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Le Secrétaire général de la Fédération malienne de football, Yacouba Traoré, a fait l’objet d’une enquête policière relative à la fraude documentaire. Le résultat est sans appel : confection de faux acte de naissance, de fausse carte d’identité, de faux passeport et usurpation d’identité sont les griefs formulés à son encontre. Il ne reste que la saisine ou l’auto- saisine du bouillant procureur de la commune IV, Yacouba Koné qui a courageusement mis en prison la maire RPM de Lafiabougou, Tati Diarra, pour le même motif.

Dans notre parution N°2084 du jeudi 13 novembre 2008, nous titrions à la Une :  » escroquerie, faux et usage de faux, la maire RPM de Lafiabougou, Tati Diarra, déférée à Bollé « .


En guise de conclusion de cet article, nous écrivions ceci :
 » L’on est fondé à croire que cette affaire, du reste tout simplement condamnable, n’a pas pu être étouffée parce que la bonne dame est de l’opposition, en l’occurrence du RPM « .

Notre conviction sur cette question a été davantage renforcée avec des cas similaires au niveau de la Fédération malienne de football. Les enquêtes policières ont identifiées. Les auteurs de la fraude documentaire, la justice a été saisie mais les intéressés ne sont toujours pas inquiétés. Cependant, quand il s’agit des politiques ou des journalistes, on se précipite pour les discréditer et les jeter en prison comme des mal propres.

En effet, la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) féminine, ouverte hier dimanche 16 novembre à Malabo, en Guinée Equatoriale, enregistre la présence de huit équipes parmi lesquelles les Lionnes du Mali. L’une des meilleures joueuses de cette équipe, buteur de son état, Fatoumata N’Diaye, ne participe pas à cet évènement sportif majeur du continent, en raison de ce qu’on appelle juridiquement la «  fraude documentaire « .

Cette joueuse est née en 1989 au Congo Brazzaville. La Fédération de football du Mali, à travers son secrétaire général, Yacouba Traoré, a demandé en octobre dernier, en prélude à un match amical Mali – Tunisie au compte des préparatifs de cette CAN, à la police de l’immigration d’établir un passeport au nom de Fatoumata N’Diaye.

Seulement voilà : avec l’informatisation des documents de voyage, l’ordinateur a sorti les mêmes renseignements et la même photo avec un nom différent. Il s’agit de Fatou N’Diaye et non Fatoumata N’Diaye. L’intéressée a été convoquée pour un contrôle physique, suivi d’une interview.

Le résultat est sans appel : elle ne parle aucune langue nationale du Mali. Mais s’exprime bien en français et en lingala (une langue congolaise). Conséquence : le passeport a donc été bloqué à la police des frontières.

La Fédération malienne de football n’ayant pas eu le passeport, lui a remis celui d’une autre fille, en l’occurrence Zeïnabou Doumbia. Elle a ainsi voyagé avec un passeport qui ne lui appartient pas et disputé le match contre la Tunisie avec une fausse identité. Informée de cette situation, la police des frontières a interpellé au retour, à l’aéroport Sénou même, la nommée Fatoumata ou Fatou N’Diaye, qui avait en sa possession le passeport de Zeïnabou Doumbia.

La joueuse a été durant plusieurs heures entre les mains de la police avant d’être relâchée, suite à des multiples interventions. Une enquête a été diligentée et Yacouba Traoré, secrétaire général de la Fédération malienne de football, a été tenu comme responsable de cette situation.

Ce n’est pas tout.En juillet dernier, l’Association Sportive de la Police (l’AS – Police) dans le cadre de la montée en première division, a joué au titre du carré d’AS contre la Jeanne d’Arc. Selon le règlement sportif, chaque équipe peut faire jouer un maximum de trois étrangers. Il se trouve que la Jeanne d’Arc a fait jouer plus de trois étrangers mais en accordant au quatrième, un Béninois bon teint un passeport malien à travers des faux documents. Ce dernier répond au nom de Moumouni Mama, né à Kidal le 9 août 1993, fils de Yacouba et de Egani Omori.

La copie d’extrait d’acte de naissance qui a servi à établir le passeport de Moumouni Mama a été signée à la mairie de Bagadadji, en commune II. Mais, les investigations policières ont prouvé que ce Monsieur est bel et bien Béninois. Il l’a lui-même reconnu à la Brigade d’Investigation Judiciaire.

Pire, son supposé acte de naissance, aussi bien que la copie de l’extrait de naissance, se sont avérés être des faux. En effet, le maire de Kidal, Attayoub Ag Intalla, a déclaré aux enquêteurs que «  les recherches effectuées dans nos archives ne nous ont pas permis de trouver trace de l’état-civil de Monsieur Moumouni Mama « . L’officier d’Etat Civil de Bagadaji, Bani Touré, lui, a soutenu que celui qui a signé l’extrait de naissance de naissance, Broulaye Kouma «  n’a jamais été Officier d’Etat Civil de Bagadadji. Le cachet apposé sur l’extrait de naissance de Moumouni Mama, né le 9 août 1993 à Kidal, dont il est question n’est pas conforme à celui utilisé par la mairie de Bagadadji.

Le spécimen utilisé n’est pas celui de notre mairie. Le 10 août 2003, Monsieur Boukadary Coulibaly, était le maire signataire et je vous assure que cette signature n’est pas celle de Boukadary « .

La réalité, c’est que les deux documents ont été savamment confectionnés à Bamako par le même Yacouba Traoré.

Il faut préciser que ce sont des joueurs, jaloux de Moumouni Mama et certains responsables de la Fédération, qui ont vendu la mèche à la police.

Voilà la fraude documentaire, du reste honteuse, qui se pratique au niveau de la Fédération malienne de Football.

Cette dernière, mécontente des recherches policières, a injustement suspendu l’AS Police de toute compétition sportive pour une durée de trois ans, en rejetant la réserve qu’elle avait formulée contre Moumouni Mama.

Les faits étant têtus, l’étau est en train de se resserrer autour la Fédération et en première ligne son secrétaire général, Yacouba Traoré.

Le procureur de la commune IV, Yacouba Koné qui s’est courageusement attaqué à la maire de Lafiabougou, Tati Diarra, pour fraude documentaire, devrait également se pencher sur cette même fraude au niveau du football, le siège de cette organisation étant territorialement dans sa juridiction.

A suivre

Chahana TAKIOU