement pour prendre dans les meilleurs délais des mesures exigées par les constances”.

A Kalabancoro

Dans la commune rurale de Kalabancoro, ce sont 18 partis politiques et indépendants regroupés au sein d’un collectif qui mènent la contestation. Pour informer l’opinion nationale et internationale sur les graves irrégularités qui ont entaché le scrutin dans cette commune, ils ont tenu une conférence de presse le samedi dernier au siège de la sous-section URD de Kalabancoro. Ce collectif est composé de l’ANC, de l’US RDA, de SADI, du CNU, de la FCD, du PER, de l’URD, du PIDS, de la CODEM, du MPLUS/RAMATA, de l’UDD, de l’UMP, du PARENA, de Siguyida Yiriwa, Kalabancoro, …

Le collectif, dans la recherche de la vérité, a introduit une plainte argumentée (Pour les irrégularités cf notre édition du lundi dernier) au niveau du tribunal administratif. Les différentes contestations démontrent que les résultats du scrutin du 26 avril sont loin d’être définitifs dans certaines communes à cause de la fraude.

Mamoutou DIALLO

13 Mai 2009