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Selon un ancien haut cadre du Ministère de l’Administration territoriale, que nous avons rencontré sous le couvert de l’anonymat, le candidat de l’URD, Soumaïla Cissé, ne devrait pas ranger de sitôt ses armes de combattant de la démocratie. Certes, les dés avaient déjà été pipés, mais n’empêche il avait l’obligation de résister, cela pouvait être l’occasion d’empêcher le Ministère d’attribuer le score à la soviétique à IBK, comme cela a été malheureusement le cas. Cela aurait contribué à mettre nue la machine de fraude, mise en place pendant les deux tours de ce scrutin présidentiel.

Par expérience en matière de gestion d’élection, en tant qu’ancien fonctionnaire de la boîte, notre interlocuteur estime qu’IBK pouvait certes gagner les élections, mais pas avec le score de 77,61% des voix. Les faits semblent lui donner raison. Car sur les ondes de la Radio France Internationale (RFI), vendredi dernier dans le journal d’Afrique-midi, le mandataire du candidat Soumaïla Cissé à Goundam par rapport au déroulement des opérations dans cette circonscription électorale a expliqué qu’il a été empêché d’assister l’Administration dans le processus de vote ambulant.

Et, il lui est revenu de constater qu’il y a eu plus de votants que d’électeurs réellement inscrits. Le même constat a été fait dans le cercle de Ménaka par une source qui est venue de Gao, où elle est allée voter. Selon elle, le nombre de votants dépasse de loin celui des cartes retirées. Selon notre interlocuteur, le vendredi qui a précédé le 1er tour du scrutin du 28 juillet, le nombre de cartes retirées dépasseraient à peine 150, mais le jour du scrutin, ils étaient plus de 1500 électeurs à s’exprimer en faveur du candidat IBK.

Le hic est qu’à cet endroit, il n’y avait aucun délégué de la CENI. Sur instruction du gouverneur, ils étaient restés à Gao pour cause d’insécurité dans la zone. C’est vraiment dommage que notre démocratie se nourrisse de fraude pour faire élire nos dirigeants. Avec ces pratiques mal saines, elle (democratie chez nous) boitera longtemps encore avant de se redresser sur ses deux jambes.
Un mandat pour IBK et l’autre pour Sanogo ?

A peine élu à fortiori, installé dans son fauteuil de président de la République, que la santé du nouveau locataire de Palais de Koulouba, Ibrahim Boubacar Kéïta, fait l’objet de marchandage politique. Selon certaines indiscrétions, IBK et les katois ont convenu qu’il fera un seul mandat de cinq ans pour ensuite céder la place à son mentor, le général 4 étoiles Amadou Haya Sanogo.

Entre temps, ce dernier pour se mettre à l’abri des regards indiscrets, continuera à s’occuper de son fameux Comité de réforme des forces armées et de sécurité, où il disposera d’une large marge de manœuvre avec la cagnotte conséquente.

D’autres sources nous rapportent que le candidat des Fare, Modibo Sidibé, n’avait pas apprécié la signature d’une alliance électorale avec les partis du FDR sans son consentement.

Il avait souhaité avoir une liberté de manœuvre, qui lui aurait permis de faire un choix lucide après le 1er tour. Se fondant sur l’âge et l’état de santé du candidat du RPM et de la Coalition le Mali d’Abord, il pensait que IBK fera difficilement 2 mandats, ce qui lui propulsera devant la scène, en tant qu’héritier attitré du groupe. Surtout qu’il avait été personnellement approché par IBK avant de former sa coalition.

Mohamed A.Diakité

20 Août 2013