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Le Végal débarque à la Caisse des Retraites

L’opinion nationale se rappelle peut être du passage de Blaise Sangaré, un homme politique à la tête de la Caisse des Retraites du Mali (CRM) sous le règne du président Alpha Oumar Konaré. Il fut accusé pour abus de biens sociaux puis jeté en prison avant d’être mis en liberté provisoire sous caution.

L’actuel Directrice Générale de la Caisse des Retraités, Mme Sidibé Oumou Dicko risque de suivre le même sort. En tout cas, le Végal vient de débarquer chez elle et compte y rester pendant 45 jours.

La panique

Dans sa croisade contre la faude et la délinquance financière, le Vérificateur Général M. Sidi Sosso Diarra et son équipe ont débarqué en début de semaine dans les locaux de la Direction Générale de la Caisse des Retraites du Mali. Ils doivent y rester pendant 45 jours pour passer au peigne fin la gestion de Mme Sidibé Oumou Dicko, aux commandes de la CRM depuis plus de six ans.

Depuis l’arrivée des vérificateurs au sein de la caisse en début de semaine, plusieurs responsables de ladite structure, à commencer par la Directrice Générale, ont la peur au ventre, a-t-on appris de sources dignes de foi. Mais au fait, de quoi ces personnes ont-elles peur si elles ne se reprochent rien ?

La traque des criminels à col blanc se poursuit

La Caisse des Retraites du Mali est l’une des structures rattachées au ministère du Développement Social, de la Solidarité et des Personnes Agées. Cet département créé en février 2000 par l’ex-président, M. Alpha Oumar Konaré a pour mission l’élaboration et la mise en oeuvre de la politique du gouvernement dans divers domaines tels la lutte contre l’exclusion, la pauvreté ainsi que la protection sociale et la promotion des personnes âgées.

L’objectif majeur de cette politique nationale est d’assurer le bien-être des populations en réduisant les principales sources de détresse et d’instabilité sociale pour un développement humain durable. Mais voilà que certaines personnes, du fait de leur position s’enrichissent scandaleusement de la misère des autres. Nombreuses sont ces personnes qui évoluent au sein de la Caisse des Retraites aujourd’hui. Ce sont ces criminels à col blanc que le Vérificateur Général traque.

Des pratiques peu orthodoxes

Pas de développement social sans justice sociale, et pas de justice sociale sans sécurité sociale, a-t-on coutume de dire. Une sécurité sociale prospère repose sur la promotion de l’emploi rémunéré. C’est conscient de cela que le gouvernement du Mali a fixé à hauteur de plus 30 000F CFA le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG). Pour les employés de l’Etat, une somme est prélevée sur tous les salaires, puis versée à la Caisse des Retraites.

Ce sont ces cotisations qui servent à payer les prestations auxquelles les travailleurs ont droit une fois admis à la retraite. Des gens sans foi tentent de jouer aux plus malins en procédant à des surfacturations, ou double paiements des factures et au détriment des fonds, des matériels, des bourses d’études pour les handicapés, des frais d’évacuation sanitaire entre autres.

L’opinion nationale se rappelle peut être du passage d’un homme politique en l’occurrence Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise à la tête de la Caisse des Retraites sous le règne de l’ancien président, M. Alpha Oumar Konaré. Il fut jeté en prison pour détournement de fonds et abus de biens sociaux. Il a été mis par la suite en liberté provisoire avant qu’il ne soit candidat à l’élection présidentielle de 2002, puis en 2007.

L’actuelle Directrice Générale de la Caisse des Retraités, Mme Sidibé Oumou Dicko va-t-elle suivre le même sort que Blaise? Seul l’avenir nous permettra de répondre à cette question.


Daba Balla KEITA

21 Août 2008