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Avant même la fin du deuil national décrété par le gouvernement pour la mémoire des soldats maliens tués dans l’attaque du camp de Nampala, le président malien, à l’appel de son homologue de France, s’est précipité à Paris pour sa dictée préparée qu’ il n’arrive toujours pas à assimiler malgré la bonne diction de son maître. Le titre de cette dictée était : gouvernement Nord-Sud et préparatifs du sommet Afrique-France.

La formation d’un nouveau gouvernement le 7 juillet 2016 et les affrontements à Kidal les 21 et 22 juillet, ont été sentis à l’Elysée comme des secousses telluriques dans sa nouvelle politique de redéfinition des frontières de sa zone d’influence en Afrique. On le sait, les puissances impérialistes sont en compétition en Afrique pour un redécoupage des frontières des pays de ce continent afin de répondre à leurs besoins géostratégiques.

Le Soudan est passé par là. Il a été divisé en deux Etats : Soudan et Soudan du Sud. Et le Mali est en voie de subir le même sort que le pays qui porte son nom colonial. Il est temps et alors grand temps que les Maliens cessent de se nourrir d’illusions aberrantes faisant croire que l’intervention des forces françaises (Serval) en 2013 a stoppé la progression des groupes djihadistes vers les autres régions de notre pays. Mensonge grossier quand on sait que la France est au début, à la fin et surtout aux côtés du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) dans cette histoire.

Les deux événements ont certainement donné l’impression aux autorités françaises que le contrôle du Mali est en train de les échapper. Quand on sait que la formation du gouvernement n’a pas répondu aux attentes de la France qui souhaitait voir figurer parmi les membres du gouvernement ses ‘’amis’’ de la CMA. Et aussi les combats des 21 et 22 juillet dernier ont montré que sans la France ses protégés ne peuvent pas prendre militairement le dessus ni sur l’armée malienne ni sur le Groupe d’autodéfense des Touaregs imghad et alliés (GATIA).

Dans ces conditions d’incertitude et d’inquiétude, il était important pour le président français, François Hollande, de convoquer d’urgence à l’Elysée le président malien pour un tête-à tête aux contours flous pour l’avenir de notre pays. Annoncé comme visite privée par les médiats d’Etat, le voyage présidentiel a tourné au cauchemar pour notre pays qui n’a tiré aucun bénéfice pour sa stabilité encore moins pour sa cohésion nationale.
Le président français aurait instruit au chef de l’Etat malien, Ibrahim Boubacar Keïta (ayant tiré les leçons du récent réaménagement ministériel au Mali), de s’atteler au plus vite à la formation d’un nouveau gouvernement. Mais, cette fois ci, la particularité de cette nouvelle équipe gouvernementale sera qu’elle ne sera pas un gouvernement de «Ma famille d’abord» ni de large ouverture encore moins d’union nationale mais un gouvernement de partition de notre pays Nord-Sud. Il serait question de former un gouvernement composé des gens du Nord et du Sud comme c’est le cas dans certains pays africains.

La composition de ce gouvernement à venir pour le moins ineffable serait ordonner comme suit : pour un gouvernement paritaire de trente (30) membres, 15 appartiendraient au Nord et 15 au Sud. Ce que l’on ne peut avouer à ce niveau c’est que sur les 15 membres représentants le Nord, 10 relèveraient inconditionnellement de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et les autres 5 postes de strapontins reviendraient aux autres dont la Plateforme.

Si certains de nos compatriotes continuent à s’abreuver d’illusions quant à la bonne foi de la France d’aider le Mali et s’ils continuent à la ménager, cette fois-ci avec la formation de ce gouvernement sur fond de partition de notre pays, ils n’auront plus que leurs yeux pour pleurer à chaudes larmes, car, disons-le, si ce gouvernement voit le jour, ce serait le début d’une guerre civile aux conséquences incalculables pour notre pays.

La France aurait clairement défini ses intentions impérialistes devant IBK quant à l’éclatement du Mali en deux Etats. Et cela ne va pas sans l’application à la lettre des clauses secrètes de l’accord du déshonneur que le gouvernement malien a signé en 2015 avec les protégés de la France (CMA) au nom d’une paix armée et d’une réconciliation haineuse.

Selon un proche du régime, tombé en disgrâce au lendemain d’un changement de gouvernement, ce gouvernement, s’il est formé, attisera les tensions entre les communautés déjà exacerbées par les affrontements entre les Ifoghas et Imghads dans la région de Kidal.

Yoro SOW