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Décidés à vite obtenir la libération du Nord de leur pays, tombé sous le contrôle d’une coalition terrorico-djihadiste, les Maliens de France ne manquent pas de moyens de pression pour parvenir à leurs fins. Ils ont assiégé le lundi 22 octobre 2012 le Parlement européen à Strasbourg et l’ambassade du Qatar à Paris.

jpg_une-1117.jpg Ils sont certes loin de leur pays, mais pas leurs cœurs, aussi meurtris que les Maliens vivant au pays, sous l’occupation barbare ou encore en exil dans d’autres pays. Les Maliens de France et les amis du Mali n’entendent pas baisser les bras face au drame qui se déroule actuellement dans notre pays.

Ils avaient déjà donné le ton au mois de septembre quand ils avaient marché dans les rues de Paris et assiégé l’ambassade du Burkina Faso dans la capitale française. Le message en son temps était d’appeler le monde entier à secourir leur pays, mais aussi de dessaisir le président Compaoré, médiateur de la Cédéao dans la crise malienne, du dossier à cause de ses accointances parfois inexplicables avec les mouvements armés, qui agressent le Mali depuis le 12 janvier 2012.

Le lundi 22 octobre 2012, ils ont encore fait parler d’eux à travers deux manifestations autour de deux cibles stratégiques : le Parlement européen, situé à Strasbourg, et l’ambassade du Qatar à Paris. Ils ont fait passer de mauvais quarts d’heure aux parlementaires européens et aux diplomates qataris.

A Strasbourg, il s’agissait de protester contre la lenteur constatée dans les actions de cette institution face au dossier malien. Ils ont expliqué à leurs interlocuteurs que certes la France de François Hollande fait ce qu’il faut pour sortir le Mali de la crise, mais que cet élan n’a malheureusement pas de soutien au sein des instances décisionnelles de l’Europe comme son Parlement.

Les pétrodollars du péché

La démarche est d’une pertinence déconcertante quand on sait que cette institution avait été la première cible des obnubilés de la République imaginaire de l’Azawad (le MNLA) aux premières heures de la proclamation (unanimement condamnée) de son indépendance. Une bande d’aventuriers, conduite par un ancien ministre du président Alpha Oumar Konaré en l’occurrence Zakyatou Wallet Halatine, y était allée développer une littérature faussement élaborée.

Cela n’avait pas été sans conséquences sur certains parlementaires européens qui avaient prêté une oreille attentive aux balivernes des Touaregs égarés. La diplomatie de notre Assemblée nationale avait aussitôt réagi en y envoyant une délégation conduite par l’honorable Assarid Ag Imbarcaouane, député touareg de Gao, Malien dans l’âme. Il n’a pas mis du temps pour démonter l’argumentaire faussement développé par les bandits armés touaregs.

Imbarcaouane avait tout dit sans parvenir à vaincre malheureusement des pays comme la Suisse, laquelle s’est montrée déloyale envers le Mali jusqu’à financer une réunion de restructuration des aventuriers du MNLA à Ouagadougou. Comme on peut le voir, le Parlement européen reste encore un enjeu majeur dans la crise malienne et les Maliens de France l’ont compris.

En ce qui concerne l’état de siège de l’ambassade du Qatar, il n’y a plus lieu d’épiloguer là-dessus. Ce pays a ouvert les vannes de ses pétrodollars par les soins d’une nébuleuse terroriste qui se cache mal derrière la religion de Mohammed (PSL), connu pour être une religion de paix et de tolérance. Les pétrodollars qataris ont servi à Iyad Ag Ghaly (depuis quand s’est-il même repenti !) – un mercenaire de profession et de surcroît alcoolique qui aura trainé sa bosse dans plusieurs foyers de guerre à travers le monde – de moyens pour se payer un arsenal guerrier contre son propre pays. Il est donc clair qu’il faut dénoncer avec véhémence ce « soutien-péché » que ce pays du Golfe accorde à des terroristes d’Ançar Eddine pour terroriser les populations musulmanes du Mali.

C’est ça aussi qui doit être le message que le président de la République par intérim, Pr. Dioncounda Traoré, a livré aux autorités de ce petit pays fortuné au cours de la mission de trois jours qu’il vient d’y effectuer.

Abdoulaye Diakité

L’Indicateur du Renouveau du 25 Octobre 2012