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France 24 est une nouvelle Chaîne de télé française Internationale qui s’est distinguée dès les premiers mois de son existence. Présente en Afrique, cette télé a déjà à son actif des reportages remarquables sur la crise du nord Mali et certains phénomènes de sociétés comme les motos Diakarta. Dans le cadre de son émission « Une semaine en Afrique », France 24 diffuse actuellement un reportage sur la Côte d’Ivoire : « Yamoussokro, la capitale politique d’Houphouët Boigny ». Son correspondant, François Xavier Freland, nous a rendu une visite confraternelle. Nous lui avons demandé ses impressions.


Depuis que vous êtes au Mali, avez-vous rencontré les différentes parties sur la situation du Nord ?


Oui, j’ai rencontré notamment le Colonel Coulibaly qui m’a reçu très cordialement. J’ai eu l’occasion de rencontrer des dirigeants politiques à Bamako comme à Kidal. Des gens qui ont des avis différents.


A t-il été facile de rencontrer les autorités ?


Ce n’est pas toujours facile parce que je comprends bien que de la part de l’Etat malien il y ait une forme de méfiance vis-à-vis des médias internationaux, j’en ai conscience. Et je veux juste dire qu’au contraire nous ne sommes pas-là pour jeter de l’huile sur le feu mais simplement pour rendre compte d’une situation. A mon avis, le Mali est un pays suffisamment sage et solide pour trouver une solution rapide, politique à un problème qui n’est pas nouveau, et qui, de toutes les manières va s’arranger.


Etes-vous allé sur le terrain, avez-vous rencontré les rebelles ?


Oui, j’étais au Nord, il y a un mois et demi. Je suis allé à Kidal, j’ai rencontré les rebelles dans une base que l’Etat malien connaît bien. J’ai interviewé Ibrahim Ag Bahanga et ses hommes. Mon idée, c’était de comprendre ce qui se passait dans le Nord. J’ai vu surtout une situation, ce n’était pas que d’aller voir les rebelles, c’était surtout d’aller au contact des habitants de Kidal, de comprendre un peu ce que vit cette population.

Quelle impression avez-vous eue ?

Honnêtement, je n’ai pas eu l’impression que c’était aussi terrible que ce que j’avais entendu. C’est-à-dire que j’ai vu une ville qui fonctionne plutôt bien avec des institutions, avec des gens qui travaillent au quotidien et qui ont envie de tirer cette région vers le haut. Il y a beaucoup, beaucoup de bonnes volontés. Maintenant il y a parfois des incompréhensions peut-être qui font que la moindre petite chose prend des proportions qui nous dépassent. Mais j’ai eu l’impression que de part et d’autre, il y avait de bonnes volontés. Ce qui est très rassurant d’ailleurs, pour le Mali, comparé peut-être à d’autres pays. C’est un pays de dialogue et c’est la grande différence avec beaucoup de pays voisins. Et c’est ce qui, je crois, sauvera le Mali, cette envie toujours de garder le contact.

Propos recueillis par Boukary Daou

28 mars 2008.