Partager

L’accès au logement reste un réel problème dans notre pays. Cette situation mérite l’attention de tous afin d’y trouver une solution adéquate. Fousseyni Mariko, président de la Coalition pour la Défense du Droit au Logement, nous donne d’amples informations sur ledit sujet. Il est détenteur d’un master en Audit et Contrôle de Gestion de la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion du Mali (FSEG).

Quelle analyse faites-vous de la politique des logements sociaux et celui de location de maisons au Mali ?

Fousseyni Mariko : L’urbanisation a entrainé une crise d’habitation dans les centres urbains. Les spéculations foncières et l’augmentation des loyers qui en découlent, empêchent les personnes à faible revenu d’accéder à la propriété immobilière. Afin de pallier à ce problème, l’Etat malien a mis en place une politique facilitant l’accès des citoyens aux logements.

Le programme des logements sociaux a un apport réel dans la politique de développement socio-économique du Mali, tels que les apports social, économique, sanitaire, sécuritaire, etc. Le programme des logements sociaux est réalisé dans un environnement sain et améliore les conditions de vie sociale et économique de ses bénéficiaires. Les logements sociaux sont équipés des infrastructures électriques, hydrauliques et d’équipements collectifs.

Il est à noter que la location de maisons au Mali reste un véritable casse-tête. Faute de réglementation appliquée, les loyers augmentent du jour au lendemain dans les centres urbains. Le loyer des maisons d’habitation est réglementé par les Décrets 130/PG-RM du 29 août 1967 portant modalités de fixation des loyers plafonds d’immeubles bâtis et le décret N°146/PG-RM du 27 septembre 1967 portant réglementation des loyers des locaux d’habitation du Mali.

Cependant selon les données de l’enquête sur l’habitat en 1992, menée par le Ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat, il est à noter que : en milieu urbain 53,9 % de la population sont propriétaires de leurs logements et 33,9 % locataires ; en milieu rural 92,1 % sont propriétaires et 1,8 % locataire ; pour le cas express de la ville de Bamako, les propriétaires constituaient 58,1 % et les locataires 36,9 %.

Afin de réglementer le loyer des maisons d’habitation, les autorités maliennes ont commencé depuis octobre 2015 au Centre International des Conférences de Bamako (CICB) à travers un atelier sur un projet de décret portant réglementation des loyers à usage d’habitation en République du Mali sur l’initiative du Ministère en charge du Commerce et de l’Industrie de l’époque.

Mais malheureusement jusqu’en ce mois de septembre 2021, ce décret n’a pas vu le jour.

Pour faciliter l’accès à des logements dans notre pays, que préconisez-vous ?  

F.M : Avec l’insécurité foncière actuelle au Mali, la Coalition conseille aux citoyens seulement les logements sociaux. L’accès aux logements sociaux est conditionné à des critères d’attribution.

Le travail d’attribution est assuré par une commission d’attribution évoluant dans le strict respect des conditions édictées par le Décret N°2015-0351/P-RM du 8 mai 2015 fixant les modalités d’attribution et de gestion des logements sociaux.

Cependant, les seules remarques à ce niveau sont généralement l’offre inférieure à la demande et l’absence d’aide des associations de la société civile du cadre du logement à amplifier l’effort considérable de l’Office malien de l’Habitat (OMH) en termes de communication sur le contenu des critères d’attribution.

Pour les prochaines attributions, la Coalition se donnera comme rôle d’amplifier les messages d’information de l’OMH et invite les autres associations à plus d’efforts afin de permettre au maximum de citoyens de postuler surtout pour les démunis qui lors de l’attribution de 2018 étaient seulement 4 bénéficiaires sur 50 logements gratuits. Cela parce qu’à ce niveau il y a eu seulement 7 postulants et que seulement 4 répondaient aux critères.

S’agissant de ce point, la Coalition pour la Défense du Droit au Logement salue, se réjouit et félicite le professionnalisme, le patriotisme et le sens élevé du devoir du Ministère en charge du Développement social, du Ministère de l’Habitat et de la Commission d’attribution en ce qui concerne la gestion des 50 logements gratuits de type F3 dalle réservés aux personnes démunies répartis entre les localités de N’tabacoro et Kati-sicoro.

À ce niveau, la Coalition rend un vibrant hommage à la commission d’attribution particulièrement à son président monsieur Issa Guindo, à l’Office Malien de l’Habitat (OMH) notamment à son directeur Général Monsieur Sékou Demba, au ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population singulièrement à monsieur le ministre Bréhima Kamena.

Aussi la Coalition sollicite les autorités à construire plus de logements sociaux et demande aux bénéficiaires des logements sociaux de payer régulièrement les mensualités.

Pour la réalisation de cet idéal, quelle sera la partition de la Coalition pour la Défense du Droit au Logement ?

F.M : La Coalition pour la Défense du Droit au Logement pour la réalisation de cet idéal s’inscrit dans l’atteinte de ces objectifs.Les Objectifs de la Coalition pour la Défense du Droit au Logement sont entre autres : créer un cadre d’échanges entre l’association et les organisations socioprofessionnelles ; apporter leur soutien aux autorités pour la défense du droit au logement, un droit de l’Homme ; soutenir la politique et la stratégie nationale du logement ; sensibiliser les citoyens ; contribuer à la sauvegarde de l’environnement. Le but de la Coalition est de regrouper tous les Maliens pour la Défense du Droit au Logement, un Droit de l’Homme.

La Coalition a déjà saisi le Conseil National de Transition (CNT), le ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population afin de l’adoption du Décret portant réglementation des loyers à usage d’habitation en République du Mali. Cela pour réglementer et faciliter le loyer des maisons d’habitation.

En plus des actions citées, la Coalition sollicite les autorités à : publier la liste de la deuxième tranche des 12 566 logements ; prélever les mensualités des bénéficiaires des 3 743 logements sociaux de la première tranche des 12 566 logements dont la liste a été publiée depuis mai 2019 ; construire des commissariats dans les logements sociaux de N’Tabacoro et de Kati-Sicoro ; publier les listes de certains logements sociaux de l’intérieur dont les travaux ont commencé depuis 2018 ; prendre en charge les frais de mensualités des logements sociaux des 30 veuves des logements sociaux de Kambila dans le cadre de la reconnaissance des sacrifices des forces de défense et de sécurité maliennes.  

Et enfin la Coalition demande aux autorités de sécuriser le foncier au Mali.

Jacques Coulibaly

@Afribone